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Après le Sénat, c’est au tour du Comité 21 de réclamer une loi-cadre sur l’adaptation au changement climatique

Le Comité 21 poursuit son combat pour mieux faire connaître les enjeux liés à l’adaptation au changement climatique aux acteurs français, en publiant une série de propositions sur le sujet, mercredi 26 février 2020, à l’occasion d’un colloque intitulé "S’adapter pour (sur)vivre". L’association multi-parties prenantes plaide en particulier pour l’adoption d’une loi-cadre, comme l’avaient déjà fait les sénateurs Ronan Dantec et Jean-Yves Roux en mai 2019.

Comité 21

Le Comité 21 publie le 26 février 2020 douze propositions "pour une transformation accélérée des territoires et des organisations" en vue de s’adapter au changement climatique qui pourrait dépasser les 2 °C au cours du siècle. La première d’entre elles ? Adopter une "loi-cadre" sur le sujet "afin d’installer l’adaptation au niveau des exigences à venir". L’association se félicite d’une prise en compte "croissante" de ce pilier de l’accord de Paris en France, avec l’adoption fin 2018 du deuxième plan national dit Pnacc 2018-2022 (lire sur AEF info), un rapport sénatorial publié en mai 2019 (lire sur AEF info) et le récent Conseil de défense écologique consacré pour partie au sujet (lire sur AEF info). Mais elle juge que "cette première brique doit être suivie de mesures plus systémiques".

Revoir les documents de planification

Elle préconise notamment de proposer à tous les élus une formation sur les enjeux climatiques et sur l’adaptation, mais aussi de revoir les documents de planification territoriale aux mêmes échéances pour favoriser une meilleure articulation et cohérence entre eux et y inclure de manière systématique une partie sur l’adaptation aux changements climatiques, et de s’appuyer sur l’expertise citoyenne pour trouver les meilleures solutions d’adaptation.

Le Comité 21 juge par ailleurs nécessaire de "renforcer" l’Onerc (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) ainsi que les Dreal (directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement), et "créer un service plus important" au ministère de la Transition écologique. D’autres pistes sont évoquées comme la création d’un fonds de recherche axé sur l’étude des freins et leviers à la mise en place d’actions d’adaptation aux changements climatiques, la mobilisation de l’intelligence artificielle ou encore l’intégration des sciences cognitives dans les formations au développement durable.

Une cartographie des risques pour les entreprises

Les pouvoirs publics devraient également prendre des mesures afin de favoriser l’appropriation du sujet par les entreprises, en rendant obligatoire une "cartographie des risques" qu’elles peuvent subir à la suite des "conséquences des dérèglements climatiques et de l’effondrement de la biodiversité". Celles-ci sont en outre invitées à développer systématiquement dans leurs rapports intégrés la cible 1, soit l’adaptation au changement climatique, de l’ODD 13 ; à développer des méthodologies permettant de mieux mesurer les coûts évités et les bénéfices obtenus grâce aux actions d’adaptation ; et à identifier les spécificités des stratégies d’adaptation par filières économiques croisées avec les enjeux des territoires.

En ouverture du colloque, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne a estimé que les catastrophes récentes reliées au changement climatique (canicule dès le mois de juin en 2019, inondations dans le Sud) obligeaient le gouvernement "à agir avec beaucoup de force" sur l’adaptation. Elle est également revenue sur l’épisode récent d’un enneigement par hélicoptère effectué dans les Pyrénées pour montrer l’importance de redéfinir le tourisme de montagne, en "accompagnant les territoires" subissant une baisse de l’enneigement naturel. "Une station victime du réchauffement ne peut pas donner l’image qu’elle participe au réchauffement climatique", prévient la ministre.

"Un projet politique"

Plus tard, lors d’une table ronde intitulée, la géographe Magali Reghezza-Zitt, membre depuis peu du Haut Conseil pour le climat (lire sur AEF info), a tenté de répondre à la question : "Pourquoi tardons-nous tant à nous adapter ?" Outre le fait que le réchauffement climatique reste pour beaucoup "invisible", ce qui limite l’appropriation du sujet, l’universitaire juge que l’adaptation demande "des efforts" pour se projeter et engendrera des "coûts" élevés, qu’ils soient économiques, sociaux ou environnementaux.

Pour elle, l’adaptation doit être vue comme "un projet de société", "un projet politique" au "sens noble du terme". "Il n’y a pas dans l’adaptation de bonnes ou de mauvaises mesures, il n’y a pas de solution miracle. Il y a des projets de société différents. Je vous rappelle que nous sommes prêts à investir des milliards pour vivre sur Mars. Même à +4 °C, [la Terre] devrait être encore un peu plus vivable que la planète Mars. Il y a des choix à faire." Ce qui "suppose des affrontements de débats contradictoires, une publicité du débat avec des citoyens éclairés".

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Claire Avignon, journaliste