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Présidence du HCERES : la "candidature collective" reçoit une réponse négative

"Nous avons le regret de vous informer que votre candidature n'a pas été retenue pour la suite du processus de sélection actuellement en cours" : c’est ce que répondent par courrier daté du 24 février 2020, qu’AEF info s’est procuré, Anne-Sophie Barthez, Dgesip, et Bernard Larrouturou, DGRI, aux plus de 1 300 chercheurs et enseignants-chercheurs qui se sont regroupés pour faire acte d’une "candidature collective" à la présidence du HCERES (lire sur AEF info). Le courrier revient aussi sur "l’ambition" et les orientations de la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche.

Le collectif RogueESR, à l'initiative d'une "candidature collective" au HCERES, a également organisé une opération "Balance ton rapport !" le 30 janvier 2020, consistant à jeter des rapports d'évaluation devant les locaux du HCERES, à Paris. Droits réservés - DR

Alors que la présidence du HCERES est vacante depuis fin octobre 2019, le collectif RogueESR a pris en janvier 2020 l’initiative de susciter une "candidature collective" de chercheurs et d’universitaires pour qu’ils puissent "se réapproprier le contrôle sur les valeurs et le sens de leurs métiers" (lire sur AEF info). Cette "candidature", soutenue par plus de 5 300 signataires, s’est concrétisée par le dépôt ou l’envoi de plus de 1 300 lettres de candidature au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (lire sur AEF info).

PAS DE "RENCONTRE EN FORME DE DIALOGUE SOCIAL"

Dans un premier temps, la ministre Frédérique Vidal a proposé à ces "candidats collectifs" une rencontre "en forme de dialogue social", qui ne s’est pas concrétisée. Le collectif RogueESR y avait mis deux conditions, début février : d’une part qu’elle soit "filmée et retransmise en direct", d’autre part qu’il puisse disposer du projet de LPPR (loi de programmation pluriannuelle de la recherche) pour pouvoir l’étudier avant la rencontre (lire sur AEF info).

Finalement, le ministère a adressé un courrier le 24 février 2020 aux participants à cette "candidature collective" pour les informer que celle-ci "n’a pas été retenue". Le courrier est signé d’Anne-Sophie Barthez, directrice générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle, et de Bernard Larrouturou, directeur général de la recherche et de l’innovation.

"METTRE FIN AU SOUS-INVESTISSEMENT MASSIF DANS LA RECHERCHE"

Cette réponse est mise à profit par le ministère pour "apporter un certain nombre d’éléments de réponse" aux "préoccupations relatives au projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche" dont faisait état le modèle type de "candidature" proposé par le collectif RogueESR.

"Si le pré-projet du gouvernement n’est pas encore finalisé, et n’a pas vocation à être rendu public à ce stade, écrivent les deux directeurs généraux, la ministre a d’ores et déjà apporté des précisions sur l’ambition de ce texte, qui doit mettre fin au sous-investissement massif dans la recherche constaté à ce jour. Le gouvernement souhaite ainsi renforcer l’attractivité des métiers et des carrières de la recherche, qui implique notamment de revaloriser l’ensemble des métiers scientifiques."

"UNE LOI DE PERSONNES, ET NON PAS UNE LOI DE STRUCTURE"

Le courrier rappelle ainsi la "première traduction concrète de cette ambition […] avec l’annonce que, dès 2021, plus aucun jeune chercheur ou enseignant-chercheur ne sera recruté en dessous de 2 Smic, là où les grilles commencent aujourd’hui à 1,3 ou 1,4 Smic, selon les corps". Il rappelle également que, "la même année, une première marche de 92 millions d’euros sera consacrée à la revalorisation indemnitaire des enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs et techniciens" (lire sur AEF info). "Ce mouvement se prolongera sur l’intégralité de la période couverte par la loi", assure le courrier.

"Cette revalorisation témoigne de ce que la LPPR a vocation à être une loi de personnes, et non pas une loi de structure", soulignent également Anne-Sophie Barthez et Bernard Larrouturou. Ils ajoutent que "l’État doit aussi engager une simplification drastique des règles parfois contradictoires qui régissent la vie de la recherche". Un autre objectif poursuivi par la loi, indiquent-ils, consiste à "remettre à niveau le financement public de la recherche dans toutes les disciplines et sur tous les territoires, et redonner de la marge de manœuvre aux scientifiques, aux laboratoires, aux universités et aux organismes".

Plus globalement, la LPPR doit pouvoir "placer à nouveau la science au cœur de la société, comme moteur du progrès collectif", concluent les directeurs généraux. Les "actions et orientations" rappelées par leur courrier, précisent-ils, "continueront d’être débattues dans les prochaines semaines au sein des communautés scientifiques et dans les instances qui seront consultées, puis au Parlement dans quelques mois".

Qui est en lice pour la présidence du HCERES ?

 

À ce jour, trois candidats sont publiquement déclarés pour succéder à Michel Cosnard à la présidence du HCERES :

  • Véronique Chanut, professeure en sciences de gestion à l’université Paris-II, ancienne présidente de la CEFDG et spécialiste de l’évaluation (lire sur AEF info) ;
  • Thierry Coulhon, conseiller éducation, enseignement supérieur, recherche et innovation à la présidence de la République (lire sur AEF info) ;
  • Catherine Dargemont, chargée de mission sur la stratégie internationale du CNRS (lire sur AEF info).
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René-Luc Bénichou, journaliste