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Home| Ville intelligente| Ville intelligente| Dépêche n°618108

Vers un référentiel commun bâtiment et mobilité

Réunis mardi 10 décembre 2019, le groupe Bouygues, l’écosystème de mobilité durable Movin’On animé par Michelin, le groupe Renault, Schneider Electric, la Smart buildings alliance for smart cities et leurs partenaires ont créé le premier consortium sur la convergence bâtiment-mobilité, dans l’objectif de mettre en place "un référentiel commun", dénommé Ready4Mobility. "Ne pas exploiter les synergies entre ces deux secteurs signifie qu’on se coupe d’un pan d’actions en faveur de l’environnement", estime Cécile Goubet, secrétaire générale d’Avere France.

Le SBA va piloter un groupe de travail intersectoriel visant à aboutir à un référentiel sur la convergence bâtiment-mobilité. Pixabay

À eux deux, les secteurs du bâtiment et de la mobilité représentent près de 80 % de la consommation énergétique, sont responsables de 49 % de la production de GES et de 70 % de celle de C02, indique Daniel Quénard, responsable développement du CSTB, en introduction de l’après-midi dédié à la convergence bâtiment - mobilité, organisé mardi 10 décembre par le groupe Bouygues, l’écosystème de mobilité durable Movin’On animé par Michelin, le groupe Renault, Schneider Electric et la SBA (1).

Au-delà de leur poids pour le climat et l’environnement, ces deux secteurs pèsent aussi dans le budget des ménages français, puisque le "coût résidentiel" en absorbe en moyenne 32 % selon Daniel Quénard. Des données qui semblent d’autant plus problématiques que les bâtiments comme les véhicules sont sous-utilisés. "Un bâtiment n’est occupé que 33 % du temps, et une voiture 5 % !", s’indigne Patrick Nossent, président de Certivéa.

Un groupe de travail intersectoriel

D’où l’intérêt pour les différents acteurs réunis ce mardi de travailler sur les enjeux communs entre ces deux domaines, afin de créer des modèles économiques centrés sur l’usage, le partage et la mutualisation. "Ne pas exploiter les synergies entre ces deux secteurs signifie qu’on se coupe d’un pan d’actions en faveur de l’environnement", estime Cécile Goubet, secrétaire générale d’Avere France. L’association constate d’ailleurs chaque année "un élargissement de l’écosystème de ses adhérents", avec depuis deux ans l’émergence de "vraies questions sur les synergies qui peuvent exister entre mobilité et bâtiment".

La mobilité électrique intégrée au bâtiment peut être une réponse aux besoins des citoyens usagers et aux enjeux environnementaux et sociétaux des territoires, ont fait valoir les intervenants. Ces derniers ont donc décidé de créer un groupe de travail intersectoriel pour plancher sur cette question de la convergence, avec pour objectif d’aboutir à l’élaboration d’un référentiel commun. Sur le modèle de "Ready2 Services" imaginé par la SBA et labellisé par Certivéa (lire sur AEF info) et qu’il a vocation à compléter, ce référentiel "Ready4Mobility" devra permettre de faciliter la coordination des acteurs.

Il est pensé pour être à la fois "un guide pour accompagner les acteurs du bâtiment et de la mobilité à tirer pleinement parti du numérique afin de transformer les bâtiments en véritables plateformes de services de mobilité, évolutifs, confortables et ouverts sur la ville intelligente et durable ; et un outil permettant de valoriser les projets plug & play les plus aboutis dans l’intégration du numérique, afin d’offrir des bouquets de services à la fois sur le bâtiment et la mobilité, basés sur le partage et la mutualisation, de plus en plus riches", précise la SBA.

"Une fenêtre de tir de dix mois"

Le consortium (2) s’est donné pour mission de pouvoir "présenter quelque chose" lors du salon de l’automobile, à l’automne 2020. Une "fenêtre de tir de dix mois assez réaliste" aux yeux d’Olivier Roussat, directeur général délégué du groupe Bouygues, qui rappelle à ses pairs qu’il "y a obligation de bouger" du fait d’une "contrainte de plus en plus forte pour faire appliquer les accords de Paris. Il estime que ce standard est nécessaire pour "arriver à marier le monde du bâtiment et celui de la mobilité", pour qui travailler ensemble "n’est pas naturel".

C’est "aux acteurs de la ville de trouver, ensemble, des solutions adaptées aux vies d’aujourd’hui et de demain. Un référentiel commun à tous les acteurs peut porter cette convergence et faire émerger des services multiples, pour que citoyens et collectivités soient les grands gagnants d’une convergence du bâtiment et de la mobilité", avance pour sa part Emmanuel François, président de la SBA. "Si la mobilité est électrique et connectée, et que le bâtiment est connecté, alors la mobilité devient un device du bâtiment", imagine-t-il.

Avant d’en arriver là, il faudra déjà, outre définir un modèle économique, travailler au développement des écosystèmes énergétiques pour le couple bâtiment-mobilité, en vue de répondre aux enjeux liés à la production, au stockage, à l’effacement et à l’équilibre énergétique du couple véhicules électriques-bâtiments, indique la SBA. Autre axe de réflexion du groupe de travail, "l’environnement juridico-réglementaire permettant de lever des freins non techniques". Des pistes qui ont été évoquées par les différents intervenants au cours de l’après-midi.

"Le véhicule électrique apportera d’autres services"

Du côté de l’industrie automobile, le sujet de la mobilité électrique serait déjà intégré : "c’est une réalité, la tendance mondiale est là, le véhicule électrique sera mainstream", assure ainsi Yasmine Assef, "program director, new business energy & charging infrastructure" de Renault. Le groupe intègre aussi "une autre réalité, celle des usages, avec le véhicule partagé", souligne-t-elle. Reste que la problématique de l’intégration du véhicule électrique dans le bâtiment ou la ville de demain est "sur la table". "La base, c’est l’accès à l’infrastructure [de recharge], qui doit être évolutive […] et connectée si nécessaire", résume-t-elle.

En contrepartie, le véhicule électrique, avec sa batterie, amènera d’autres services à la ville de demain, tels que recharge intelligente pour lisser les pointes de consommation, recharge bidirectionnelle… Aussi, la voiture va apporter du stockage, qui coûte très cher au bâtiment. Le bâtiment à énergie positive pourrait à l’inverse recharger la voiture grâce aux surplus de sa production.

À plusieurs reprises, il a été question de "changement de mentalités", de la part des différents acteurs, mais aussi des usagers. Autre point crucial pour Emmanuel François : pour parvenir à cette convergence et à ces nouveaux usages, "il faut qu’on soit neutre des manufacturiers, dans un univers ouvert". Ce qui "n’est pas simple !", admet-il.

(1) en partenariat avec l’IFP Énergies Nouvelles, le CSTB, Certivéa, Avere France, l’Ines et le CEA.

(2) Composé du groupe Bouygues, de l’écosystème de mobilité durable Movin’On animé par Michelin, du groupe Renault, de Schneider Electric et de la SBA, avec également autour de la table des acteurs tels que l’IFP Énergies Nouvelles, le CSTB, Certivéa, Avere France, Enedis, l’INES et le CEA

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Emilie Buono, journaliste