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Climate finance day : Bruno Le Maire appelle la Place à gagner en crédibilité, à rehausser l’ambition et à accélérer

Mission parlementaire sur les meilleures pratiques européennes, mise en place de stress tests climatiques dès 2020, rapport sur les engagements de la place… Bruno Le Maire a multiplié les annonces en clôture du Climate finance day, vendredi 29 novembre 2019, pour donner du crédit à la finance durable. Le ministre de l'Économie et des Finances invite également tous les acteurs européens à s’engager à sortir du charbon et souhaite augmenter de dix milliards d’euros par an le capital de la BEI. Il appelle enfin la Commission européenne à accélérer sur la taxonomie et la taxe aux frontières.

Bruno Le Maire, lors du Climate Finance day 2019. Droits réservés - DR - Ministère de l'Economie et des Finances

"Nous sommes en train de perdre la bataille du climat", souligne le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire, en clôture du Climate finance day, vendredi 29 novembre 2019. À ses yeux, "la finance est le nerf de la guerre climatique" et il appelle à utiliser "cet instrument" pour obtenir de meilleurs résultats en la matière.

Gagner en crédibilité

Il juge tout d’abord essentiel que la finance gagne en crédibilité. "Je demande simplement que, dans le débat climatique, on fasse preuve de moins d’idéologie et de plus d’honnêteté." S’il estime que la place parisienne regroupe les meilleures pratiques en la matière, il invite à regarder ailleurs pour voir ce qui peut-être critiqué ou amélioré. "Nous avons missionné le député Alexandre Holroyd [LREM, Français établis hors de France] pour recenser les meilleures pratiques des places financières européennes", annonce-t-il, afin que la place de Paris reste leader.

Le député a aussitôt réagi sur Twitter :

 


Bruno Le Maire rappelle également que les engagements des financiers vont être contrôlés par l’ACPR et l’AMF (lire sur AEF info). "Ces deux autorités vont publier un rapport conjoint sur les investissements verts de la Place de Paris en novembre 2020. Ce rapport devra être rigoureux, transparent", précise le ministre, estimant que chaque épargnant doit pouvoir savoir ce qu’est la finance verte et qu’il n’y a pas de place pour le greenwashing.

Enfin, toujours pour gagner en crédibilité, la Banque de France et l’ACPR engageront en 2020 un premier exercice de strest tests climatiques sur les banques et les assureurs français (lire sur AEF info).

Rehausser l’ambition

Bruno Le Maire invite ensuite les acteurs à rehausser leurs ambitions, rappelant en parallèle les engagements du 2 juillet 2019 de la Place sur le charbon (lire sur AEF info). Jugeant que l’échelle nationale ne suffit pas, il "appelle donc toutes les banques et assureurs européens à réfléchir à des engagements de sortie du charbon avec l’objectif de 2030. Et là, vous verrez que les résultats viendront."

Toujours sur le secteur européen, le ministre ne se satisfait pas des annonces récentes de la BEI . "Nous avons proposé cette semaine que la BEI fasse l’objet d’une augmentation de capital de dix milliards d’euros par an pour porter de 60 à 70 milliards d’euros annuels les financements pour la transition écologique." La France est prête à participer à cet effort en en augmentant sa participationet souhaite un accord européen sur le sujet d’ici à 2022.

Aller plus vite

"Nos engagements doivent se chiffrer en mois et pas en années et décennies. Il faut que nous soyons ambitieux, que nous ayons un volontarisme total", insiste Bruno Le Maire.

C’est pourquoi il propose de raccourcir le délai d’un an pour mettre en place la taxonomie européenne en 2021, alors que le Conseil plaide pour fin 2022 dans les trilogues (et que la Commission et le Parlement préfèrent une mise en œuvre progressive à partir de 2020). Même chose pour le référentiel de performance environnementale des entreprises, proposé par la nouvelle présidente de la Commission européenne, qui pourrait être introduit dès 2022, selon lui.

Le locataire de Bercy est enfin revenu sur la taxe carbone aux frontières : "On se donne bonne conscience. On réduit les émissions de CO2 à l’intérieur de nos frontières mais dans le même temps on délocalise massivement nos industries, nos entreprises, nos emplois avec." Il souhaite donc que la Commission européenne fasse une proposition formelle en 2020 et qu’elle puisse être mise en place en 2022. "On me dit, ce serait du protectionnisme. Mais un protectionnisme climatique aurait du sens."

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Toinon Debenne, journaliste