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Home| Social / RH| Protection sociale| Dépêche n°616776

Le déficit du système de retraite est "imaginaire" selon un collectif

Le collectif Réseau retraites, regroupant des associations et des syndicats, dont la CGT, estime que le rapport du Conseil d’orientation des retraites annonçant un déficit du régime de retraite pouvant atteindre jusqu’à 17 milliards en 2025 "sert de prétexte pour une réforme avant la réforme". Il explique dans une note présentée lors d’une conférence de presse ce mercredi 20 novembre 2019 qu'"il n’y a pas de problème structurel de financement des retraites". Et revient dans le même temps sur les mouvements du 5 décembre prochain.

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Catherine Perret, membre du bureau confédéral de la CGT. @Photosociale

Pour le "réseau retraites", qui rassemble la CGT, Solidaires et la FSU, ainsi qu’Attac, l’Unef, la Fondation Copernic et le collectif citoyen "Nos retraites", le déficit mis en valeur dans le rapport du Conseil d’orientation des retraites qui sera examiné demain est "construit de toutes pièces", rapporte-t-il lors d’une conférence de presse ce mercredi 11 décembre 2019.

"C’est une commande politique qui ne dit rien de plus qu’en juin 2019", estime Benoît Teste (FSU), pour qui "la fébrilité du gouvernement, qui est obligé de justifier sa réforme avec un argument purement technique, le déficit. C’est totalement artificiel". "Avec cette facilité du déficit, on veut nous faire avaler une réforme avant la réforme, qui touchera les actifs comme les retraités", reprend Verveine Angeli (Solidaires). Une représentante du collectif citoyen "Nos retraites" estime également que, derrière ce rapport, qui teste plusieurs leviers de réforme pour arriver à l’équilibre en 2025 comme demandé par le Premier ministre, se cache la volonté du gouvernement "de mettre en place rapidement une réforme des retraites qui concerne tout le monde et pas seulement les générations nées à partir de 1963 comme le préconise le rapport de Jean-Paul Delevoye".

baisse des ressources

Pour Daniel Rallet (Attac), il est donc urgent d’introduire une autre version que celle de l’exécutif "dans le débat public", à l’heure où "le Président de la République et le président du Sénat veulent baisser les pensions". "Le problème c’est que le problème supposé ne vient pas des dépenses qui sont stables mais de la baisse du nombre de fonctionnaires et du gel anticipé du point d’indice dans la fonction publique, qui baissent mécaniquement la part salariale soumise à cotisation", explique Henri Sterdyniak, des Économistes atterrés, à l’appui d’une note d’analyse fournie par le réseau analysant les résultats du COR à l’aune des différentes conventions comptables. Également en cause, "la non-compensation de certaines exonérations de cotisations sociales et la baisse des transferts de l’Unedic et de la Cnaf".

"Le rapport du COR évoque lui-même des solutions qui ne sont pas régressives, comme l’utilisation des réserves, la hausse des cotisations et l’utilisation des ressources affectées à la Cades une fois la dette sociale remboursée", poursuit Pierre Khalfa (Fondation Copernic), en évoquant également la possibilité de soumettre à cotisations les revenus financiers et d’augmenter les salaires pour accroître la masse salariale. La note évoque également les excédents potentiels de la branche famille et un possible excédent de l’Unedic sachant que "le rapport prévoit un taux de chômage de 7 % en 2025" : "La protection sociale prise globalement aurait donc en 2015 un excédent compris entre 14 et 23 milliards d’euros".

Sur ces bases, "il s’agit maintenant de construire une riposte à la hauteur de ce que représente la retraite dans notre pays", conclut Catherine Perret (CGT), qui dénonce "une instrumentalisation du COR" par un "gouvernement aux abois". L’organisation syndicale se veut confiante sur la mobilisation du 5 décembre : "Il faudra autre chose qu’un rapport faisant état de déficits imaginaires pour l’arrêter". La CGT entend mobiliser dans la fonction publique et les régimes spéciaux, mais également dans le privé - elle évoque des branches comme la chimie, la métallurgie, le bâtiment, le commerce ou encore le transport routier. La CGT, comme elle veut le montrer avec cette conférence de presse, espère agglomérer au-delà de ses rangs, en mobilisant des associations et les jeunes, pour montrer que "cette réforme est un projet de société".

vers "un déferlement" ?

"La réforme des retraites va peser sur les jeunes. On nous dit que nous ne voulons plus payer pour les retraites, mais c’est faux. Nous ne voulons pas d’une précarité tout au long de la vie, au moment des études, pendant la vie active, et à la retraite. Cette réforme vise comme les autres à adapter la société aux normes du néolibéralisme", estime Mélanie Luce (Unef). La CGT souhaite également travailler avec les autres organisations syndicales, y compris celles qui n’appellent pas à la grève" : "Au niveau local, des syndicats CFTC ou CFE-CGC réfléchissent à se mobiliser", avance Catherine Perret. Quant à la CFDT, elle estime que "celle-ci est cœur d’un certain nombre de contradictions. Elle est favorable à la réforme systémique, mais ne veut pas de réformes paramétriques. Elle est en train de se faire rouler dans la farine".

Concernant l’après 5 décembre, Benoît Teste indique que cette journée doit "servir de point d’appui pour décider des suites. On s’organisera pour durer". Le but est déjà selon lui "de marquer un gros coup, de faire en sorte que cette manifestation soit un déferlement. Il faut que ce soit à la hauteur de ce que le mouvement social fait de mieux". "Nous nous réunirons le lendemain pour analyser le mouvement du 5, poursuit Catherine Perret, qui indique recevoir de nombreux appels à la confédération de salariés "qui ne se sont jamais mobilisés et qui demandent comment faire grève".

trois préalables

Interrogée par AEF info sur sa rencontre avec le Premier ministre la semaine prochaine, la secrétaire confédérale de la CGT indique que "des consultations ont lieu en interne pour savoir si nous allons nous rendre à Matignon". Pour accepter de revenir sur ses positions, elle pose trois préalables : "Le retrait de la réforme ; l’ouverture de discussion sur l’organisation du travail ; et l’égalité salariale réelle entre les hommes et les femmes". En revanche, la CGT ne sera à coup sûr pas présente aux réunions multilatérales programmées les 21 et 22 novembre entre le Haut-commissaire à la réforme des retraites, le secrétaire d’État aux transports et les organisations syndicales de la RATP et de la SNCF. "Il n’est pas question de rentrer dans des discussions", explique Catherine Perret.

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