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"Déployer des Maisons des compétences pour développer la formation continue pour tous" (Mathias Nirman, Chefcab)

"À l’instar des 'Maisons France Services' […], des Maisons des compétences pourraient être déployées, afin d’offrir un service de formation de proximité et de qualité." Dans une tribune publiée le 6 novembre 2019 par AEF info, Mathias Nirman, fondateur du cabinet de conseil et de communication spécialisé en formation Chefcab, estime que ce type de structure est indispensable pour développer le recours à la formation professionnelle et atteindre les objectifs de la loi "Avenir professionnel" du 5 septembre 2018. Face à la méconnaissance du système de formation professionnelle, il estime nécessaire de créer de nouvelles structures territorialisées qui interviendraient en complément et coordination avec les acteurs et dispositifs déjà existants, en particulier les régions et le PIC (plan d’investissement dans les compétences).

Mathias Nirman Chefcab

Il faut développer la formation continue partout et pour tous

"Près de 4 Français sur 10 se forment chaque année, selon la dernière évaluation des compétences des adultes (PIAAC) réalisée tous les cinq ans par l’OCDE. En l’espèce, la France accuse un retard significatif par rapport à ses voisins européens : en Allemagne, au Royaume-Uni ou encore aux Pays-Bas, plus de la moitié des adultes ont recours chaque année à une action de formation.

Pour remédier à cette situation, le Parlement a adopté il y a un an la loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel". Cette réforme suscite un véritable choc de simplification s’agissant de l’utilisation du Compte personnel de formation (CPF), grâce à la création d’une application sur laquelle chacun pourra s’inscrire à une action de formation selon la libre appréciation de ses besoins et de ses aspirations réelles. Avec un budget annuel de près de 2 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent les 15 milliards d’euros du Plan d’investissement dans les compétences (PIC), la France ambitionne de devenir un eldorado de la formation.

Pourtant, à la veille du lancement de l’application Mon Compte Formation, le 21 novembre prochain, le chemin à parcourir reste immense tant le CPF en vigueur depuis 2015 ne semble pour l’heure pas déplacer les foules. Selon une enquête Harris interactive publiée au mois de juin dernier, seuls 19 % des actifs l’ont utilisé au cours des douze derniers mois. En cause notamment, le manque de lisibilité du dispositif que confirme le baromètre Ipsos / Wall Street English réalisé début septembre : une majorité d’actifs ne maîtrisent pas le fonctionnement du CPF, et seuls un tiers d’entre eux savent qu’il est possible de le mobiliser sans l’aval de leur employeur.

Or, si cette méconnaissance semble vérifiée, l’impérieuse nécessité de se former pour faire face à la transformation des métiers et des compétences a rarement été aussi prégnante. En effet, plus de 2 millions d’actifs risquent de voir leur emploi disparaître au cours des prochaines années, selon une étude récente de l’Institut Sapiens. De plus, dans un pays où la formation initiale détermine fortement le champ des possibles, la formation tout au long de la vie peut contribuer à résorber la double fracture sociale et territoriale mise en lumière par la crise des "Gilets Jaunes".

Pour y parvenir et tâcher de restaurer une véritable égalité de destin, il est plus que temps de favoriser la formation continue partout et pour tous. Aujourd’hui, la formation est bien souvent associée à des événements de vie. On se forme pour faire face à la perte de son emploi ou bien pour engager une reconversion professionnelle. Mais dans un marché du travail en rapide évolution, la formation doit être préventive et plus seulement curative, afin d’anticiper les besoins de demain que l’émergence de filières d’avenir - le développement durable en tête-porte en germe.

La formation continue doit également être plus proche des Français. Dans les territoires économiquement isolés, où l’offre de formation initiale demeure limitée, le développement de la formation professionnelle peut concourir à un meilleur appariement entre offres et demandes d’emplois, et prévenir l’érosion de certaines filières qui font la richesse de certains bassins de vie. À l’instar des Maisons France Services qu’a remis sur le devant de la scène le président de la République, des Maisons des compétences pourraient être déployées, afin d’offrir un service de formation de proximité et de qualité, véritable creuset des savoirs professionnels. En complément de l’accompagnement essentiel proposé par les Maisons de l’emploi, ces structures pourraient dispenser des formations en ligne, avec un accompagnement et un suivi personnalisé pour prévenir le décrochage et favoriser un retour à l’emploi.

Dans ce chantier, les collectivités locales, au premier rang desquelles les régions doivent, elles aussi, jouer un rôle de premier plan. Car si la loi Pénicaud 2 leur retire le chef de filât en matière d’apprentissage, elles continueront de fixer les règles d’achats des formations à destination des demandeurs d’emploi et auront dès le printemps prochain la possibilité d’abonder le CPF sur des formations jugées prioritaires, leur permettant ainsi d’organiser la montée en compétences de leurs habitants, mais aussi de dynamiser la couverture éducative et le développement économique de leurs territoires.

Porté par l’effet multiplicateur du PIC, la transformation des compétences semble bel et bien engagée accréditant définitivement l’idée selon laquelle la compétition économique mondiale ne pourra être remportée au prix d’un éternel nivellement par le bas du coût ou du droit du travail, mais bien sûr le terrain des savoirs et des compétences."

Mathias Nirman, Fondateur du cabinet Chefcab

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