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"Les résultats de l’Afest sont fulgurants !" (Thibaut Martinage, responsable de la formation, AES Groupe)

"L’Afest est une méthode de formation ultra-opérationnelle", affirme Thibaut Martinage, responsable de la formation au sein du Groupe AES, qui intervenait le 10 octobre 2019 à la région Pays-de-la-Loire, lors d’une matinée organisée par l’Aract, dédiée aux Afest. Dans son entreprise spécialisée dans la pose de pompes à chaleur et de planchers chauffants, une quarantaine de personnes a été formée via l’Afest. "Les résultats de l’Afest sont fulgurants !", relève Thibaut Martinage, qui met en avant "la rapidité d’acquisition des compétences" et "l’adaptation aux besoins des entreprises".

Le Groupe AES est spécialisé dans la pose de pompes à chaleur et de planchers chauffants Libre de droits - AES

"L'Afest, ce n’est pas de la formation sur le tas !", lance Christophe Comparat, chef de projet chez Agefos PME, à l’occasion d’une table ronde organisée le 10 octobre par l’Aract Pays-de-la-Loire, sur le thème de l’Afest (Action de formation en situation de travail).

Laurent Duclos, chef de projet "ingénierie de parcours et stratégie d’accompagnement", à la sous-direction des parcours d’accès à l’emploi de la DGEFP, confirme :"l’Afest doit respecter un certain formalisme, décrit dans le décret du 28 décembre 2018". Il ajoute : "les formations en situation de travail existaient par le passé. Maintenant, ce sont des actions de formations en situation de travail, avec des points de passage obligés."

Partir des besoins de l’entreprise

Le Groupe AES, basé à la Chapelle-Heulin (Loire-Atlantique) et spécialisé dans la pose de pompes à chaleur et de planchers chauffants, est racheté en 2018 par Juan de Radiguès, qui ne vient pas du milieu du BTP, mais de celui du pétrole. Un secteur où il a pu observer de nombreuses formations en situation de travail. Le groupe AES peine à recruter des chauffagistes, un métier en tension, et ses effectifs stagnent depuis 2013. Sous l’impulsion de son dirigeant, les premières Afest sont mises en place, avec l’aide d’Isokan, un organisme de formation, et de son dirigeant, Stéphane Roquet, spécialiste de la méthode TWI (Training Within Industry).

"Nous sommes partis des besoins réels de l’entreprise pour créer des contenus de formation", explique Thibaut Martinage, responsable de la formation au sein d’AES Groupe (1). "Nous avons réalisé une cartographie de nos savoir-faire, ce qui signifie simplement que pour les différents chantiers que nous menons, nous avons identifié les différentes tâches à réaliser. Nous avons ensuite établi des feuilles d’analyse : pour chaque tâche, quelles sont les étapes, les points clés, et pourquoi ils sont importants".

Une action de formation dure 15 à 20 minutes

C’est à partir de ces feuilles d’analyse que les formateurs pourront réaliser une Afest, "en utilisant ces feuilles, et pas leur mémoire", souligne Thibaut Martinage. "Car un technicien expert peut être un mauvais formateur : on ne sait pas forcément structurer un apprentissage, définir des étapes, être précis… Par ailleurs, la feuille d’analyse a deux avantages : elle permet de repartir de la base, et elle permet de former tout le monde de la même manière."

L’action de formation dure au maximum 15 à 20 minutes : "si on dépasse ce temps, on donne trop d’informations, ce qui fait trop de choses à retenir", prévient le responsable de la formation. "Les choses se déroulent de façon extrêmement structurée : le formateur réalise lui-même, à trois reprises, la tâche en question. La première fois en détaillant les étapes, la deuxième fois en soulignant les points clés, la troisième fois en expliquant pourquoi il procède ainsi. C’est ensuite à la personne formée de réaliser la tâche, en respectant les étapes, les points clés, en ayant compris ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait. Ensuite, elle réalise la tâche en autonomie, avec un suivi, qui sera de plus en plus léger au fil du temps."

40 personnes formées

Thibaut Martinage est lui-même surpris du bilan des Afest : "les résultats sont fulgurants ! N’importe qui, avec l’envie d’apprendre et un peu de courage, peut être formé de cette façon. C’est une méthode de formation ultra-opérationnelle. Au sein du Groupe AES, nous avons formé depuis 2018 une quarantaine de personnes : soit des nouveaux embauchés, soit des anciens qui devaient acquérir de nouvelles compétences. Alors qu’auparavant, une équipe devenait autonome en 12 mois environ, on a lâché des équipes formées via l’Afest au bout de deux mois ! La rapidité d’acquisition des compétences est incroyable".

Les gages d'efficacité, selon le responsable de la formation : d'abord des feuilles d’analyse bien élaborées. "Lorsqu’on s’est retrouvé entre experts AES pour écrire ces feuilles, on a réalisé que l’on n’avait pas tous les mêmes pratiques. On les a donc confrontées, et on a décidé d’utiliser la meilleure. Autre intérêt de ces contenus de formation sur-mesure pour l’entreprise : ils sont évolutifs !".

Thibaut Martinage estime aussi que cette modalité de formation est "ce dont rêve n’importe quel salarié" : "il nous voit faire, on lui donne une méthode précise. Ainsi, on lui retire une partie de son stress. Par ailleurs, il devient vite autonome, et il est heureux d’avoir acquis une compétence". Laurent Duclos renchérit : "Les gens n’aiment pas l’école, mais ils adorent apprendre ! On a vu ça dans l’expérimentation. Avec l’Afest, et toute la partie réflexive, on fait attention aux gens ; cela a des vertus habilitantes. Ils se sentent autorisés à devenir compétents."

"Ce n’est pas du tout cuit !"

Laurent Duclos de la DGEFP estime que l’Afest "n’en est qu’à ses débuts". "Le principal frein à son développement, c’est que tout n’est pas clairement déterminé. On entend souvent de la part des acteurs : comment fait-on ? Mais c’est le principe même de l’Afest : ce n’est pas du tout cuit ! C’est aux entreprises de s’en saisir, d’en faire une stratégie de management".

Les entreprises peuvent aussi bénéficier d’un soutien. Laurent Duclos mentionne les crédits d’ingénierie dédiés, dans l’IAE, ou dans les Edec déclinés régionalement. "Le sujet va également émerger lors des discussions des COM [que l'État doit conclure avec] avec les Opco", ajoute-t-il.

l'afest en 10 questions

 

L’Anact publie un guide de 16 pages intitulé "10 questions sur… Les actions de formation en situation de travail". Un document qui permet de présenter cette modalité pédagogique, et qui propose des pistes et des méthodes pour conduire efficacement des Afest.

Le guide aborde notamment les points suivants : Quels acteurs mobiliser ? Quelles étapes ? Quels coûts ? Quels bénéfices possibles en matière de conditions de travail ?

(1) Thibaut Martinage dirige également Forope, "centre de formation en situation de travail du BTP", créé il y a un an par le Groupe AES et Isokan.

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Diane Scherer, journaliste