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Attaque de la Préfecture de police : Emmanuel Macron assure que "la lumière sera faite" et "les responsabilités établies"

"La lumière sera faite, les interrogations levées, les responsabilités établies", assure Emmanuel Macron, mardi 8 octobre 2019, lors de la cérémonie en hommage aux quatre victimes de l’attaque survenue au sein de la Préfecture de police de Paris, jeudi 3 octobre 2019. "Qu’un individu imprégné d’une idéologie [islamiste] puisse exercer dans un lieu où l’on traque les individus dangereux est inconcevable et inacceptable", ajoute le chef de l’État. Il promet de "mener un combat sans relâche contre le terrorisme islamiste" et appelle "la Nation tout entière" à s’unir.

Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de la cérémonie d'hommage aux victimes de l'attaque de la Préfecture de police, mardi 8 octobre 2019. MaxPPP

"La justice passera comme il se doit." C’est la promesse que fait Emmanuel Macron, mardi 8 octobre 2019, cinq jours après l’attaque menée par un agent administratif de la Préfecture de police de Paris, au cours de laquelle il a tué quatre de ses collègues (lire sur AEF info). "Je suis venu parmi vous pour que nous regardions la vérité implacable, et en tirer toutes les leçons, pour prendre l’engagement de l’État pour empêcher que se perpétuent de telles dérives", déclare le chef de l’État lors de la cérémonie en hommage aux victimes. "Vos collègues sont tombés sous les coups d’un islam dévoyé et porteur de mort qu’il nous revient d’éradiquer."

Un "combat sans relâche"

Assurant que la Nation mènera "un combat sans relâche" contre le terrorisme islamiste, le président de la République rappelle que "l’ensemble des forces de sécurité et les services de renseignement sont une part essentielle de la réponse". "59 attentats ont été déjoués grâce à eux depuis six ans. Et ce drame n’érode rien de la confiance que j’ai en vous, que la Nation place en vous, en votre professionnalisme, en votre engagement", témoigne Emmanuel Macron. "Beaucoup a été fait pour mieux repérer la menace, améliorer les informations mieux identifier, suivre les individus, les traquer partout, en prison, dans nos services publics."

"C’est pourquoi vos moyens humains, technologiques, juridiques continueront à être renforcés", assure le chef de l’État. "Loi après loi, budget après budget, nous ne cesserons jamais de renforcer un peu plus les mailles du filet, sans que cette traque ne remette en cause les libertés de chaque citoyen, sans que le combat ne divise la Nation."

Bâtir une "société de vigilance"

"Les institutions seules ne suffiront pas" dans ce combat, poursuit Emmanuel Macron. Selon lui, "l’administration seule et les services de l’État ne sauraient venir à bout de l’hydre islamiste". "C’est la Nation tout entière qui doit s’unir, agir, se mobiliser. Elle doit se lever contre islamiste souterrain qui corrompt les enfants de France", ajoute-t-il. "Une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir. La vigilance, non le soupçon qui corrode. L’écoute attentive de l’autre, l’éveil raisonnable des consciences. C’est tout simplement savoir repérer au travail, à l’école, dans les lieux de culte, près de chez soi, les relâchements, les déviations, ces petits gestes qui signalent un éloignement avec les lois et les valeurs de la République."

"L’État se doit d’être exemplaire, de se réarmer moralement partout, de mieux former chacun. C’est un changement profond dans l’État, dans le pays, consistant à retrouver la sève des valeurs républicaines", poursuit le président de la République. "Nous ne devons pas nous habituer, jamais. Trop souvent, nous avons pleuré, parlé, pris des lois, puis sommes revenus au quotidien, comme si de rien n’était, comme si ce quotidien ne pouvait être habité par le pire", déplore-t-il. "Il nous revient de retrouver la force des vertus républicaines qui toujours l’ont emporté. Ce qui se joue, c’est le combat de toute une Nation contre ceux qui veulent menotter la liberté, les femmes, la civilité, diviser, séparer, manipuler. Faisons bloc derrière nos forces de l’ordre, lorsqu’elles sont meurtries par de tels drames, mais aussi lorsqu’elles agissent au quotidien."

Il assure qu’il ne s’agit en rien d''un combat contre une religion, mais contre son dévoiement et ce qui conduit au terrorisme". "Attaquer la racine, le terreau sur lequel prospère le terrorisme islamiste et ses vocations mortifères est tout aussi vital", précise le chef de l’État. "Fonctionnaires, médecins, professeurs, bénévoles associatifs sont unis dans les lieux les plus sensibles de la République pour prévenir, détecter, agir contre la radicalisation. C’est un travail toujours trop lent, mais nécessaire, dont nous ne céderons rien."

"Un des drames les plus douloureux de la PP"

Revenant sur le déroulé de l’attaque, jeudi 3 octobre 2019 (lire sur AEF info), Emmanuel Macron rappelle que "sept minutes ont suffi à plonger la Préfecture de police de Paris dans un des drames les plus douloureux de son histoire, et la France dans la stupeur et l’incompréhension". "Ce jeudi dans les bureaux du renseignement, là même où l’État traque terroristes et criminels, un agent administratif en poste depuis plus de quinze ans a assassiné le major Damien Ernest, le gardien de la paix Anthony Lancelot, l’adjoint administratif Brice Le Mescam, avant de s’en prendre à la gardienne de la paix Aurélia Trifiro", détaille le président de la République. "Je m’incline au nom de toute la Nation devant la douleur des familles et des proches de ceux qui sont tombés."

Les victimes "avaient fait le choix de porter l’uniforme, de consacrer leur vie à protéger les autres. Ils sont morts en service, au travail, comme avant eux ceux qui depuis 2015 ont été victimes du terrorisme islamiste", poursuit-il. Le chef de l’État ajoute que l’assaillant s’en est également pris à une adjointe administrative "dont les jours ne sont heureusement plus en danger". "Et le tribut aurait été plus lourd si un gardien de la paix stagiaire, ayant rejoint le métier depuis seulement six jours, n’avait fait preuve d’une maîtrise et d’un courage hors norme, en neutralisant l’assaillant après les sommations requises", poursuit le chef de l’État. "Ces murs vibreront longtemps des échos de ce geste."

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Raphaël Marchal, journaliste