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Didier Lallement : "La Préfecture de police a été frappée dans son cœur"

"La Préfecture de police a été frappée dans son cœur comme jamais elle ne l’a été dans le passé", déclare Didier Lallement, vendredi 4 octobre 2019, au lendemain de l’attaque qui a fait quatre victimes. "Cette tragédie est d’autant plus terrible pour nous qu’elle est survenue à l’intérieur de la Préfecture de police, et qu’elle a été portée par l’un d’entre nous", ajoute le préfet de police. Il revient également sur les conditions de sécurisation de la Préfecture de police et sur le profil de l’assaillant.

Didier Lallement, le préfet de police, vendredi 4 octobre 2019 AEF

"Nous avons été touchés au cœur, mais nous sommes toujours debout." C’est ce qu’indique Didier Lallement au lendemain de l’attaque survenue au sein de la Préfecture de police, au cours de laquelle quatre fonctionnaires ont été tués, en plus de l’assaillant (lire sur AEF info). "Mes pensées vont en direction des victimes et de leur famille", assure Didier Lallement. "J’ai appelé dès hier soir les familles pour leur faire part de ma solidarité et pour les assurer que les proches des victimes seraient secourus et que ce secours serait un engagement permanent."

"Face à ce drame, nous sommes soudés", témoigne le préfet de police de Paris. "Avec le ministre de l'Intérieur et le secrétaire d'État, nous avons rencontré ce matin l’ensemble des personnels qui étaient présents au cœur du dispositif. Nous avons fait une minute de silence, avec une très grande participation des fonctionnaires de police", indique-t-il. "Pendant que se produisaient ces événements, nous étions présents, et nous allons continuer à l’être afin de protéger nos concitoyens, quelle que soit notre peine."

Un agent administratif

Revenant sur le profil de l’assaillant, le préfet de police rappelle qu’il s’agit d'"un agent administratif de catégorie C, un agent d’exécution" qui était entré à la Préfecture en 2003. "Il exerçait des tâches informatiques à la direction du renseignement", ajoute-t-il. "Comme de nombreux agents de cette direction, il était habilité secret-défense, et était en règle avec les obligations inhérentes à ce type d’habilitation. Le reste relève de l’enquête judiciaire."

"C’est la compagnie de garde, qui veille à ce qu’il n’y ait pas de pénétration [dans la Préfecture de police] qui s’est immédiatement portée à l’intérieur du dispositif pour neutraliser l’assaillant. Nous avons fait preuve d’une grande efficacité", estime Didier Lallement. Le préfet de police souligne que "c’est un jeune fonctionnaire qui a effectué cette neutralisation". Le jeune gardien de la paix sortait tout juste de l’école de police et était arrivé à la Préfecture de police six jours plus tôt, "ce qui montre l’excellence de la formation de nos fonctionnaires et le sang-froid dont ils savent faire preuve". "Le courage et la détermination ne sont pas une question de jeunesse."

Didier Lallement rappelle qu’il a fait procéder à la sécurisation de la Préfecture de police et de ses abords dès qu’il a été mis au courant des meurtres. "En même temps que les secours se rendaient sur les lieux, nous nous assurions qu’il n’y avait pas d’autre assaillant à l’intérieur de la Préfecture. Assez rapidement, nous en avons acquis la conviction et nous avons pu reprovoquer les circulations dans l’ensemble du dispositif", détaille-t-il.

"J’ai également mis en place une cellule médico-psychologique pour les fonctionnaires qui souhaitaient en bénéficier." Selon lui, 179 personnes l’ont consultée. "Ce besoin de soutien est impératif", précise le préfet de police, qui indique que cette cellule restera active ce week-end, par le biais de lignes téléphoniques dédiées.

"Des choses inexactes"

Didier Lallement évoque également les dispositifs de sécurité de la Préfecture de police, en réponse à "un certain nombre de choses inexactes" entendues depuis l’attaque. "Dans ce bâtiment se côtoient chaque jour des milliers de personnes : des agents, des fonctionnaires, mais également des administrés qui viennent exercer leurs démarches", déclare le préfet de police. "L’ensemble de ceux qui sont extérieurs à l’administration passent par un portique de sécurité, puis sont orientés, après vérification, vers les endroits qu’ils souhaitent fréquenter. Il en va de même pour les prestataires. Personne ne peut accéder à nos locaux sans des procédures strictes d’accès."

Il ajoute que "les locaux à l’intérieur sont également sécurisés". "Les personnels ne peuvent accéder à l’ensemble des locaux, certains sont ultra-sécurisés, comme ceux qui concernent la raison d’État, la direction du renseignement ou les salles de crise. Seuls les badges habilités permettent d’y accéder." Et de conclure : "Les conditions de sécurité intérieures sont donc absolues. Elles visaient à interdire une pénétration venant de l’extérieur ; or l’attaque a été portée de l’intérieur."

Un slogan "dérisoire"

Au vu des nombreux soutiens reçus depuis l’attaque, Didier Lallement estime que le slogan "Tout le monde déteste la police" est "dérisoire". "Ce que j’ai vu hier, ce sont des autorités, des parlementaires, mais aussi de très nombreux citoyens qui ont manifesté leur soutien à la police. Nous en avions besoin, et ces marques de soutien nous ont été essentielles", déclare-t-il. Le préfet ajoute qu'"un registre de condoléances sera d’ailleurs ouvert" à l’ensemble des citoyens sur la place Louis-Lépine, située à proximité de la Préfecture de police.

Il salue également le "soutien" du président de la République, du Premier ministre, du ministre de l'Intérieur et du secrétaire d'État placé auprès de ce dernier. Leur soutien "a fait particulièrement chaud au cœur de l’ensemble des policiers", assure-t-il. Le préfet de police remercie par ailleurs les élus, notamment la maire de Paris, Anne Hidalgo.

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Raphaël Marchal, journaliste