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"Seuls 32 % des managers français estiment que leur fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients" (étude BCG)

"Les managers français sont à bout de souffle", observe le Boston Consulting Group dans une étude publiée le 18 septembre 2019. Ainsi, "seuls 32 % des managers français interrogés estiment que leur fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients (contre 41 % en moyenne)". Le cabinet de conseil relève qu'"être manager ne fait plus rêver" et que cette tendance est mondiale : "Dans les pays occidentaux, seul un employé sur dix aspire désormais à devenir manager et 37 % des managers souhaitent le rester dans les prochaines années".

Salariés et managers aspirent à de nouveaux rôles et à de nouveaux modes de fonctionnement © rawpixel - Unsplash

Le BCG publie le 18 septembre 2019 les résultats d’une étude mondiale, réalisée avec Ipsos, sur le désarroi des managers intermédiaires (1) qui montre que "si les managers expriment un malaise quasi unanime au sein de l’ensemble des pays occidentaux de l’enquête, cette réalité est encore plus significative en France". Seuls 32 % des managers français interrogés estiment que leur fonction comporte plus d’avantages que d’inconvénients (contre 41 % en moyenne), et 85 % des managés français pensent qu’il est plus compliqué de manager aujourd’hui. Ainsi, "devenir manager n’est plus considéré comme le 'Graal', la fonction a perdu de son sens et ne fait plus rêver".

85 % des managers français trouvent leur métier plus compliqué qu’auparavant (contre 81 % pour la moyenne occidentale). Ils se sentent aussi plus débordés (78 % contre 71 %), plus stressés (74 % contre 69 %) et plus démotivés (59 % contre 52 %). "On y voit un certain message d’alerte", estime Vinciane Beauchene, directrice associée au BCG et auteur de l’étude.

Vers la fin d’un modèle ?

Les managers interrogés ont conscience de la fin d’un modèle, puisque 71 % des managers français (contre 66 % en moyenne) s’attendent à des changements majeurs de leur fonction dans les années à venir et 38 % pensent même que leur poste aura disparu d’ici cinq à dix ans. Néanmoins, ils restent optimistes face aux transformations de l’entreprise. Par exemple, 57 % perçoivent positivement la montée des enjeux liés au digital et aux nouvelles technologies. "Ils sont déboussolés mais ce n’est pas un message de désespoir", pense Vinciane Beauchene. Ils attendent cependant une clarification de leur rôle et de leur mission (60 % pour les managers français) et un meilleur accompagnement (67 %). Au total, dans les pays occidentaux, seul un employé sur dix aspire désormais à devenir manager et 37 % des managers souhaitent le rester dans les prochaines années.

Autre constat : en France, managers et managés ont globalement la même perception de ce qu’est un bon manager : il motive, donne du sens et élimine les obstacles. Cette perception du "manager idéal" est différente en Chine et en Allemagne (59 % des Allemands attendent de leur manager qu’il prenne des décisions contre 40 % en France).

La méthode agile comme solution

Pour Vinciane Beauchene, la méthode agile est une alternative prometteuse pour les entreprises pour répondre à cette crise. "Alors qu’ils sont essentiels pour le succès de l’entreprise, les managers ne savent plus aujourd’hui ce que l’on attend d’eux et ont l’impression d’être à la croisée de toutes les contraintes. Il est temps de repenser leur rôle", estime-t-elle.

Le BCG rappelle que la méthode agile, créée dans les entreprises du web et les start-up dans les années 2000, est mise en place avec succès dans plusieurs entreprises traditionnelles comme des grandes banques ou dans l’industrie automobile. "Avec l’agile, les équipes sont pluridisciplinaires et plus autonomes. Le rapport au manager évolue vers une relation de confiance. Le manager est avant tout garant de l’alignement et de l’autonomie. Ces nouveaux rôles peuvent apporter une réponse à la crise managériale actuelle", selon le cabinet de conseil international.

(1) Étude réalisée entre le 14 juin et le 15 juillet 2019, auprès de 5 000 personnes (1 500 managers et 3 500 managés) dans cinq pays : Chine, France, États-Unis, Royaume-Uni et Allemagne dans des entreprises de plus de 200 salariés. Les managers interrogés encadrent des équipes d’au moins cinq personnes, ne sont pas membres du comité exécutif, ni sous la responsabilité d’un membre du comité exécutif.

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Sixtine de Villeblanche, journaliste