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L’Adullact travaille sur une "charte pour une ville intelligente et éthique"

L'Association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales (Adullact) pilote actuellement un groupe de réflexion chargé d'élaborer une "charte pour une ville intelligente et éthique". Le document devrait être finalisé pour le Sommet international de l’innovation en villes médianes, organisé fin septembre 2019 à Nevers, dont l'agglomération a initié l'idée de cette charte. Il s'agit de "mettre en avant les pièges de la smart city dans lesquels il ne faut pas tomber", résume le délégué général de l'Adullact, Pascal Kuczynski.

© Markus Spiske

Comment éviter les pièges de la smart city ? C’est pour mettre en garde les collectivités que l’Adullact, l’association des développeurs et utilisateurs de logiciels libres pour les administrations et les collectivités territoriales, est en train de rédiger une "charte pour une ville intelligente et éthique", à la demande de l’agglomération de Nevers (1).

Avec l’avènement "des villes intelligentes, smart cities, objets connectés, open-data, etc., on retrouve exactement le phénomène que ce qu’on connaît depuis 15 ans avec le logiciel pur et dur, à savoir le risque pour une collectivité, en répondant un peu rapidement aux sirènes des éditeurs ou de fournisseurs qui promettent monts et merveilles, de se faire enfermer" dans un "carcan", explique Pascal Kuczynski, délégué général de l’Adullact, à AEF info, mardi 23 juillet 2019. Car si les offres sont fournies "clés en main" aux collectivités par les entreprises et parfaitement adaptées à leurs besoins à un moment donné, elles pourront rapidement montrer leurs limites.

Payer pour de nouveaux usages

Et le délégué général de prendre le cas d’une collectivité qui, pour gérer ses transports en commun, fait appel à une entreprise qui lui propose un service sur-mesure, permettant aux citoyens d’optimiser leurs trajets. "Lorsqu’au bout de quelques années, elle va vouloir améliorer le système et faire de la prédiction pour adapter l’offre de bus sur les horaires les plus chargés par exemple, l’entreprise va répondre que le stockage des données n’était pas prévu, qu’elles étaient fournies en temps réel…", prévient Pascal Kuczynski.

Autrement dit, pour de nouveaux usages, "il faudra payer", ce que ne pourra pas forcément faire la collectivité, poursuit-il, évoquant le manque de retours d’expériences pour "aider à prévoir ce qu’il va se passer", parce que "tout ça est nouveau et qu’on innove".

"Les données sont un bien commun"

D’où le besoin de cette "charte pour une ville intelligente et éthique", qui devra "mettre en avant les problématiques et les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber", résume Pascal Kuczynski. Le document aura aussi pour objectif de "faire valoir qu’il y a un certain nombre de valeurs derrière tout ça, qui ne sont pas seulement techniques. Les données sont un bien commun, il n’y a pas de raison que les entreprises décident de ce qu’on peut faire avec", estime le délégué général.

Pour l’heure, un groupe de réflexion s’est réuni, fin juin, à l’occasion de l’assemblée générale de l’Adullact. Y ont pris part les collectivités membres de l’association, mais également d’autres structures, telles que le Cerema ou la FNCCR. "Un point a été souligné, raconte Pascal Kuczynski : souvent, c’est l’équipe de communication qui pilote le projet [de ville intelligente]. Les participants - essentiellement des DSI ou des élus - ont revendiqué le fait qu’il n’y a pas de raison que cet outillage éminemment technique ne soit pas piloté par la technique, justement parce qu’il faut prendre en compte les problèmes d’interopérabilité".

Une appli sous licence libre en développement

Il cite notamment la multiplication des "applications pour mieux vivre en ville", outils "à la mode". "C’est la com' et non l’informatique qui les pilote, parce qu’une entreprise fournit tout ça clés en main et que ça marche. Mais les prix… Il y a une ville de 15 000 habitants qui a mis 50 000 euros pour avoir une appli de ce type. C’est une gabegie d’argent public ! Une autre, de plus de 50 000 habitants, a mis plus de 150 000 euros, c’est monstrueux. D’autant qu’il va falloir remettre de l’argent sur la table pour la V2… L’éditeur derrière en profite, même s’il a fait la même chose pour une autre ville deux ans plus tôt", regrette le délégué général.

C’est "ce genre de modèle" que dénonce l’association, parce qu’il existe "des solutions pour faire autrement". Lors de son assemblée générale, elle a présenté la première version d’une application sous licence libre, qui sera "gratuite pour tous les membres". Actuellement entre les mains de "bêtatesteurs", elle sera officiellement lancée lors du Salon des maires, en novembre.

Quant à la charte, qui se veut une "charte de conseils" plus que d’engagement, elle doit être finalisée pour le Sommet international de l’innovation en villes médianes, organisé le 26 septembre à Nevers.

(1) L’Adullact est membre du comité de pilotage du Siivim (sommet international de l’innovation en villes médianes), organisé par l’agglomération de Nevers. C’est à la suite de la première édition de ce sommet, en 2018, que la collectivité a sollicité l’association pour l’élaboration de la charte.

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Emilie Buono, journaliste