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Le nombre de doctorants étrangers accueillis en France a baissé de 8 % en 5 ans

La note n°60 de CampusFrance sur "Les doctorants à l’international : Tendances de la mobilité doctorale en France et dans le monde" souligne le caractère "historiquement international" du doctorat parmi les cursus diplômants. En France, 26 760 doctorants viennent de l’étranger, soit près de 40 % des effectifs. La France est ainsi au 3e rang des pays d’accueil, en nombre de doctorants étrangers. Cependant, le nombre de doctorants en France est en baisse continue, un phénomène que l’accueil de doctorants étrangers a pu autrefois compenser. Or, leur nombre a diminué de 8 % en 5 ans.

sources et Méthodologie

 

Les comparaisons opérées par CampusFrance se restreignent aux pays de l’ OCDE, source principale des données collectées. Les données des États-Unis n’étant pas communiquées à l’OCDE, elles ont été complétées par celles du Student and Exchange Visitor Information System (SEVIS), du US Department of Homeland Security. De même, les données de l’Allemagne ne sont pas entièrement partagées sur les bases statistiques de l’OCDE et d’Eurostat. Lorsque les informations sont indisponibles, le pays n’apparaît pas sur les classements internationaux.

Au total, les pays de l’OCDE comptent dans leurs frontières 410 000 doctorants en mobilité internationale, soit plus de 14 % des inscrits en doctorat à travers le monde. Dans ces mêmes pays, les étudiants internationaux représentent 6 % des effectifs tous niveaux confondus, mais pour le seul doctorat, le ratio monte à 26 %. Tout cela pousse à remarquer que "le doctorat est un diplôme qui s’obtient davantage à l’étranger que les autres, les doctorants n’hésitant pas à s’expatrier", d'après CampusFrance dans sa note n° 60 de juillet 2019.

Comment se place la France ?

En termes d’accueil de doctorants étrangers, la France se situe à la 3e position mondiale, avec 29 500 inscrits en 2017-2018. En Europe, elle se situe en 2e position, derrière le Royaume-Uni.

Si l’on s’attarde sur la part d’étudiants internationaux dans les effectifs totaux de doctorants, la France est à la 7e position mondiale. Elle fait jeu égal avec les États-Unis et les Pays-Bas : en 2017-2018, les doctorants étrangers représentaient 42 % des inscrits en doctorat en France, "preuve de la qualité de son enseignement doctoral et de la réputation de sa recherche" selon CampusFrance. Cette proportion est parmi les plus fortes du monde et, en tout état de cause, très au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (environ 25 %).

Survolez les pays ci-dessus pour obtenir le détail des données : nombre de doctorants étrangers accueillis, classement mondial pour les pays d’accueil des doctorants.

Baisse continue des doctorants accueillis en france

Cependant, "le nombre de doctorants étrangers dans les universités françaises diminue de manière continue depuis plusieurs années", note CampusFrance. Par le passé, l’accueil de doctorants étrangers avait pu compenser la baisse du nombre total de doctorants originaires de l’hexagone (voir encadré ci-dessous). Cela a notamment été le cas entre 2002 et 2009, précise CampusFrance. Mais le nombre d’étudiants internationaux en doctorat baisse dans les mêmes proportions que le nombre total de doctorants. CampusFrance fait état d’une baisse de -8 % entre 2012 et 2017. Ainsi, la France suit une tendance contraire à celle des autres pays de l’OCDE, où le nombre de doctorants étrangers a progressé sur la période 2013-2016 (voir carte). Dans le "top 25" des pays d’accueil établi par CampusFrance, outre la France, seuls l’Autriche et le Japon ont vu les effectifs de doctorants étrangers accueillis décroître sur la période 2013-2016.

Pourquoi le nombre de doctorants baisse-t-il en France ?

 

On constate une baisse du nombre de doctorants inscrits en France, de l’ordre de 7 % entre 2012 et 2017. Ce phénomène peut être rapporté à deux causes, d’après CampusFrance. Il peut d’abord s’expliquer par la réduction de la durée moyenne des thèses (lire sur AEF info). En effet, d’après une note du MESRI-Sies (1) datant de 2018, la thèse, en France, est "davantage encadrée que par le passé" : en 2016, 43 % des diplômés, toutes écoles doctorales confondues, avaient préparé leur thèse en moins de 40 mois contre 35 % 10 ans auparavant.

Par ailleurs, la France connaît une diminution du nombre d’inscriptions en première année de doctorat : d’après la même note du MESRI-SIES, un peu plus de 16 800 étudiants se sont inscrits en doctorat en 2016-2017, contre plus de 18 000 en 2011-2012 (toutes écoles doctorales confondues). Au total, la France comptabilisait 67 679 inscrits en doctorat à l’université en 2016. Selon les projections du MESRI, ces effectifs devraient continuer à baisser pour atteindre 52 000 inscrits à l’horizon 2026.

La baisse du nombre de doctorants étrangers s’observe dans l’ensemble des disciplines, à l’exception des sciences dites "exactes" : sur tous les doctorants étrangers que compte la France, 49 % sont inscrits "dans une discipline scientifique". Il s’agit du seul champ disciplinaire en France qui ait vu les effectifs de doctorants étrangers progresser dans les cinq dernières années.

Les disciplines où les étudiants internationaux sont les plus représentés en France en terme de proportions restent les arts et humanités : 40 % des doctorants inscrits dans ces disciplines en France viennent de l’étranger, contre 20 % dans la moyenne des pays de l’OCDE.

Moins de doctorants venus d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient

Les doctorants originaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont vu leurs effectifs baisser de 19 % dans les écoles doctorales françaises depuis 2012-2013. "Il y a cinq ans, un tiers des doctorants étrangers dans les universités françaises provenaient de ces régions ; ils ne sont plus que 29 % aujourd’hui", affirme CampusFrance dans sa note.

Notamment, parmi les trois premiers pays d’origine des doctorants en France, la Tunisie est passée de la 1re place en 2012 à la 3e place en 2017, suite à une chute de 33 % du nombre de ses doctorants inscrits en France. L’Algérie a connu une baisse comparable de ses effectifs de doctorants en France (-23 %) et est passée de la 3e à la 5e place parmi les pays d’origine des doctorants internationaux en France.

À l’inverse, les effectifs de doctorants espagnols, indiens, ivoiriens et mexicains ont fortement progressé dans la même période. Les doctorants italiens ont aussi connu une progression significative de leurs effectifs (+20 %), ils comptent désormais parmi les trois plus gros contingents de doctorants étrangers en France, juste après les doctorants chinois.

Où vont les doctorants français en mobilité ?

La France est le 11e pays d’origine des doctorants internationaux dans le monde, avec 6 816 doctorants en mobilité, d’après CampusFrance. Entre 2013 et 2016, leur nombre a augmenté de 19 %.

Les destinations des doctorants français sont relativement proches des destinations choisies par l’ensemble des étudiants français en mobilité internationale. Au demeurant, le classement des principales destinations des doctorants français a peu changé entre 2013 et 2016. En 2016, les deux tiers (67 %) d’entre eux suivent leur cursus au Canada, en Suisse ou au Royaume-Uni. Parmi les autres destinations importantes, la Belgique a enregistré une progression forte dans les dernières années avec 542 doctorants français dans ses universités en 2016 (+29 % par rapport à 2013).

GLOSSAIRE

 

• Doctorant en mobilité internationale diplômante : Un ou une doctorant(e) en mobilité diplômante internationale a obtenu son baccalauréat ou effectué ses études (selon les pays) à l’étranger. Il ou elle est arrivé(e) en France pour poursuivre en doctorat. Il ou elle est inscrit(e) administrativement dans une formation doctorale délivrant un diplôme ; les doctorants en échange sont donc exclus de cette définition. À l’inverse, les doctorants en cotutelle sont bien comptabilisés.

• Étudiant/doctorant étranger en France : Appellation du MESRI- SIES. Désigne un ou une étudiant(e) se déclarant de nationalité étrangère, inscrit(e) dans un établissement d’enseignement supérieur français, dans une formation d’une durée d’au moins un an et donnant lieu à la délivrance d’un diplôme national. Sont pris en compte également l’enseignement à distance, la formation continue, l’alternance et l’apprentissage.

(1) L’État de l’emploi scientifique en France, MESRI-Sies, 2018

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Alexiane Lerouge, journaliste