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Le Cerema et Efficacity lancent le label "Ville durable et innovante"

Pour concurrencer les labels américain "Leed for cities" et asiatique "Casbee for cities", le Cerema et Efficacity veulent mettre sur pied un label français à vocation européenne, dénommé "Ville durable et innovante". Lundi 8 juillet 2019, ils ont lancé un appel pour identifier une dizaine de collectivités, avec qui serait menée la phase pilote et de co-construction du label. Ce dernier viendrait compléter le label "European Energy Award / Cit’ergie" et couvrirait "l’ensemble des domaines du développement durable".

De gauche à droite, les représentants d'Efficacity, du Cerema, de Vivapolis, de la CA Paris - Vallée de la Marne et du Medef international, à l'occasion du lancement du label "Ville durable et innovante", lundi 8 juillet 2019. EB

"Les labels nord-américain "Leed for cities" et asiatique "Casbee for cities" se développent. Il y a donc un fort risque de se retrouver dans un système d’évaluation des villes qui soit asiatique ou américain, comme c’est le cas avec le classement de Shanghai pour les universités", affirme Pascal Berteaud, directeur général du Cerema.

C’est forts de ce constat que le Cerema et Efficacity, institut de R&D sur la ville durable, ont décidé de lancer le label "Ville durable et innovante". Un label "à l’échelle européenne", qu’ils ont présenté lundi 8 juillet et qui devra permettre d'"accompagner les villes à relever leurs défis" en matière de transition, selon Pascal Berteaud.

Un label différent des labels existants

 

Le label "Ville durable et innovante" se différencie des labels nord-américain et asiatique sur cinq points, assurent ses initiateurs : "une approche équilibrée entre les différents domaines du développement durable, basée sur les objectifs de développement durable des Nations Unies, une amélioration continue qui évalue les résultats mais aussi l’efficacité des actions mises en œuvre, une approche intégrée, un accompagnement sur l’innovation, peu affiché sur les autres labels, et une évaluation progressive de l’impact réel des actions".

Renforcer la visibilité des collectivités

Il s’agit, "en complément des dispositifs de reconnaissance existants" tels que Ecoquartiers, Ecocités, Agenda 21, etc., de "renforcer la visibilité et l’attractivité des collectivités territoriales et [de] valoriser le savoir-faire des entreprises françaises à l’international", font savoir les deux organismes, soutenus par le réseau Vivapolis.

Le label intégrera les six domaines d’action couverts par le label "European Energy Award / Cit’ergie" (1), porté par l’Ademe et qui "récompense les collectivités pour la mise en œuvre d’une politique climat­-air-énergie ambitieuse". Mais l’objectif est d'"aller plus loin et de traiter l’ensemble des sujets", précise Michel Salem-Sermanet, DG d’Efficacity. Viendront donc s’ajouter six autres domaines : "résilience et sécurité ; innovation ; gouvernance et management ; cohésion sociale, éducation, santé ; développement économique ; culture, loisirs, sports".

"Avoir une référence française"

De quoi couvrir, contrairement aux démarches existantes, "la globalité des éléments de fonctionnement de la ville". La question est de savoir "comment on construit une ville qui satisfasse les besoins des habitants d’aujourd’hui, sans que cela se fasse au détriment de ceux des habitants de demain", résume Pascal Berteaud. À noter que la biodiversité ne figure pas dans les domaines d’action du futur label.

"On a besoin d’avoir une référence française", affirme pour sa part Gérard Wolf, président de la "task force" Ville durable du Medef international. "On n’a pas à rougir", estime-t-il. "Pour l’instant, on a beaucoup de pipeau dans le monde : en matière de développement durable, les États-Unis eux-mêmes disent qu’ils sont au niveau zéro, hormis Boston ou Austin."

Selon lui, il y a dans le modèle français de ville durable quatre éléments - la gouvernance, la participation des citoyens, la formation et l’économie circulaire -, et "nous sommes parmi les seuls à dire que ces quatre éléments ne sont pas détachables", se félicite-t-il.

Appel aux collectivités volontaires

Ce lundi, un "appel à partenaires" a été lancé, afin d’identifier une dizaine d’intercommunalités volontaires, de tailles différentes, pour intégrer la phase pilote d’élaboration du label. Il s’agira pour elles de tester et de coproduire un projet de label, tout en bénéficiant de l’accompagnement du Cerema et d’Efficacity, et de l’appui d’un comité d’experts. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 8 septembre.

"On a déjà embarqué une collectivité, la communauté d’agglomération Paris-Vallée de la Marne, celle du grand pôle scientifique de la Cité Descartes", fait savoir Michel Salem-Sermanet. D’autres auraient déjà fait part de leur intérêt. "Ce qui nous a intéressés, c’est que cette démarche est complémentaire, elle ne remet pas en cause ce qui a déjà été fait sur le territoire", justifie Luc Léhart, DGA de l’EPCI.

"Faites un truc simple !"

Il souhaite "un label simple dans son fonctionnement, mais qui soit efficace", permettant à la fois expérimentation et évaluation. Même vœu du côté du Medef international : "Faites un truc simple !", implore Gérard Wolf, qui plaide pour un dispositif "facile, robuste, qui permette aux entreprises de porter des exemples".

Le Cerema et Efficacity tablent sur "une cinquantaine de sujets ou d’objectifs", en plus de la soixantaine qui existe déjà pour Cit’ergie. Dans la salle, plusieurs voix se sont levées pour pointer la difficulté à mesurer le respect de ces objectifs, notamment sur la sécurité, un "enjeu politique". "Ces indicateurs relèveront probablement beaucoup moins des sciences dures et seront plus dans le comportement et la perception…", a admis Pascal Berteaud.

La phase pilote, prévue pour durer un an environ à compter d’octobre prochain, doit justement permettre d’affiner la démarche, avant un lancement officiel du label espéré pour "le deuxième semestre 2020".

À la recherche de "villes pilotes"

 

Le Cerema et Efficacity recherchent, pour leur phase pilote, des intercommunalités déjà labellisées European Energy Awards / Cit’ergie ou en cours de labellisation. Chacune des collectivités sélectionnées bénéficiera d’un accompagnement, dont le coût est estimé entre 30 000 et 40 000 euros, pris en charge à moitié par les organisateurs. La collectivité aura donc un reste à charge de 15 000 à 20 000 euros. "C’est un gage de leur intérêt", estime Pascal Berteaud.

À leurs côtés, le comité d’experts, composé d’une quinzaine de membres œuvrant dans autant de domaines, aura notamment pour mission de proposer "des méthodes d’évaluation à la fois simples d’utilisation pour les services des collectivités et reconnues sur le plan scientifique". Il "assurera la crédibilité de la démarche vis-à-vis des autres grands labels internationaux", expliquent les initiateurs du label.

(1) Planification territoriale ; patrimoine de la collectivité ; approvisionnement énergie, eau, assainissement ; mobilité ; organisation interne ; coopération communication.

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Emilie Buono, journaliste