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PIC : le Pacte piloté par Pôle emploi en Paca promet de renouveler l’approche des besoins des entreprises et des publics

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le pacte régional d’investissement dans les compétences, contractualisé directement entre l’État et Pôle emploi, mercredi 26 juin 2019 à Marseille, a notamment pour ambition d’analyser en continu les besoins en compétences des entreprises, de développer de nouvelles approches des publics les plus éloignés de l’emploi ou non repérés et de faire évoluer la commande de formation. L’État a prévu d’investir 534 M€ jusqu’en 2022, pour financer 70 000 parcours de formation pour les demandeurs d’emploi les plus vulnérables.

En Paca comme en Auvergne-Rhône-Alpes, Pôle emploi mettra seul en oeuvre le PIC sur la période 2019-2022, faute d'accord entre l'État et la région

Le préfet de région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pierre Dartout, et le directeur régional de Pôle emploi, Thierry Lemerle, ont signé mercredi 26 juin 2019 le pacte régional d’investissement des compétences qui va mobiliser, de la part de l’État, 534 millions d’euros pour former 70 000 demandeurs d’emploi de la région durant les quatre prochaines années.

Faute d’accord sur la base budgétaire de référence, le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur ne s’est pas engagé à piloter le pacte et à abonder son financement. Mais, rappelle l’accord, la collectivité a noué une convention de partenariat avec Pôle emploi, qui vise à renforcer les coopérations entre les deux acteurs autour de la formation. Son renouvellement a été adopté par les élus régionaux le 26 juin (lire sur AEF info).

L’État, par l’intermédiaire de la Direccte, pourra également "contractualiser avec le conseil régional sur le développement d’actions au service de la formation des personnes vulnérables", précise par ailleurs le document. "L’État et la région passeront des conventions sur des points particuliers autant que de besoin", confirme Thierry Lemerle, dans un entretien avec à AEF info mercredi 3 juillet 2019. D’ores et déjà, quatre nouvelles écoles de la deuxième chance vont être créées à la suite d’un appel à projets conjoint État et région Paca (lire sur AEF info).

Les moyens déployés sur les trois axes

Le pacte régional est donc conclu sur la base d’un engagement pluriannuel (2019-2022) de l’État de 534 M€, "en complément des financements de droit commun des différents acteurs : région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Direccte, Pôle emploi, Agefiph, partenaires sociaux". Ils s’ajouteront aux financements de Pôle emploi pour la formation des demandeurs d’emploi s’élèvent chaque année à 40 M€, précise Thierry Lemerle.

Le pacte est classiquement construit autour des trois axes adoptés dans les accords déjà conclus dans les autres régions :


Parmi les cibles, les QPV surreprésentés en Paca

Le pacte cible les plus publics les plus éloignés de l’emploi (chômeurs de longue durée, qui comprennent une part significative de seniors, personnes en difficulté numérique ou en activité réduite subie, jeunes sans solution…).

Une attention très particulière sera accordée aux résidents des 128 quartiers prioritaires en Provence-Alpes-Côte d'Azur, surreprésentés dans cette région, et des zones enclavées, mal desservies en termes d’offre de formation, où l’accès à l’emploi est plus difficile. "Concrètement, cela veut dire que nous pourrons financer des coûts horaires un peu plus élevés pour tenir compte de l’investissement d’un organisme de formation qui proposera des actions sur ces zones", explique le directeur régional de Pôle emploi.

Les fEST, passage utile et obligé

Les actions seront prioritairement fléchées au bénéfice "des secteurs économiques dynamiques et en développement" qui connaissent de forts besoins de recrutement : secteurs des French Tech, opérations d’intérêt régional identifiées par le conseil régional Paca, et filières économiques stratégiques du territoire (tourisme, numérique, industrie, logistique, agriculture, innovation technologique). "Nous allons travailler en lien étroit avec les acteurs économiques, comme les unions patronales, les branches professionnelles, pour recueillir et analyser en continu les besoins en compétences des entreprises". Des "task forces régionales par filières réunissant des représentants du monde économique pourront être mises en place en vue de lancer des marchés de formation nouveaux.

"L’idée, c’est également que les employeurs ouvrent leurs portes pour pouvoir proposer des parcours de formation en situation de travail des demandeurs d’emploi de niveau infra IV. C’est un passage utile et obligé pour réussir le retour à l’emploi durable des publics fragiles", développe Thierry Lemerle.

Une large concertation


Le pacte a fait l’objet d’un travail de co-construction, initié par la Direccte et la direction régionale de Pôle emploi, et d’une concertation approfondie avec les acteurs de l’emploi, de la formation et du monde économique. Un séminaire de travail associant un large panel de partenaires a réuni près de 150 participants les 9 et 10 mai 2019 à Aix-en-Provence, pour élaborer des solutions opérationnelles à intégrer au plan régional. "Nous l’avons traduit en chantiers et en actions opérationnelles à mettre en œuvre dans chacun des axes", indique Thierry Lemerle. L’accord prévoit de réunir annuellement un séminaire de concertation regroupant ces 150 acteurs pour recueillir les retours d’expérience du terrain et, le cas échéant, les évolutions à intégrer.

La gouvernance du pacte prévoit aussi la mise en place de groupes de consultation de professionnels et d’usagers ou d’experts. Destinataires du PIC, ils pourront ainsi prendre part aux réflexions et formuler des propositions à travers des "groupes focus".

Repérer les plus éloignés "hors les murs"

L’État et Pôle emploi souhaitent aussi innover en matière d’ingénierie de reclassement des publics les plus éloignés de l’emploi ou non repérés par les opérateurs de l’emploi. "Pour identifier et accompagner ces publics, il faut développer de nouvelles approches, tant au niveau du sourcing que de l’orientation", affirme Thierry Lemerle.

Pôle emploi proposera ainsi des initiatives de rencontres positives "hors les murs" pour co-construire des parcours inclusifs : elles prendront la forme d’agence éphémère, de café orientation-formation, challenges, TV de l’emploi, forum de l’orientation, parrainage… Ces parcours comprendront aussi des actions ciblant "la correction des freins périphériques : hébergement, garde d’enfants, mobilités". "À ce titre, nous expérimenterons la possibilité d’offrir un bouquet de services complets pour une partie des personnes concernées par le pacte régional", précise Thierry Lemerle.

Des marchés porteurs d’une logique plus individualisée

En parallèle, le pacte régional souligne "la nécessaire implication des organismes de formation à se moderniser". Il prévoit à ce titre un projet de "pôle d’innovation". "Il faut renforcer la capacité des organismes de formation à digitaliser, renouveler et diversifier leur ingénierie pédagogique", détaille Thierry Lemerle. "Il s’agit aussi de proposer des parcours de formation apprenante, sécables, modulables et sans couture avec entrée permanente, basés sur les compétences et évitant les abandons."

L’évolution de l’offre de formation passe aussi par une évolution de la commande de formation, déjà engagée par Pôle emploi. Les nouveaux marchés lancés par l’opérateur en 2019 (lire sur AEF info) qui serviront de "socle" à la commande de formation du Pacte, sont ainsi "porteurs d’une logique plus individualisée, dans une approche de parcours intégrés, en associant à des actions de professionnalisation ou de certification et dans certains cas des modules de remise à niveau", rappelle le Pacte. Cette approche avait déjà été initiée dans la mise en œuvre du volet amorçage du PIC en 2018, également confiée à Pôle emploi, sans la région (lire sur AEF info).


Le pacte prévoit une entrée en formation de plus de 18 000 demandeurs d’emploi par année pleine, pour un coût moyen de 6 000 euros par formation (rémunération comprise). En 2019, 14 000 entrées en formation sont programmées, dont 45 % réalisées au 30 juin.

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Marie-Pierre Vega, journaliste