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Le secteur privé emploie près d’un tiers des jeunes docteurs, dont la moitié en R&D (enquête MESRI)

Trois ans après la thèse, ce sont près d’un tiers des jeunes docteurs qui travaillent dans le secteur privé : 16,2 % sont en R&D, 16,6 % occupent d’autres fonctions. C’est ce qu’indique une enquête du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur la situation professionnelle des docteurs diplômés en 2014, publiée le 18 juin 2019. Passant en revue différents aspects de l’emploi des jeunes docteurs, l’étude retient que leurs conditions d’insertion et d’emploi sont "toujours satisfaisantes mais contrastées selon les disciplines".

© Andrey Burmakin / Fotolia

Près de 91 % des docteurs diplômés en 2014 occupent un emploi trois ans plus tard, indique une note d’information statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, publiée le 18 juin 2019. Cette note rend compte des principaux enseignements d’une nouvelle enquête nationale IPDoc sur la situation professionnelle des docteurs (1). Globalement, "près de 2 docteurs sur 3 occupent un emploi et plus de 9 docteurs sur 10 ont un emploi de niveau cadre".

LES EMPLOIS DANS LA R&D PRIVÉE SONT "EN LÉGÈRE PROGRESSION"

Le secteur académique reste le premier employeur des jeunes docteurs, poursuit la note : près de la moitié (48,8 %) des docteurs diplômés en 2014 y travaillent trois ans plus tard. Le secteur public – hors monde académique et recherche – emploie par ailleurs 18,5 % des jeunes docteurs. Le secteur privé offre quant à lui près d’un tiers des emplois occupés par les docteurs de 2014, trois ans après leur thèse, emplois qui se répartissent à peu près moitié-moitié entre la R&D et d’autres fonctions.

Les emplois dans la R&D privée sont en "légère progression", relève le ministère, avec une hausse de 2 points par rapport à la situation qui avait été observée pour les docteurs diplômés en 2012, toujours trois ans après la soutenance. "Sans doute en partie favorisés par les dispositifs préparant les docteurs à différents types de carrière, et par les mesures incitatives à l’adresse des entreprises, des changements dans les choix des docteurs se sont opérés", analyse l’étude.

LES DOCTEURS ENVISAGENT PLUS FRÉQUEMMENT LA RECHERCHE EN ENTREPRISE

Elle renvoie ainsi à des enquêtes menées par le Céreq, qui "montrent que le projet professionnel des docteurs au moment de la soutenance de thèse évolue" : "Les docteurs, bien que souhaitant toujours majoritairement travailler à l’université ou dans la recherche publique, envisagent plus fréquemment que pour les promotions précédentes de trouver un emploi dans le domaine de la recherche en entreprise" (23 % des docteurs de 2013 contre 15 % de ceux de 2007).

Dans le même temps, "le Céreq observe également une chute de 21 points des intentions de travailler à l’université ou dans la recherche publique (49 % des docteurs de 2013 contre 70 % pour ceux de 2007)". Cela dit, ces tendances sont à nuancer selon les disciplines. Ainsi, chez les docteurs diplômés en 2014, l’enquête IPDoc montre que les docteurs en sciences dites "dures" sont proportionnellement les plus nombreux à travailler dans la R&D privée (27,1 %), par comparaison à leurs collègues des sciences du vivant (12 %), des humanités (3,5 %) et des sciences sociales (4,4 %).

SCIENCES SOCIALES : LE PRIVÉ OFFRE DE MEILLEURES CONDITIONS D’EMPLOI

L’enquête IPDoc montre par ailleurs que "travailler dans le secteur privé offre de meilleures conditions d’emploi en sciences de la société". Pour résumer : plus les taux d’insertion dans le secteur privé sont élevés, meilleures sont les conditions d’emploi pour les docteurs de ces disciplines. C’est ainsi que les docteurs en sciences juridiques et politiques (un sur trois travaille dans le privé) et en sciences économiques et de gestion (22 %) sont proportionnellement plus nombreux à occuper un emploi permanent et à avoir le statut de cadre.

À l’inverse, les sociologues et démographes, qui sont peu nombreux à travailler dans le privé (moins de 15 %), "ont vu leur employabilité ainsi que leurs conditions d’emploi se dégrader entre deux promotions de diplômés" : trois ans après la thèse, "85 % sont en emploi (contre 92 % pour les diplômés 2012), 59 % occupent un emploi stable (contre 64 %)" et "seuls 59 % ont un emploi de cadre".

SCIENCE DU VIVANT : LA DIFFICULTÉ RESTE L’ACCÈS À L’EMPLOI STABLE

Dans les humanités, plus de 8 docteurs sur 10 travaillent dans le secteur public, "répartis équitablement" entre le secteur académique et le secteur public non académique. "La recherche privée reste un débouché extrêmement marginal pour les docteurs de ces disciplines, puisque seuls 4 % d’entre eux y sont employés." Par ailleurs, leur salaire net médian (2 260 euros par mois) est "plus faible" que celui de l’ensemble des docteurs (2 375 euros). Pour autant, là aussi, des nuances disciplinaires sont observées entre disciplines, avec des linguistes et littéraires qui connaissent de "meilleures conditions d’emploi" que leurs collègues de la philosophie et des arts.

Les docteurs en sciences du vivant, quant à eux, "peinent toujours à trouver un emploi permanent". "Ces docteurs ont des difficultés à trouver un emploi stable, observe l’enquête : seul un docteur sur trois occupait un emploi permanent un an après l’obtention [du] diplôme, et encore à peine un sur deux, trois ans après."

40 % DES DOCTEURS ÉTRANGERS RETOURNENT DANS LEUR PAYS

L’enquête note par ailleurs que "les conditions d’emploi des femmes s’améliorent" tout en restant "toujours défavorables". Enfin, les docteurs de nationalité étrangère (42 % des docteurs de 2014) "sont 90 % à occuper un emploi trois ans après l’obtention de leur doctorat, soit un taux équivalent à celui des docteurs français (91 %)". Il est à noter que parmi eux, près de 4 sur 10 sont retournés dans leur pays d’origine, cette proportion atteignant "près d’un sur deux" chez les docteurs en provenance d’Amérique.

(1) L’enquête biennale IPDoc est conduite par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, en coopération avec la CPU et la Cdefi. Celle-ci a porté sur une population de 13 055 docteurs sur 14 400 diplômés en 2014, parmi lesquels 54 % (7 055) ont répondu.

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René-Luc Bénichou, journaliste