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Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°607978

Sexisme au travail : les premiers outils des entreprises pour passer des intentions aux actions (journée Medef)

"Nous n'avons jamais été aussi loin dans la reconnaissance du sexisme en entreprise, il reste à nous donner les armes pour le combattre", observe Brigitte Grésy, secrétaire générale du CSEP, à l'occasion d'une journée organisée par le Medef sur le sexisme au travail, le 13 juin 2019. Pour construire ces outils et partager les bonnes pratiques, trente entreprises ont signé en décembre 2018 un acte d’engagement commun. Plusieurs d’entre elles, qui ont commencé à passer des bonnes intentions aux actions, sont venues présenter leurs expériences en la matière. 

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Le Medef a organisé le 13 juin 2019 une table ronde sur les bonnes pratiques des entreprises pour lutter contre le sexisme au travail, animée par Jean-Michel Monnot, créateur de All Inclusive! © Twitter

Le 4 décembre 2018, à l’initiative de d’AccorHotels, EY et L’Oréal France, trente entreprises et organisations ont signé un acte d’engagement commun pour lutter contre le sexisme dit ordinaire au travail. Baptisé #StOpE, il a pour objectif de "partager et promouvoir les bonnes pratiques de lutte contre le sexisme et de créer un collectif d’entreprises et de dirigeants engagés sur cette question". Les patrons signataires de cette initiative "sans cadre légal et totalement open source" s’engagent à faire reculer le sexisme ordinaire et déployer au cours de l’année au moins une des huit actions définies dans l’acte d’engagement (lire sur AEF info).

Un acte d’engagement de trente entreprises

"Nous avons choisi d’appeler cela un acte d’engagement et pas une charte, car nous ne voulions pas seulement que les entreprises signent mais bien qu’elles s’engagent pour faire avancer le sujet et définir des bonnes pratiques, applicables à tous les secteurs et toutes les entreprises", décrit Morgane Reckel, responsable diversité et inclusion chez EY, à l’occasion d’une journée organisée par le Medef sur le sujet, le 13 juin 2019. Pour faire vivre cet acte d’engagement, des groupes de travail, ne rassemblant pas que des DRH, ont été montés, pour identifier des actions à mettre en place", ajoute Anne-Laure Thomas Briand, directrice diversité et inclusion France chez L’Oréal.

"Nous voulions que l’engagement soit porté au plus haut niveau de l’entreprise. Nous nous réunirons à nouveau en décembre de cette année avec les entreprises signataires et de nouvelles qui voudraient nous rejoindre", précise Anne-Sophie Beraud, VP diversity & inclusion d’AccorHotels. Une réflexion est cours sur la mesure du succès de ces actions. "Nous devons nommer des référents sexisme qui nous feront remonter des résultats. Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’opportunité de mettre en place des baromètres dédiés à cette question ou à inclure une question sur le sexisme dans nos baromètres internes", ajoute-t-elle.

Tolérance zéro

Ces entreprises qui sont impliquées depuis longtemps sur le sujet de l’inclusion et de la mixité ont commencé à passer à l’acte. Morgane Reckel (EY) souligne que le premier point est de faire en sorte "que les uns et les autres sachent de quoi on parle. L’enjeu est donc de trouver les leviers pour l’expliquer et faire prendre conscience. Il faut expliquer ce que le sexisme provoque à titre individuel (souffrance, évitement) et pour l’entreprise. Cela nuit aux résultats de l’entreprise car cela nuit à la coopération".

Le cabinet a commencé il y a six mois à diffuser, sur tous les écrans de l’entreprise, des phrases sexistes, pour interpeller les salariés. Pour aller plus loin, EY est désormais en train de mettre en place une sensibilisation à l’aide de dessins caricaturaux. Ensuite, la direction explique les règles et les processus internes sur ces sujets. "Pour les agissements graves (harcèlement, agression), nous affichons une tolérance zéro", complète Morgane Reckel.

Provoquer des échanges

Chez L’Oréal, il a été décidé de placer dans le hall d’accueil, l’acte d’engagement qui avait été signé par trente entreprises dans les locaux, pour que les salariés, comme les visiteurs, le voient. "Beaucoup de salariés ont envoyé des mails nous disant 'merci' ou 'enfin', raconte Anne-Laure Thomas Briand. Puis l’acte d’engagement a circulé dans nos locaux et nos entreprises pour que personne ne puisse dire qu’elle n’était pas au courant."

L’Oréal s’est également inspiré d’EY pour afficher sur les écrans de ses usines et en central des phrases sexistes. "L’idée était de provoquer des échanges face aux réactions", explique la directrice diversité et inclusion France, qui a décidé de faire signer l’acte d’engagement aux collaborateurs eux-mêmes. Enfin, l’entreprise prévoit, pour les nouveaux arrivants, une journée de formation aux diversités et à la non-discrimination et au sexisme, qui constitue un premier pas vers des formations plus importantes.

Impliquer les hommes

L’entreprise IBM participait également à la table ronde du Medef. "Nous sommes engagés sur les huit axes de l’acte d’engagement. Nous avons commencé par réaffirmer, au niveau mondial, la tolérance zéro, à l’aide d’un mail, traduit dans toutes les langues qui s’intitule 'qu’est-ce qu’on fait si quelqu’un franchit la ligne'", raconte Jean-Louis Carvès, diversity engagement partner.

"Nous cherchons à aller plus loin sur le travail de publication du nombre de cas remontés et le traitement qui en a été fait et nous allons en parler pour prouver que nous ne sommes pas que dans la communication", ajoute-t-il. À la suite de la signature de l’acte d’engagement, un réseau d’hommes a été créé pour impliquer les hommes dans la lutte contre le sexisme ordinaire, ajoute-t-il.

Exporter le sujet à l’international

Anne-Sophie Beraud, VP diversity & inclusion d’AccorHotels, indique avoir profité de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars dernier pour parler de cette thématique dans les 100 pays dans lesquels son groupe est implanté. La campagne, baptisée "Stop sexism and stereotypes", consistait en un concours de photographies et de vidéos lancé auprès de tous les salariés. Enfin, une semaine de la diversité et de l’inclusion autour du sujet du sexisme a été organisée récemment, et l’idée développée par L’Oréal de faire signer l’acte d’engagement aux collaborateurs a été reprise.

Le groupe travaille désormais à la rédaction d’un guide qui sera diffusé d’abord en France et s’accompagnera d’une sensibilisation dans les sièges et les hôtels. "Nous voulons aussi voir comment on va exporter ces thématiques à l’international, avec quelques adaptations même si sur le fond tout le monde est concerné," ajoute-t-elle.

Le rôle pivot des réseaux internes

 

Toutes les entreprises présentes mettent en avant l’importance des réseaux internes dédiés à la mixité. Chez EY, le réseau interne compte de plus en plus de collaborateurs et permet "de faire remonter les situations, les signaux et est utile pour diffuser l’information et le savoir". Le réseau mixité d’IBM, qui fête ses 20 ans cette année, est consulté quand des sujets émergent et est associé aux stratégies et aux tactiques mises en place. Le réseau Riise d’AccorHotels, qui compte 50 % d’hommes, est associé à toutes les initiatives de la direction de la diversité et de l’inclusion.

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"Donner une définition précise et concrète au sexisme au travail et au sexisme ordinaire, dévoiler le sexisme en menant par exemple tous les deux ans un sondage national sur le ressenti du sexisme en entreprise, ou encore codifier la disposition de la loi du 27 mai 2008 relative à l’agissement en raison de sexe." Telles sont quelques-unes des recommandations formulées par le Conseil supérieur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, dans un rapport sur le "sexisme dans le monde du travail", remis par Brigitte Grésy, sa secrétaire générale, à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, et à la secrétaire d’État en charge des Droits des femmes, Pascale Boistard, vendredi 6 mars 2015.

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