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En 2018, le groupe Apicil est déficitaire en santé et prévoyance, en raison de l'"explosion" des arrêts de travail

Alors que le chiffre d’affaires en assurance de personnes progresse légèrement pour le GPS Apicil, l’activité santé-prévoyance connaît une baisse à la fois du chiffre d’affaires et du résultat technique. Et ce, en raison d’un "volume de résiliations plus important que l’exercice précédent", explique Philippe Barret, DG, lundi 20 mai 2019, devant la presse lyonnaise. Le résultat technique est influencé par une "explosion" des arrêts de travail. Le ratio de solvabilité d’Apicil a aussi connu une dégradation, et passe de 233 % à 197 %.

Pour le GPS Apicil, l’activité santé-prévoyance a connu une détérioration en 2018. Le chiffre d’affaires baisse de 1,5 % par rapport à 2017, se situant à 1,3 Md€ : "après la très forte croissance de 2017, de l’ordre de 10 %, cette légère baisse du chiffre d’affaires est liée à un volume de résiliations plus important que l’exercice précédent" sur le marché collectif, explique Philippe Barret, DG. Le groupe a vécu "beaucoup de remises en cause" et fait preuve d’une attitude "plus stricte" vis-à-vis de ses équilibres financiers.

Le chiffre d’affaires de l’activité santé passe de 1,016 Md€ en 2017 à 1,038 Md€ en 2018. En prévoyance, le chiffre d’affaires est stable, et s’élève à 325 M€. Et ce, alors que le groupe souhaitait en 2018, "booster" ce secteur (lire sur AEF info). "On a un an de retard", reconnaît Philippe Barret. L’assurance emprunteur que le groupe lyonnais comptait lancer en 2018 a été finalement lancée début 2019.

déficit de 37,3 M€

Le résultat technique pour la santé-prévoyance est négatif, de 37,3 M€, en raison d’un déficit de 88 M€ enregistré sur les arrêts de travail et l’invalidité. "Il y a de plus en plus de personnes qui sont en arrêt de travail, de plus en plus jeunes, de plus en plus de cadres, et pour des maladies non objectives comme des burn-out", explique Thomas Perrin, DGA en charge de la santé-prévoyance. "C’est un phénomène de marché, qui s’est accéléré en 2018." Apicil a donc procédé, au deuxième semestre 2018, à des renégociations de contrats pour absorber cette "explosion".

Globalement, le chiffre d’affaires pour l’assurance de personnes s’est élevé à 2,4 Md€, en légère hausse par rapport à 2017 (+1,6 %). Le résultat net combiné est de 37,8 M€.

Quid d’Adéïs ?

 

"Adéis est dissous depuis le 31 mars", affirme Philippe Barret. "Chaque membre a repris sa destinée sur les branches, alors que les liens de réassurance perdurent jusqu’au prochain appel d’offres." Depuis la dissolution d’Adéis, Apicil a confié à Jérôme Bonizec, ancien DG du groupement paritaire, une direction dédiée aux branches professionnelles (lire sur AEF info). Si ce segment reste un "axe de développement" pour le GPS, celui-ci souhaite être davantage "sélectif en termes de capacités de remplissage et de critères".

Le ratio de solvabilité du groupe s’est dégradé en 2018 de 15 %, pour se situer désormais à 197 %. "Les fonds propres augmentent", précise Philippe Barret. Le ratio de solvabilité ne baisse pas en raison d'"éléments liés à l’activité, mais plutôt à cause d’hypothèses économiques qui servent au calcul du ratio", c’est-à-dire "la baisse des marchés financiers, et les évolutions des taux".

Interrogé sur cette diminution par rapport au marché, Philippe Barret répond que "la plupart des ratios sont à la baisse entre 2018 et 2017", et que la médiane de 210 % du marché "est impactée à la hausse par deux facteurs : d’une part, la tendance des grands assureurs, qui optimisent le ratio grâce à des modèles internes [qui sont plus près de l’activité réelle], alors que nous, on est sur un modèle standard ; et d’autre part, par les mutuelles, qui sont sur des activités santé peu consommatrices de fonds propres" notamment.

Le départ de Miel mutuelle

Parmi les événements marquants de 2018, on peut citer le départ de Miel mutuelle du groupe (lire sur AEF info). Le groupe Casino, dont Miel est la mutuelle historique, "a décidé de procéder à un appel d’offres de sa protection sociale en juillet dernier", lequel "a débouché sur un changement d’assureur santé", au profit de Malakoff Médéric, rappelle Apicil dans le rapport financier d’Apicil Mutuelle. "À la suite de cette décision, Malakoff Médéric a proposé à Miel de quitter le groupe Apicil" pour le rejoindre. Une AG du 19 décembre 2018 a entériné cette décision.

Apicil devrait donc perdre 40 M€ au titre du contrat santé du groupe Casino : cette perte se reflétera dans les résultats 2019, et "sera absorbée, notamment par la recommandation dans la branche des travaux temporaires en prévoyance", assure Thomas Perrin. Miel mutuelle pèse en outre pour 60 M€ : puisque la mutuelle quittera sur le plan opérationnel le groupe fin 2019, cette perte ne sera visible que sur les résultats pour 2020.

La résiliation infra-annuelle, "une idée nuisible"

Interrogé sur la possibilité de résiliation infra-annuelle des complémentaires, qui fait l’objet d’une proposition de loi (lire sur AEF info), Philippe Barret estime que "c’est une idée nuisible". "Cela n’atteint pas l’objectif de rendre les contrats moins chers, car ceux qui vont changer, sont ceux qui vont consommer. Cela entraînera, comme conséquence, une hausse de la sinistralité et une hausse des prix." Toutefois, ces conséquences "seront plus pratiquement tangibles pour le marché individuel, moins pour le marché collectif", lequel représente environ 65-70 % du chiffre d’affaires en santé et prévoyance d’Apicil. Le groupe estime que la résiliation sera improbable au sein des entreprises comptant 30-50 salariés et plus, parce qu’elle risque de générer beaucoup de travail.

Quant à la réforme du "100 % santé", le groupe s’y prépare déjà : une "gamme de transition" est en cours de commercialisation, tandis que la gamme définitive sera commercialisée "dès la rentrée", indique Thomas Perrin. Sur cette réforme, le principal sujet pour Apicil est "l’accompagnement du client. Cela nécessite d’accompagner tous les portefeuilles".

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Sophie Esposito, journaliste