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"Il faut soutenir l’innovation dans toutes nos structures" (Olivier Dussopt, colloque AEF info)

"L’innovation est au cœur de la fonction publique. Nos administrations ont toujours montré leur capacité d’innovation et leur capacité à s’adapter aux contraintes budgétaires. Il faut soutenir l’innovation dans toutes nos structures", déclare Olivier Dussopt, secrétaire d'État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publiques. Il intervenait ce 9 avril 2019 en ouverture du colloque sur l’innovation RH organisé par AEF info en partenariat avec la DGAFP. "L’administration n’est rien sans les agents publics, dont 90 % d’entre eux sont en contact avec le public", insiste-t-il.

Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics, le 9 avril Bercy - Célia Bonnin

C’est à un rapide retour en arrière que s’est livré le secrétaire d'État Olivier Dussopt pour vanter les mérites de sa réforme de la fonction publique, lors de la matinée sur "l’innovation RH au service de la transformation publique", organisée par AEF info le 9 avril au ministère de l'Économie et des Finances (1). "En 1976, François Bloch-Lainé affirmait que la France avait besoin de fonctionnaires imprégnés de la notion de permanence, prêts aux transitions, en toute éventualité. Je pense aussi que la France a besoin de fonctionnaires capables de s’adapter et de changer", assure ainsi Olivier Dussopt.

"Il faut soutenir l’innovation dans toutes nos structures", estime-t-il, citant le printemps de l’innovation RH, la bibliothèque des initiatives RH ainsi que le fonds pour l’innovation RH dédié au versant État qui a permis d’aider à modéliser 129 projets (lire sur AEF info). Mais surtout, "le projet de loi [de transformation de la fonction publique] s’inscrit dans ce cadre. Il va donner davantage de souplesse aux agents, en rendant par exemple le dialogue social plus qualitatif. Le développement de la GPEC va permettre d’anticiper l’évolution des métiers et les besoins des services", projette son promoteur.

renouveler les viviers et accroître la déconcentration

La souplesse apportée par ce texte se retrouve dans les nouvelles possibilités de recruter des contractuels et dans la mobilité accrue "entre ministères et entre versants de la fonction publique", rappelle Olivier Dussopt. "Le renouvellement des viviers d’encadrants est un des leviers pour mettre en œuvre la transformation publique", abonde Thierry Le Goff, le DGAFP, qui intervenait en clôture du colloque en duo avec le délégué interministériel à la transformation publique, Thomas Cazenave. "Cela passe par une politique d’égalité professionnelle – c’est un facteur d’innovation en soi" et par "le maintien de nos politiques de diversité".

Plus largement, "le cadre général de la gestion des ressources humaines doit évoluer pour le mettre en adéquation avec les messages que nous portons. Mais cela va prendre plus de temps que le projet de loi", prévient le directeur général de l’administration et de la fonction publique.

En matière de déconcentration, que le projet de loi prévoit de faciliter pour octroyer plus de souplesse aux administrations, la situation reste cependant "très contrastée" selon les ministères. "La réforme va nous permettre d’aller plus loin en levant certains obstacles. Nous créons les conditions juridiques d’un profond changement pour être plus efficaces".

un changement de modèle nécessaire

Plus radical, Thomas Cazenave, appelle quant à lui à un "changement de modèle", qui passe notamment par une déconcentration des décisions au plus près du terrain et une réduction du nombre de strates hiérarchiques. "Seuls 32 % des cadres estiment que les décisions sont prises au plus près des territoires", déplore-t-il. "Il est indispensable de changer à la fois nos modes de fonctionnement internes et nos pratiques" pour être cohérents avec les transformations externes en matière d’action publique (des résultats plus rapides, des services publics plus proches). "Ces attentes se heurtent à un modèle organisationnel trop centralisé, trop normé et parfois trop bureaucratique".

Le délégué interministériel à la transformation publique cite la loi Essoc du 10 août 2018 qui modifie la relation administration-usagers en instaurant un droit à l’erreur pour ces derniers (lire sur AEF info). "Ce principe doit s’imposer également pour les agents publics. On ne peut plus se contenter de mettre en place des revues de décisions individuelles tous les cinq ans", indique-t-il.

comment évaluer l’innovation ?

Enfin, interrogé sur la place à accorder à l’évaluation dans les processus d’innovation, le DGAFP estime que les capacités créatives et de pilotage des agents devront demain faire partie du déroulement de carrière. "Actuellement, nous en sommes encore au stade de l’émergence et de la diffusion des initiatives innovantes", prévient-il toutefois.

Pour le DITP, plusieurs indicateurs peuvent déjà être utilisés pour mesurer l’efficacité des démarches : le bien-être au travail des agents et leur motivation ou encore l’attractivité des métiers, ces données pouvant "être suivies via un baromètre social".

(1) En partenariat avec la DGAFP et la Casden Banque populaire.

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Florianne Finet, journaliste