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Cadre individuel et collectif et évolution rapide, deux clés pour attirer et fidéliser les millenials (débat Jobteaser)

Quête de sens, recherche d’un emploi qui leur permettrait d’exploiter au maximum leurs compétences, les millenials et leurs ambitions professionnelles restent une source d’interrogations pour les entreprises. Comment les recruter, les fidéliser, les choyer afin qu’ils restent dans l’entreprise et s’épanouissent ? Cinq entreprises tentent de répondre à cette question à l’occasion de la conférence "Empowering the New Gen", organisée par Jobteaser le 2 avril 2019.

Marjolaine Grondin est la cofondatrice de Jam, une start-up proposant un service qui répond aux questions des étudiants en utilisant l’intelligence artificielle. Pour elle, les nouvelles générations oscillent entre deux ambitions : celle d’un travail collectif, d’un cadre, et la volonté d’être reconnu comme un individu à part entière, en autonomie.

Pour satisfaire les "millenials", il est donc essentiel selon elle de poser un cadre de valeurs. "Lorsque j’ai monté ma start-up, j’ai voulu croire que chacun des collaborateurs qui nous rejoignait devait être comme un mini-CEO à son échelle, totalement autonome dans son travail. Au bout d’un an, je me suis dit que cette vision n’était pas adaptée et qu’au final, nous n’étions pas juste un ensemble de freelances, mais un collectif, où chacun est un individu, avec ses propres attentes et un besoin d’autonomie, mais qui a besoin d’un cadre, d’un sens commun, et de valeurs partagées", indique-t-elle, à l’occasion de la conférence "Empowering the New Gen", organisée par Jobteaser le 2 avril 2019 autour des attentes des millenials.

S'appuyer sur les valeurs d'entreprise

Encore et toujours une question pour les entreprises, la nouvelle génération impose de nouvelles règles en termes de recrutement, d’intégration et de pratiques RH pour réenchanter le travail. À la Société Générale, grand groupe de plusieurs milliers de collaborateurs, "c’est tout d’abord au travers de nos valeurs que nous souhaitons attirer les jeunes talents", témoigne Valérie Goutard, responsable des équipes recrutement, Campus management et innovation RH au sein de la banque.

"Après le scandale de l’affaire Kerviel, durant lequel nous avons vécu un traumatisme, nous avons voulu remettre du sens et se projeter dans l’avenir. 1 000 jeunes sont intégrés à l’entreprise par an en France hors filiales. Pour attirer ces nouveaux talents, nous avons redessiné notre ambition d’innovation, en mettant en place des programmes d’intrapreunariat afin de faire vivre les idées des collaborateurs", ajoute-t-elle.

En arrivant chez 360 Learning, Laura Lesueur, aujourd’hui director of learning de l’entreprise, a d’abord pensé qu’elle ne resterait pas longtemps dans l’entreprise. "Je suis entrée dans une entreprise où il n’y avait pas de réunions, ni de mails envoyés en interne. Je n’étais pas habituée. Finalement, j’ai appris ce que le collectif pouvait m’offrir. Dans une société où l’on a tendance à beaucoup zapper, à aller vite, la question du timing, le fait de prendre son temps a donc également son importance chez les jeunes générations", souligne-t-elle.

TÉLÉTRAVAIL, COWORKING, AUTONOMIE

Et les nouvelles façons de travailler dans tout ça ? Si chez Mazars, les collaborateurs peuvent profiter du télétravail sans en abuser, à savoir deux jours par semaine, "les jeunes générations reviennent aux fondamentaux", observe Mathilde Le Coz, directrice des Talents et de la Transformation RH. "Ils ont une appétence pour le travail à distance, car au bureau, il est parfois difficile de se concentrer, mais à la maison, ils se sentent souvent seuls. Du coup, ils aiment également profiter du coworking, où ils arrivent à mieux se concentrer vu qu’ils ne connaissent personne, mais sont dans un environnement animé. Et au bureau, ils retrouvent le collectif."

À la Société Générale, l’option choisie en matière de télétravail est également un cadre de deux journées hebdomadaires. Toutefois, un délai d’ancienneté d’environ six mois doit d’abord être respecté, le manager gardant de plus la possibilité d’octroyer ou non l’accès au télétravail par la suite et d’en moduler l’utilisation. "Il s’agit d’une attente de la jeune génération, et cela marche plutôt bien. En tout cas, les managers ne ressentent pas de baisse d’efficacité opérationnelle", constate Valérie Goutard.

Chez Jam, la flexibilité illimitée du temps de travail a été mise en place dès le départ, mais un revirement a vite été opéré, la CEO ayant constaté une dispersion des équipes et un manque de cohésion. "Nous avons donc tout changé en posant un cadre. Tous les deux mois, nous sommes tous en télétravail durant une semaine. Chacun va où bon lui semble dans le monde durant cette période. Le reste du temps, on est tous au même endroit. Si l’on a un dossier important à gérer, on peut aller travailler de chez soi. Mais ce n’est pas la norme", explique Marjolaine Grondin.

DONNER DES PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION RAPIDE

Chez Décathlon, souvent en tête des classements des entreprises où il fait bon travailler, "on offre aux jeunes diplômés, mais également à ceux qui ne le sont pas, la possibilité d’évoluer et de manager des équipes", explique Kamel Medjabra, responsable de la communication humaine, un poste équivalent à la communication externe RH du groupe. "Notre premier critère de sélection des candidats est la passion du sport. Si nous sommes connus pour nos magasins, les candidats connaissent beaucoup moins nos huit filières et 350 métiers."

En quatre ans, Kamel Medjabra a déjà occupé plusieurs postes dans deux pays. "Lorsque j’ai intégré Décathlon après mes études de commerce, j’ai commencé comme vendeur au sein d’un magasin de Londres. Je suis ensuite devenu chef de magasin à Paris. Aujourd’hui, j’occupe un poste à la communication RH. Pour ce dernier poste, on n’est pas venu me chercher pour mes compétences en communication, ni en RH, puisque je n’en avais aucune. Chez Décathlon, la barre verticale du T représente notre cœur de métier. La barre horizontale représente quant à elle les possibilités de parcours transverses", poursuit Kamel Medjabra.

Grâce à la Décathlon Academy, il a pu monter en compétences et intégrer le service de communication. Aujourd’hui, il a un nouveau projet. "Décathlon va ouvrir un magasin à Alger. D’origine algérienne, lorsque ce projet a émergé, j’ai levé la main pour y participer. Dans quelques jours, je pars aider les équipes sur place pour mettre en œuvre ce projet", se réjouit-il.

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Evelyne Orman, journaliste