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SFR signe trois accords relatifs au périmètre de l'UES SFR, au CSE et au dialogue social

Le 5 mars 2019, la direction de SFR a signé, avec quatre organisations syndicales (CFDT, Unsa, CGT et CFE-CGC) trois accords ouvrant la voie à des relations sociales renouvelées. Volonté des parties prenantes : sortir du triptyque "CE, DP, CHSCT", "gagner en agilité et en souplesse en évitant le dédoublonnage de certaines consultations", et "faire mieux avec moins", en misant sur des relations sociales plus qualitatives.

Campus de la société SFR-Altice, dans le 15e arrondissement de Paris © Altice

Parmi les accords signés entre la direction et les organisations syndicales chez SFR le 5 mars 2019, figure l’accord portant définition de l’UES SFR. Préalablement aux élections professionnelles qui auront lieu à partir du 11 juin prochain, l’entreprise a en effet voulu déterminer un nouveau périmètre pour l’UES. "Le dernier accord UES avait été signé en 1998, avec un découpage en cinq entités juridiques. Depuis le rachat de SFR par le groupe Altice fin 2013, le pôle Télécom a connu diverses évolutions. À l’approche des élections, les organisations syndicales nous ont donc demandé à revoir le périmètre. À l’issue de nos négociations, un nouvel accord a été conclu, lequel a permis d’intégrer 7 entités juridiques supplémentaires par rapport au périmètre existant actuellement, à savoir : les deux filiales réunionnaises et mahoraises, l’entité SFR business distribution, SFR Fibre, Completel et Numergy (BtoB), Ivory et SFR FTTH", indique à AEF info Mahan Fahradian, responsable de la stratégie sociale chez SFR.

SORTIR DU TRYPTIQUE "CE, DP, CHSCT"

"C’est sur la base de ce nouveau périmètre que nous avons négocié la mise en place du CSE", poursuit cette dernière. "Nous avons voulu sortir des schémas traditionnels en sortant de la logique du triptyque 'CE, DP, CHSCT'. Nous souhaitions mettre en place, sur la base d’un constat partagé avec les organisations syndicales, un dialogue social qui se veut plus efficace et pragmatique, et qui donne les moyens nécessaires pour poursuivre un dialogue social de qualité. Pour cela, nous avons organisé un séminaire en partenariat avec un organisme, afin d’interviewer les organisations syndicales, les managers, les membres du Comex, afin de mieux comprendre, de part et d’autre, ce qui marchait bien et ce qui marchait moins bien dans le cadre du dialogue social. Lors d’une journée, nous avons pu discuter de tous ces aspects avec les organisations syndicales", raconte-t-elle.

"Nous avons souhaité être transparents et nous dire les choses. Ce diagnostic partagé, cet audit de la situation, sur la base duquel nous avons engagé les négociations, nous le renouvellerons une fois les nouvelles instances mises en place, dans le cadre d’une démarche de progrès continu", souligne Florence Cauvet, DRH de SFR.

RENDRE LE DIALOGUE SOCIAL PLUS AGILE

L’un des points chronophages pour les équipes opérationnelles était lié à l’architecture sociale de l’entreprise, souligne Mahan Fahradian. "C’est notamment le fait qu’un même projet devait être présenté dans des CE différents. Cela impliquait donc beaucoup de coordination pour les équipes. Nous avons donc décidé de mettre en place un CSE par périmètre d’activité, ce qui avec la mise en place de l’UES a conduit à réduire le nombre de CE de 9 à 5, et à passer de 17 CHSCT à 4 CSSCT, entraînant de fait une réduction du nombre de mandats de près d’un tiers".

"En contrepartie, nous avons souhaité renforcer le nombre de représentants de proximité en local (181) sur nos différents sites géographiques et leur donner des prérogatives avec des moyens leur permettant d’exercer efficacement leurs missions. Ils verront ainsi leur rôle élargi par rapport aux fonctions des DP précédemment", décrit la directrice de la stratégie sociale.

FORMER LES ÉLUS ET LES MANAGERS

Quant à l’accord relatif au dialogue social, il y est question notamment de la gestion des carrières des membres des représentants du personnel. "Compte tenu de la diminution du nombre total de mandats, notre souci a aussi été le traitement de la gestion de carrière des représentants du personnel qui devront se repositionner dans un univers professionnel après les élections", explique Mahan Fahradian. "Nous avons donc conclu des dispositifs d’accompagnement, notamment de formation, VAE et bilan de compétences, ou des dispositifs d’aide à la création d’entreprise", souligne-t-elle.

Lorsqu’un élu décidera de ne pas se représenter ou perdra son mandat, un entretien poussé au retour de poste avec le management et la RH est prévu autour des questions de formations envisagées pour la reprise de poste, ou encore sur les moyens de valoriser l'expérience d’élu. Pour ceux qui prendront un mandat, une réunion sera prévue en début, en cours, et en fin de mandat avec le management et les RH. Dernier point important : former les nouveaux élus, mais également les RH et les managers au dialogue social. Pour cela, des sessions de formation seront organisées en "mixant" ces trois populations pour un échange constructif autour de ce que vivent les uns et les autres en instance.

DES SYNDICATS QUI RESTENT VIGILANTS POUR LA SUITE

"L’Unsa a été force de propositions sur l’ensemble des trois accords. Sur l’accord relatif à l’UES, nous aurions voulu intégrer la distribution, ce que la direction n’a pas souhaité, car selon elle, les personnels des boutiques ne relèvent pas de la même convention collective", explique à AEF info Abdelkader Choukrane, DSC Unsa. "Sur le CSE, "nous avons appliqué la loi, et avons obtenu 181 représentants de proximité afin de compenser la perte du tiers des mandats. Quant à l’accord sur le dialogue social, on peut toujours faire mieux, mais nous avons signé car nous étions portés par une bonne dynamique. Il faut aujourd’hui être vigilants sur la gestion de carrière des élus. Certains se sont énormément investis dans le cadre des nombreuses transformations que le groupe a vécues ces dernières années", souligne le syndicaliste.

De son côté, la CFDT est globalement satisfaite du contenu des trois accords. "L’un des éléments marquants est la mise en place de 181 représentants de proximité dotés de 30 heures de délégation par mois. Il est rare que les représentants de proximité disposent de tant d’heures. Leur nombre sera compris entre deux et vingt-cinq par site", indique Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT. Concernant l’accord sur le dialogue social, "il n’y aura pas de diminution des crédits d’heures. Toutefois, les suppléants ne pourront pas assister aux réunions, sauf en cas d’absence des titulaires, même s’ils peuvent assister aux réunions de préparation. De notre côté, nous aurions préféré disposer de moins de sièges, mais avec des suppléants actifs", regrette-t-il.

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Evelyne Orman, journaliste