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Maintien de l'ordre : les annonces d’Édouard Philippe en réaction à l'"acte XVIII" des "gilets jaunes"

Interdiction des manifestations dans les "quartiers les plus touchés", création d'unités de policiers "anticasseurs", remplacement du préfet de police... Telles sont les principales annonces du Premier ministre, lundi 18 mars 2019, au surlendemain des violences et dégradations commises à Paris lors de l'"acte XVIII" des "gilets jaunes". Édouard Philippe détaille plusieurs mesures en matière de maintien de l'ordre. Le chef du gouvernement évoque en outre une hausse du montant de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite.

Édouard Philippe lors de la présentation de la "nouvelle stratégie" de l'exécutif en matière de maintien de l'ordre, lundi 18 mars 2019 à l'hôtel de Matignon. © Matignon (capture d'écran)

"Nous allons renforcer notre doctrine de maintien de l'ordre", affirme Édouard Philippe à Matignon, lundi 18 mars 2019, lors de la présentation des évolutions promises par l'exécutif après les "dysfonctionnements" constatés durant l'"acte XVIII" des "gilets jaunes" (lire sur AEF info). "Nous mettrons en œuvre une stratégie renforcée de lutte contre les militants des mouvances ultras dès samedi prochain", déclare le Premier ministre.

"Unités anticasseurs"

"Nous procéderons [lors des prochaines manifestations] à la dispersion immédiate de tous les attroupements", détaille en premier lieu le Premier ministre. Ce dernier souhaite notamment "une plus grande autonomie des forces sur le terrain, qui doivent être, à Paris, placées sous un commandement unifié et doté d'une large capacité d'initiative".

Édouard Philippe annonce également la transformation des "détachements d’action rapide", composées d’unités issues notamment des compagnies de sécurisation et des brigades anticriminalité (lire sur AEF info), en "unités anticasseurs". Ces unités seront "dotées d’une capacité de dispersion et d’interpellation pouvant être engagée dès les premiers troubles", décrit le Premier ministre.

Le Premier ministre évoque par ailleurs l’utilisation de "moyens nouveaux" en maintien de l’ordre : "drones", "produits marquants", utilisation de la vidéo "à des fins de manœuvre et de judiciarisation". "Nous placerons davantage d’officiers de police judiciaire au plus près des unités de terrain et nous mobiliserons des moyens supplémentaires de transport pour regrouper les personnes interpellées", ajoute-t-il également.

"Le maintien de l'ordre a connu des dysfonctionnements", samedi 16 mars

 

"L’analyse en profondeur des événements de samedi dernier montre que la stratégie de maintien de l’ordre n’a pas été correctement exécutée et que la conduite des opérations a connu des dysfonctionnements dans certains quartiers", reconnaît Édouard Philippe au surlendemain des dégradations survenues dans le secteur des Champs-Élysées. "Les polémiques sur l’usage des lanceurs de balles de défense ont conduit à ce que des consignes inappropriées ont été passées pour réduire leur usage", déplore-t-il. "La mobilité et la réactivité des forces de l’ordre, leur orientation vers l’interception, très utiles en décembre, ont manqué dans la conduite des opérations."

Les personnes présentes dans le cortège n'étaient "pas des manifestants, mais des émeutiers, se regroupant sous forme de black blocs, dont l’unique intention était de piller, d’incendier, de détruire, de blesser", affirme le Premier ministre. "En incendiant, ils ont même pris le risque de tuer." Selon lui, 27 commerces ont été pillés et 124 dégradés à Paris lors de cette journée de mobilisation. "J’ai demandé au ministre de l'Économie et des Finances de renforcer le plan de soutien aux commerçants". En outre, Édouard Philippe souhaite que "l’agent judiciaire de l’État recherche systématiquement la responsabilité financière des fauteurs de troubles".

L'évolution de la doctrine de maintien de l’ordre se traduira également "par des mouvements à la tête de la Préfecture de police" : "Mercredi, en conseil des ministres le président de la République nommera préfet de police Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministre de l'Intérieur et préfet de la Nouvelle-Aquitaine." (lire sur AEF info) Le nouveau préfet de police de Paris, qui succédera à Michel Delpuech, nommé en 2017 (lire sur AEF info), se verra confier "une lettre de mission claire".

Interdiction des manifestations

"Nous interdirons les manifestations se revendiquant des 'gilets jaunes' dans les quartiers qui ont été les plus touchés, dès lors que nous aurons connaissance de la présence d’éléments ultras et de leur volonté de casser", poursuit le Premier ministre, qui cite les Champs-Élysées à Paris, la place Pey-Berland à Bordeaux et la place du Capitole à Toulouse. "Cela se fera en concertation avec les maires concernés." Édouard Philippe recevra mardi 19 mars 2019 la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, tandis que le ministre de l'Intérieur recevra le maire (LR) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

"Nous sommes déterminés à utiliser tous les moyens juridiques disponibles", indique également Édouard Philippe. La proposition de loi "anticasseurs", définitivement adoptée par le Parlement en mars 2019 (lire sur AEF info), "permettra de renforcer les contrôles aux abords des manifestations, de prononcer des interdictions de manifester à l’encontre des éléments les plus violents, de placer en garde à vue et de poursuivre les personnes qui dissimulent leurs visages", rappelle le Premier ministre. Ses dispositions seront "immédiatement mises en œuvre dès son entrée en vigueur". Le texte est actuellement soumis à l'examen du Conseil constitutionnel (lire sur AEF info).

Lutter contre la participation à une manifestation prohibée

Le Premier ministre a en outre "demandé à la garde des Sceaux d’augmenter très nettement le montant de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite". "Lorsqu’une manifestation est non déclarée, interdite, organisée pour casser, tous ceux qui participent, protègent de facto les casseurs, les encouragent ou les glorifient sur les réseaux sociaux se rendent complices", estime-t-il. "Ils devront prendre leur responsabilité. Les manifestants pacifiques doivent prendre leur distance avec ces casseurs."

"Un certain nombre de personnalités ont encouragé et légitimé les violences et continuent à le faire sans vergogne", dénonce également Édouard Philippe. "J’ai demandé au ministère de l'Intérieur de saisir systématiquement la justice à leur encontre, en utilisant les dispositions de l’article 40 du code de procédure pénale."


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Raphaël Marchal, journaliste