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Programmation de la recherche : Frédérique Vidal invite toute la communauté scientifique à "faire entendre sa voix"

Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, lance une consultation de toute la communauté scientifique sur le futur projet de loi de programmation de la recherche, lundi 18 mars 2019. Dans un courrier à l’ensemble du personnel de la recherche publique, elle explique que les groupes de travail "ne réfléchiront pas en vase clos" : "Chaque chercheur, chaque enseignant-chercheur, comme chacun des personnels ingénieurs, administratifs, techniques, sociaux et de santé et des bibliothèques doit pouvoir faire entendre sa voix […]", souligne-t-elle.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation © JBV News

"L’élaboration d’une loi de programmation de la recherche constitue une opportunité unique, attendue et réclamée depuis longtemps par la communauté scientifique", écrit Frédérique Vidal dans un courrier adressé le 18 mars 2019 à l’ensemble des personnels de la recherche publique. "Il est essentiel que chacun d’entre vous puisse s’en saisir pleinement, pour garantir et préparer l’avenir de notre recherche – et donc de notre pays", ajoute-t-elle. Cet appel à contributions s’accompagne le même jour de l’ouverture d’une plate-forme de consultation en ligne, sur le site Gouvernement & citoyens d’Etalab (voir encadré).

CONSULTATION PUBLIQUE ET NON RÉFLEXION EN VASE CLOS

Annoncée par le Premier ministre Édouard Philippe à l’occasion des 80 ans du CNRS, le 1er février dernier (lire sur AEF info), la mise en chantier d’un projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche s’est concrétisée avec l’installation de trois groupes de travail devant réfléchir chacun à une thématique : "recherche sur projet, financement compétitif et financement des laboratoires" ; "attractivité des emplois et des carrières scientifiques" ; "innovation et recherche partenariale" (lire sur AEF info). Leurs propositions sont attendues pour juillet prochain.

"Ces groupes de travail ne réfléchiront pas en vase clos", écrit Frédérique Vidal. "Ils ont vocation à se faire l’écho des aspirations, des besoins, des idées, des solutions, des alertes et de l’imagination de l’ensemble de la communauté scientifique française."

Le site de la consultation publique

 

Les personnels de la recherche publique sont invités à déposer leurs contributions jusqu'au 15 mai 2019 sur le site Gouvernement & citoyens.

Ce site s’inscrit dans la démarche d’Etalab, le service de la Dinsic (direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État) qui "coordonne la politique d’ouverture et de partage des données publiques" et contribue à la mise en œuvre des principes de "gouvernement ouvert".

L’OBJECTIF : DISPOSER DES MOYENS NÉCESSAIRES DANS LA DURÉE

Le projet de cette loi, rappelle la ministre dans son courrier, témoigne d’un "choix résolu en faveur de la science" et d’un "témoignage de confiance dans la recherche française et dans tous ceux qui, comme vous, ont choisi de la faire vivre en s’engageant dans les carrières scientifiques". La décision prise par le gouvernement d’engager une telle loi revient également, souligne-t-elle, à "reconnaître la spécificité de la vocation qui est la vôtre et les besoins particuliers qui sont ceux des enseignants-chercheurs, des enseignants et des chercheurs comme des personnels d’appui et de soutien à la recherche".

"L’objectif, écrit Frédérique Vidal, c’est de vous garantir ainsi que vous disposerez, dans la durée, des moyens nécessaires pour vous engager dans les voies nouvelles, dans les voies risquées que vous explorez. Car ce sont elles qui mènent aux plus grandes ruptures et aux plus belles innovations conceptuelles ou méthodologiques." La ministre indique aussi que, "face à une concurrence internationale de plus en plus vive, cette loi de programmation pluriannuelle vise également à donner à la recherche les moyens de ses ambitions en renouvelant la stratégie qui est la nôtre sous trois angles".

GARANTIR LE FINANCEMENT DES PROJETS ET REVOIR LES CARRIÈRES

Sur le premier "enjeu", celui du financement, Frédérique Vidal estime qu' "il est en effet temps que nous dépassions les oppositions entretenues depuis des années" : "L’essentiel n’est pas de choisir entre financements récurrents, financements compétitifs et programmes prioritaires", argue-t-elle. "L’essentiel est de garantir que chaque projet pourra être financé au bon niveau, quelle que soit sa coloration disciplinaire, qu’il relève de la démarche la plus fondamentale ou de la recherche la plus appliquée."

Au sujet du deuxième enjeu, "l’attractivité des carrières et des emplois scientifiques", la ministre indique : "Si nous voulons attirer ou garder de nouveaux talents venus de tous les horizons, il est essentiel de repenser l’entrée dans la carrière scientifique, en termes d’âge et de mode de recrutement, de niveau et de mode de rémunération. Mais il nous faut aussi mieux valoriser son déroulement, en veillant à reconnaître la diversité des missions que vous exercez et à permettre à chacun d’évoluer au fil de sa carrière."

VERS UNE VÉRITABLE CULTURE DE LA COOPÉRATION AVEC L’ENTREPRISE

Enfin, à propos du troisième enjeu que constitue "l’innovation", Frédérique Vidal estime que si "beaucoup a déjà été fait dans ce domaine", il reste possible et souhaitable d' "aller plus loin encore, en favorisant l’investissement privé dans la recherche privée et publique et en affirmant une véritable culture de la coopération avec le monde de l’entreprise". "Cela suppose, poursuit-elle, de faciliter les interactions dans le respect des attentes et des contraintes de chacun, de mobiliser nos dispositifs de transfert, qui doivent gagner en cohérence et en efficacité", sans oublier de "stimuler la recherche partenariale".

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René-Luc Bénichou, journaliste