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Pour les universités, les start-up sont devenues le symbole d’une contribution dynamique à l’innovation régionale (EUA)

"Pour les universités, les start-up sont devenues le symbole d’une contribution dynamique à l’innovation régionale et celui de l’avant-garde la plus récente, la plus attrayante et la moins prévisible de leur recherche axée sur l’impact", relève l’EUA qui publie, le 8 mars 2019, un rapport sur "le rôle des universités dans les écosystèmes régionaux d’innovation", avec des données de neuf régions européennes dont l’Île-de-France. Le rapport s’arrête notamment sur le projet Paris Parc porté par Sorbonne Université pour "créer un lieu qui alliera excellence académique et capacité d’accueil".

Le rôle des universités dans les écosystèmes régionaux d'innovation : Sorbonne université EUA

"Dans un contexte de demande croissante d’innovation, l’université se trouve dans une position centrale nouvelle et stimulante", analyse l’EUA dans un rapport publié le 8 mars 2019 sur "l’évolution de la dynamique entre les universités, les entreprises et les organismes gouvernementaux en matière d’innovation".

à Aalto, 100 start-up et spin-off créés chaque année

Le rapport s’intéresse notamment au rôle et à la place des universités dans la création de start-up et souligne, "dans toute l’Europe", "l’émergence de scènes de start-up dynamiques dans et autour des communautés universitaires dans les régions à forte intensité de connaissance". Très souvent, note l’étude, "les représentants de ces jeunes entreprises soulignent eux-mêmes l’importance de leurs écosystèmes régionaux d’innovation".

En la matière, "le niveau d’activité le plus élevé est observé à Aalto (Finlande), où environ 100 start-up et spin-off sont créés chaque année, ou à la TUM (université technique de Munich) avec environ 75 créations chaque année". "Sorbonne Université a également vu le développement rapide d’une scène de start-up dynamique, émergeant des universités et au-delà, qui, comme Aalto et Munich, a attiré des investisseurs internationaux de partout dans le monde", est-il précisé.

Les universités participant à l’étude

 

L’étude est dirigée par Sybille Reichert, membre de l’Austrian Science council, fondatrice d’une agence de conseil sur l’enseignement supérieur basée à Berlin en Allemagne et qui préside le scientific advisory board de l’université de Lyon. Elle porte sur neuf universités européennes et leur environnement régional :

  • Aalto University (Finlande) ;
  • Masaryk University (République tchèque) ;
  • Sorbonne Université (France) ;
  • TU/e – Eindhoven University of Technology (Pays-Bas) ;
  • Technical University of Munich (Allemagne) ;
  • University of Manchester (Royaume-Uni) ;
  • University of Minho (Portugal) ;
  • University of Warsaw (Pologne) ;
  • Universitat Politècnica de Catalunya (Espagne).

Paris Parc, 15 000 m2 dédiés aux spin-off de Sorbonne université

À ce titre, le rapport détaille le projet Paris Parc "dédié aux spin-off des laboratoires universitaires ainsi qu’aux spin-off et succursales d’entreprises innovantes", porté par Sorbonne Université et qui joue "un rôle clé dans son développement économique".

Le nouveau bâtiment de 15 000 m², qui sera construit de 2019 à 2021, entend en effet "offrir un espace de bureaux de 15 000 m², un incubateur, un accélérateur pour les start-up émergentes ainsi qu’un hôtel d’entreprises". Paris Parc "a été développé pour créer un lieu, au cœur de Paris et sur le campus universitaire, à proximité immédiate des laboratoires universitaires, qui alliera excellence académique et capacité d’accueil pour transformer les connaissances académiques en valeur économique".

Cette infrastructure "répond à une demande de plus en plus forte des entreprises innovantes d’accéder et de partager des infrastructures de recherche coûteuses et complexes, d’utiliser la forte concentration et la diversité du personnel qualifié sur les campus, d’accéder à des stagiaires prometteurs et à de jeunes diplômés de haut niveau et de s’engager dans l’innovation et des activités entrepreneuriales avec une forte concentration de partenaires dans un écosystème dynamique".

L’importance de la propriété intellectuelle "exagérée à tort"

De façon plus générale, les auteurs notent que, dans les structures étudiées, l’identification et la protection de la propriété intellectuelle "se sont considérablement développées, tant en termes de personnel employé qu’en termes de revenus générés".

Dans certaines universités visitées, les revenus provenant des activités de propriété intellectuelle/transfert de technologie "ont plus que triplé au cours des cinq dernières années : à Manchester, par exemple, ils atteignent 3,6 M€ en 2017, à l’Université du Minho, 4,1 M€ en 2017, ou à TU Munich, 1,8 M€ en 2017".

Néanmoins, ce transfert de technologie lié à la propriété intellectuelle "ne représente qu’une part relativement faible de la contribution globale de l’université à l’innovation et une petite partie des revenus des universités provenant des subventions de recherche industrielle". "Leur importance serait exagérée à tort par les décideurs politiques", soulignent les interlocuteurs de l’EUA.

Notre dossier sur les universités et la start-up nation

 

AEF info a publié récemment un dossier sur les universités et la start-up nation qui aborde les différents aspects évoqués par le rapport de l’EUA sous l’angle français :

défense de la PI par les universités : "démarche protectionniste" ?

Pour les personnes interrogées dans les entreprises ainsi que pour certains universitaires, "la défense de la PI par les universités renvoie à une démarche protectionniste, ignorant parfois les besoins du marché extérieur et la dynamique d’innovation commerciale."

Les dirigeants d’université, les chercheurs et les intervenants externes estiment généralement que "faciliter l’accès des entreprises à la recherche à fort potentiel d’innovation est une contribution plus importante de l’université à l’innovation régionale et nationale que le transfert de technologie au sens étroit du terme (commercialisation de la recherche universitaire par la PI)".

Certaines universités (Eindhoven et Aalto) "ont adopté cette conviction avec vigueur et ont explicitement donné la priorité à la facilitation du commerce sur le transfert de technologies liées à la PI". "Grâce à ce consensus, une bonne interface entre les chercheurs universitaires et les entreprises devient une préoccupation stratégique centrale pour les universités qui soulignent leur rôle de moteur de l’innovation."

processus de co-création avec des entreprises innovantes

Pour les universités, la recherche en collaboration et les ressources générées par la coopération université-entreprise dans le domaine de la recherche représentent une part importante et croissante de la recherche institutionnelle et de sa base de financement, relève l’EUA.

Avec l’intensité croissante de la recherche en collaboration, chercheurs et dirigeants universitaires signalent que "les attitudes et les attentes à l’égard de la collaboration université-entreprise ont beaucoup changé au cours de la dernière décennie".

Outre la collaboration en matière de recherche et la recherche sous contrat, dirigeants universitaires et chercheurs "mettent de plus en plus l’accent sur les processus de co-création avec des entreprises innovantes dans certains domaines de recherche, en particulier dans le cadre de laboratoires et de centres communs de recherche appliquée".

"recherche active de domaines d’intérêt mutuel"

Pour que la co-création émerge et pour que l’application de la recherche académique dans les processus d’innovation "fonctionnent sans heurts", "il faut établir des ponts entre les connaissances, les problèmes et les défis qui émergent du contexte commercial et ceux qui émergent des connaissances universitaires", souligne le rapport.

"C’est pourquoi l’université orientée vers l’innovation recherche activement des domaines d’intérêt mutuel, qui sont développés au niveau individuel et en petits groupes par le personnel académique et amplifiés au niveau institutionnel en soutenant des partenariats ou des échanges systématiques entre parties prenantes."

TecMinho, un modèle au Portugal et au-delà

 

TecMinho a été fondé dès 1990 comme une interface de commercialisation de l’Université du Minho. Depuis 2005, il comprend également le service dédié aux start-up de l’université. "C’est le bureau de transfert de technologie le plus grand et le plus dynamique du Portugal et un modèle pour de nombreuses universités au Portugal et à l’étranger", souligne l’EUA.

"Après une politique d’entreprenariat très volontariste de l’ancien président, TecMinho a atteint, dès 2009, son effectif actuel de 28 équivalents temps plein et un chiffre d’affaires de 4,1 M€ (2017)".

TecMinho "offre un service de commercialisation complet et une interface entre l’université et les entreprises dans un large éventail de programmes de soutien". TecMinho relève du vice-recteur à la recherche et travaille en étroite collaboration avec les directeurs de recherche pour les projets de recherche ainsi que pour les infrastructures et la vie sur le campus.

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Anne Roy, journaliste