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La Rochelle veut devenir le premier territoire urbain littoral zéro carbone en 2040

Frappé par la tempête Xynthia en 2010, le territoire rochelais souhaite se doter d’une stratégie environnementale globale, misant notamment sur les solutions et technologies innovantes ainsi que sur l’implication citoyenne. Pour faire de La Rochelle le premier territoire urbain littoral zéro carbone en 2040, un consortium public-privé remettra le 26 avril 2019 son dossier de candidature pour l’appel à projet "Territoires d’innovation" du Programme d’investissements d’avenir. Les lauréats seront connus à l’automne 2019.

La Rochelle investit deux millions d'euros par an sur ses pistes cyclables.

La Rochelle se met en ordre de bataille pour devenir le premier territoire urbain littoral français à afficher en 2040 un bilan "zéro carbone". Sélectionné en janvier 2018 par le Secrétariat général à l’investissement dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt "Territoires d’innovation de grande ambition" (Tiga), le territoire s’était vu allouer 400 000 € de subventions par la Banque des territoires pour développer son projet, ce dernier étant piloté par un consortium associant la Communauté d’agglomération et la ville de La Rochelle, l’Université, Port Atlantique La Rochelle et Atlantech.

Passant à l’étape suivante, il déposera le 26 avril sa candidature dans le cadre de l’appel à projet national "Territoires d’innovation" du Programme d’investissements d’avenir.

"Ménagement" du territoire

"Notre agglomération est engagée depuis longtemps sur les questions environnementales, sous l’impulsion notamment de Michel Crépeau [maire de 1971 à 1999]", retrace Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle et président de la communauté d’agglomération. "Nous avons par ailleurs été touchés par la tempête Xynthia en 2010 qui a submergé trois parties de notre ville : ce projet est aussi une façon de donner du sens à l’ensemble de notre démarche et de la globaliser pour éviter que La Rochelle soit de nouveau submergée", poursuit-il.

Il s’agit, selon les porteurs du projet, d’une démarche de "ménagement" du territoire. Comprendre, selon Jean-François Fountaine, une approche "plus fine, sans brutalité", à l’exact opposé des pratiques des années 1970, une époque à laquelle "on n’hésitait pas à combler un marais pour y construire un quartier, quand aujourd’hui on aura tendance à remettre en valeur ces espaces naturels".

Agrégateur carbone

Concrètement, le consortium d’acteurs publics et privés mise sur plusieurs leviers que sont la préservation du littoral et des aires marines, l’efficience énergétique du bâtiment, l’autoconsommation d’énergies renouvelables, la mobilité durable, l’écologie industrielle et l’économie circulaire. Avec un fil rouge : trouver "des solutions innovantes pour changer les usages, en alliant sobriété et développement économique et social", comme l’expliquent les porteurs du projet dans un communiqué le 28 février.

Dans cet esprit, le consortium rochelais a notamment travaillé sur la conception d’un agrégateur carbone dont l’objet est de calculer en temps réel les émissions de carbone de tout type et l’impact de la mobilisation des habitants sur la question des enjeux environnementaux. Leur programme vise aussi à inciter le financement de projets environnementaux grâce à la vente de crédits carbone. D’autres éléments de précision concernant le projet seront communiqués dans les semaines à venir.

Implication citoyenne

"Dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt Tiga, trois critères ont intéressé le jury : l’approche globale, la dimension réplicable pour les autres territoires littoraux et l’implication citoyenne", souligne Jean-François Fountaine. Ce dernier point est particulièrement mis en avant dans le dossier final qui sera remis le mois prochain. "Nous voulons que les habitants s’approprient la démarche ce qui suppose que celle-ci soit par exemple co-portée par les conseils citoyens dans les quartiers", estime le maire.

Une grande exposition, "La Rochelle climat océan", se tiendra également de novembre 2019 à novembre 2021 au Musée Maritime afin de mobiliser les consciences face aux enjeux climatiques. "Les Rochelais sont d’ores et déjà sensibilisés parce qu’ils ont vécu les conséquences du dérèglement climatique ici même, nous voulons approfondir cette sensibilisation", ajoute-t-il. L’événement se veut innovant, interactif et à visée internationale.

10 à 20 projets lauréats

À l’issue de l’appel à projets "Territoires d’innovation", prévue pour cet automne, 10 à 20 projets seront accompagnés sur une période de 10 ans, bénéficiant d’un budget total de 450 M€ géré par la Banque des territoires pour le compte de l’État. "Que nous soyons retenus ou pas, nous allons mettre en place cette démarche mais il est certain que pour investir, avoir des financements complémentaires est un accélérateur", considère Jean-François Fountaine.

Afin d’être sélectionnés, les candidats devront "proposer de nouveaux modèles répondant aux objectifs de transformation soutenus par le Grand plan d’investissement annoncé par le Premier ministre, dans une logique de démonstrateurs à grande échelle et d’expérimentations de solutions et services innovants", rappelle le Secrétariat général à l’investissement.

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Souen Léger, journaliste