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"Menons des actions concrètes pour en finir avec la pauvreté !" (tribune de Claire Pitollat, députée LaREM)

Près de six mois après la remise du rapport sur "L’accompagnement des bénéficiaires du RSA" (1), la députée LaREM des Bouches-du-Rhône, Claire Pitollat appelle à mener "des actions concrètes pour en finir avec la pauvreté" dans une tribune publiée par AEF info. Dans ce texte, soutenu et cosigné par 17 députés de la majorité (2), elle pose les bases d’une nécessaire "approche pluridisciplinaire" qui passe par des actions dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi et des revenus. Du passage à un modèle scolaire "qui s’attache à ne laisser personne de côté" à la mise en place d’une "politique plus active en faveur de l’accès à un logement décent", elle liste des actions visant à faciliter l’autonomie et le retour à l’emploi des individus. Et plaide notamment pour une simplification de l’entrée dans le RSA de manière à améliorer l’accompagnement jusque dans l’entreprise.

Claire Pitollat, députée (LREM) de la 2ème circonscription des Bouches-du-Rhône Assemblée nationale

"Menons des actions concrètes pour en finir avec la pauvreté !

La lutte contre la pauvreté nécessite des actions concrètes dans les domaines de l’éducation, du logement, de l’emploi et des revenus. Les prestations sociales sont nécessaires mais elles ne sont pas suffisantes car elles n’abordent pas l’essentiel dont nous avons besoin : le lien humain. Il existe plusieurs pauvretés, il faut donc des politiques différenciées. C’est un défi à notre portée !

En 2016, la France comptait 8,8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (3). 14 % d’entre nous vivent avec moins de 1 026 € par mois. Les enfants et les jeunes, les familles monoparentales, les chômeurs mais aussi les agriculteurs, les artisans et les commerçants sont les principales victimes de la pauvreté. Pour 20 % des Français, l’alimentation est devenue une variable d’ajustement. Ils sont en situation de précarité alimentaire.

Quelles sont les pistes de réflexions en matière d’éducation, de logement, d’emploi et de revenu ?

Par où commencer ? La lutte contre la pauvreté demande une approche pluridisciplinaire. Sans aucun doute, l’éducation est le premier champ d’action. Tout en réduisant les inégalités préscolaires dans l’enceinte même de l’école, la question de fond est celle du changement de la façon de faire l’école en limitant l’élitisme social pour passer à un modèle qui s’attache à ne laisser personne de côté.

Le chantier est considérable en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Même si le nombre d’apprentis augmente, nous accusons encore un retard important par rapport à d’autres pays européens comme l’Allemagne. Le Grand Plan d’investissement consacre 15 milliards d’euros sur quatre ans à la formation de deux millions de jeunes et de demandeurs d’emploi peu qualifiés. Ce plan va effectivement soutenir ceux qui sont éloignés de l’emploi pour sortir de la précarité. Il faut également avoir une politique plus active en faveur de l’accès à un logement décent. Il s’agit d’un élément essentiel de l’autonomie et, partant, du retour à l’emploi.

Le "mal-logement" doit également être au cœur de notre action publique

Alors que 6 Français sur 10 considèrent que la lutte contre le "mal-logement" est une "priorité absolue", 4 millions de personnes sont à la rue ou très mal logées. Parmi elles, 902 000 sont privées de logement personnel : le nombre de personnes sans domicile ou dans des abris de fortune a augmenté de 50 % entre 2001 et 2012, celui des personnes en habitations de fortunes ou hébergées chez des tiers a progressé de 19 % entre 2002 et 2013. Parmi ces 4 millions, les trois-quarts vivent dans des conditions très difficiles (pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine) (4).

Il existe une forte corrélation entre le retour à l’emploi et les conditions liées à l’hébergement. Les politiques publiques doivent mieux prendre en compte la variable logement en matière de lutte contre la pauvreté.

Le Plan logement d’abord doit notamment être accéléré, par un ancrage plus fort sur les territoires, pour des réponses négociées au plus près du terrain. L’occupation temporaire et la mobilisation du parc privé sont sous-utilisées.

Le cœur de la question est bien "l’accompagnement vers le retour à l’emploi"

Parce que l’emploi est le meilleur vecteur d’insertion sociale, le gouvernement a tenu à intégrer au plan pauvreté l’accompagnement vers le retour à l’emploi dans le cadre du Revenu de solidarité active (RSA). Claire Pitollat et Mathieu Klein ont formulé 50 propositions(5) visant à surmonter le paradoxe d’une politique en échec alors même que les idées, les méthodes et la mobilisation existent partout sur le territoire.

Échec, car notre politique d’insertion sociale et professionnelle n’est aujourd’hui ni efficace, ni efficiente. Le temps passé au RSA est bien trop long et les taux de retour à l’emploi bien trop faibles.

L’étirement excessif des premières étapes à l’entrée du RSA (ouverture du droit, orientation dans un parcours d’accompagnement, signature du contrat d’insertion…) étant un facteur majeur de complexité et d’éloignement social et professionnel, plusieurs propositions sont faites pour que cette phase se déroule à un rythme plus soutenu. Par exemple, le déploiement d’outils numériques en appui aux professionnels pour faciliter le traitement administratif et d’échéances engageantes notamment le cap d’un premier entretien d’orientation dans les huit jours après la demande d’ouverture des droits.

L’ouverture des droits doit être automatique pour libérer du temps administratif et le remplacer par du temps d’accompagnement, seule tâche à réelle valeur ajoutée. L’orientation doit être pluridisciplinaire et co-construite pour être la plus pertinente possible. L’engagement est mutuel, évolutif et formalisé dans un contrat d’engagements réciproques. L’ayant droit est l’acteur responsable de son parcours et l’administration s’engage à être transparente sur l’accompagnement qu’elle met en œuvre.

L’accompagnement doit aussi être mois abstrait. Il a pour but le retour à l’emploi et s’appuie sur des méthodes telles que l’intermédiation entre "un employeur recherchant des compétences" et "un bénéficiaire recherchant un emploi". L’intermédiation doit se prolonger dans l’entreprise après le recrutement de la personne et non pas seulement à "la porte de l’entreprise" car les difficultés sociales peuvent être présentes même après l’embauche. Par ailleurs, l’accompagnement donne priorité à la formation, pour faire émerger un projet mobilisateur et des savoirs faire.

Enfin, les aides aux postes pour les entreprises d’insertion par l’activité économique doivent être augmentées rapidement.

Il est temps de donner un nouveau souffle à la politique d’insertion notamment grâce une nouvelle gouvernance afin de décloisonner les acteurs et d’aller vers une politique plus efficace démontrant son impact social par l’évaluation de ses actions. Notre politique sociale doit répondre à des exigences contractuelles sur l’ensemble des territoires pour soutenir les plus fragiles de manière efficace et efficiente.

Le contrat comprend l’évaluation de notre politique d’accompagnement. Elle doit être bien plus transparente, harmonisée et rigoureuse selon l’adage que nous ne pouvons améliorer que ce que nous mesurons.

"Les parlementaires ont un important rôle à jouer pour s’assurer de la bonne exécution du plan pauvreté sur les territoires"

Les parlementaires ont largement contribué à l’élaboration du plan pauvreté qui vise à réduire drastiquement la pauvreté, notamment des enfants, et à réformer en profondeur l’accès aux droits sociaux et l’accompagnement vers l’emploi.

Aujourd’hui, ils ont un important rôle à jouer pour s’assurer de la bonne exécution du plan pauvreté sur les territoires. Pour cela, les députés s’organisent à l’Assemblée nationale pour construire un groupe de travail et d’appui au Plan pauvreté. Ils doivent participer à son application concrète, en s’appuyant sur les différents acteurs des territoires au premier rang desquels les départements, Pôle Emploi, les Caisses d’allocations familiales, les associations et autres acteurs de l’insertion par l’emploi. Toutes les volontés sont nécessaires pour faire durablement reculer la pauvreté, conjuguons-les."

(1) Le rapport "L’accompagnement des bénéficiaires du RSA" a été corédigé avec Mathieu Klein, le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle.

(2) Les 17 députés du groupe LREM cosignataires de la tribune rédigée par Claire Pitollat sont : Didier Baichère, Hubert Julien-Laferrière, Cendra Motin, Aurélien Taché, Émilie Cariou, Pierre Cabaré, Catherine Osson, Anthony Cellier, Stéphanie Kerbarh, Martine Wonner, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, Delphine Bagarry, Monica Michel, Jean-François Cesarini, Fadila Khattabi, Carole Grandjean et Cécile Muschotti.

(3) Source : Insee.

(4) Source : 24e rapport de la Fondation Abbé Pierre.

(5) "L’accompagnement des bénéficiaires du RSA", rapport au Premier ministre, Claire Pitollat, députée des Bouches-du-Rhône, et Mathieu Klein, Président du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, sept. 2018.

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