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Le ministère du Travail "s’est engagé à être vigilant sur le maintien des emplois" (F. Balleux, Intersyndicale des Opco)

L’intersyndicale des Opco a été reçue par un membre du cabinet du ministère du Travail le 13 février 2019 explique Franck Balleux, l’un de ses porte-parole, dans un entretien accordé à AEF info. "Nous voulons avant toute chose le plein-emploi et le maintien des salaires pour l’ensemble des salariés des Opco. […] Nous n’avons toujours aucune garantie financière sur les moyens qui pourraient être alloués pour chaque Opco, que ce soit pour l’accompagnement des salariés ou même l’adaptation de l’outil informatique." Si le ministère a évoqué en particulier la situation des deux Opco interprofessionnels, et ceux couvrant les champs Mobilité, Santé et Cohésion sociale, l’intersyndicale souhaite "un arbitrage de l’État" dans le cadre global du rapprochement des Opco pour garantir l’emploi. Elle reverra le ministère à la fin du mois de mars, une fois que le périmètre de chaque Opco sera arrêté.

AEF info : À quand remonte votre dernière rencontre avec le ministère du Travail ?

Franck Balleux : Nous avons été reçus le 13 février à sa demande par un membre du cabinet de Muriel Pénicaud. Le cabinet devait redouter que nous nous mobilisions, et que cela parte dans tous les sens. Il voulait évoquer avec nous principalement la situation de quatre Opco : Wellcom [le futur opérateur ne s’appellera pas ainsi et devra regrouper Opcalia, le Fafih, le FAF.TT et Intergros], Pepps [idem, ce futur Opco à vocation à rassembler Agefos PME et Actalians], Mobilité et la fusion de Cohésion sociale et Santé. La rencontre était à la demande du cabinet mais nous n’avons eu aucun engagement clair.

AEF info : Quelle est la situation pour chacun de ces futurs opérateurs ?

Franck Balleux : Pour Wellcom [services à haute intensité de main-d’œuvre], les négociations se poursuivront jusqu’au 28 février, mais la situation semble compliquée. En revanche pour Pepps [entreprises de proximité] l’agrément serait en bonne voie. C’est le cas aussi pour l’Opco Mobilité. Pour l’Opco Cohésion sociale et Santé, le ministère est déterminé à demander à Unifaf de se rapprocher d’Uniformation dans le cadre d’une fusion. Selon le ministère, ce sont les quatre Opco pour lesquels la situation est problématique, mais nous sommes inquiets pour les salariés d’une dizaine des ex-Opca sur vingt. Nous avons fait comprendre à notre interlocuteur que nous serons de plus en plus mobilisés.

AEF info : Quelles sont les revendications que vous avez portées à l’occasion de cette rencontre ?

Franck Balleux : Nous voulons avant toute chose le plein-emploi et le maintien des salaires pour l’ensemble des salariés des Opco. Nous n’avons aucun engagement sur ce point, hormis d’obtenir un délai qui n’est pas précisé, mais qui pourrait être de l’ordre de 18 à 24 mois pour mettre en œuvre la transition. Nous n’avons toujours aucune garantie financière sur les moyens qui pourraient être alloués pour chaque Opco, que ce soit pour l’accompagnement des salariés ou même l’adaptation de l’outil informatique. Nous voulons des réponses, notamment pour les salariés des fonctions support qui seront en situation de doublon voir de triplon avec les rapprochements entre les Opco.

AEF info : Avez-vous des engagements sur le reclassement des salariés qui seraient licenciés ?

Franck Balleux : Nous avons perdu l’activité liée aux périodes de professionnalisation, l’année prochaine ce sera le CPF. Nous avons demandé au ministère d’influer pour que les salariés qui ne conserveront pas leur poste puissent intégrer la Caisse des dépôts, nous voulons des passerelles de gré à gré. La Caisse des dépôts a évoqué 200 recrutements, mais seulement 40 postes seront dédiés à la saisie ou la gestion. Or, près de 250 personnes exercent ces fonctions dans les Opco. Le membre du cabinet s’est engagé à demander à ce que des anciens employés des Opco soient embauchés en priorité sur ces postes.

AEF info : L’inquiétude est importante au sein des Opco ?

Franck Balleux : Évidemment, un droit d’alerte a été déclenché officiellement en janvier dans l’Opco Transports ; la même procédure est en cours chez Agefos PME. Les salariés se sont invités à un conseil d’administration de l’Opco Santé pour dire qu’ils étaient en colère et inquiets. Les élus du personnel agissent donc de leur côté et nous avons prévenu le ministère que nous allions nous mobiliser de plus en plus. Nous aurons à la fin du mois de mars une nouvelle réunion de l’intersyndicale, une fois que nous serons fixés sur le périmètre définitif des Opco. Une fois que les partenaires sociaux auront fini la phase de négociation, nous pourrons intervenir comme nous le souhaitons.

AEF info : Quel soutien avez-vous des centrales ou fédérations syndicales ?

Franck Balleux : Nous préférons nous organiser entrer nous, nous avons été élus par les salariés des Opco et notre intersyndicale ne réunit que des représentants syndicaux d’Opco. Nous voulons éviter les interférences. Les salariés estiment que l’on ne parle pas assez d’eux, et nous voulons nous concentrer sur le maintien des salaires et des emplois. Cela n’empêche pas que les organisations syndicales nous soutiennent ; ce sont des actions complémentaires. Nous reviendrons vers le ministère à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril, nous demandons depuis quatre mois un arbitrage de l’État dans le cadre du rapprochement des Opco pour garantir que les emplois ne seront pas menacés. Le cabinet s’est engagé à être vigilant sur ce point.

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Cédric Morin, journaliste