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La transformation numérique des villes génère "de nouveaux risques et de nouvelles menaces" (Thierry Delville, PWC)

La transformation numérique des villes "apporte énormément de services, de nouvelles possibilités", mais aussi "de nouveaux risques et de nouvelles menaces", souligne Thierry Delville, mardi 19 février 2019. L’ex-délégué aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces au ministère de l'Intérieur, désormais associé chez PWC, s’exprimait lors d’une table ronde organisée par le magazine We Demain. Il préconise de "travailler dans une relation partenariale plus forte" pour aborder ces nouveaux enjeux. La présidente du Cnaps évoque pour sa part la formation des agents de sécurité.

"La donnée est un enjeu central pour les acteurs de la délinquance et des acteurs criminels qui s’attaquent à un ensemble de cibles potentielles. Les villes intelligentes n’y échappent pas." C’est ce qu’observe Thierry Delville, ancien délégué aux industries de sécurité et à la lutte contre les cybermenaces au ministère de l'Intérieur, aujourd’hui associé au pôle "cyberintelligence" du cabinet PWC, lors d’une table ronde par le magazine We Demain à Issy-les-Moulineaux, mardi 19 février 2019 (lire sur AEF info).

"Travailler sur le big data"

Selon lui, il est nécessaire de "s’organiser" et de "travailler différemment" pour répondre à ces menaces, notamment en élargissant "aux acteurs de la sécurité privée le périmètre et la vision transverse que l’on peut avoir sur la sécurité des villes". Il recommande également "de continuer à expérimenter" dans le domaine de la sécurité, notamment à travers des dispositifs collaboratifs, comme la police de sécurité du quotidien, "qui déclinent d’une nouvelle manière la question de la sécurité locale" et "qui étendent un peu plus le périmètre des acteurs".

À l’échelle des villes, Thierry Delville pointe l’importance de "l’objectivation" des questions de sécurité. "Pour cela, il faut partager des données, des informations", poursuit le consultant. "Un des grands chantiers aujourd’hui de la sécurité locale, c’est de travailler sur le big data", affirme-t-il, pointant la nécessité d’avoir "une capacité à regarder autrement le croisement des informations qui viennent de différentes sources".

"Un dispositif humain robuste" pour la sécurité privée

"La sécurité privée assure un rôle très important en matière de sécurité du quotidien", affirme de son côté Valérie Derouet-Mazoyer. La présidente du Cnaps souligne toutefois qu’il existe "un enjeu considérable" autour de la formation des agents de sécurité privée. "Pour pouvoir anticiper, il faut former les gens, il faut être à l’écoute, il faut faire des formations adaptées, il ne faut pas hésiter à investir." En matière de sécurité privée, "on n’arrivera nulle part si on n’a pas un dispositif humain robuste", estime-t-elle.

Valérie Derouet-Mazoyer précise que la formation fait l’objet d’une commission thématique au niveau du collège du Cnaps, au même titre que "l’armement" des agents, "les normes et les standards", ainsi que "le numérique et la digitalisation". Ces commissions "sont certes sous la houlette du collège du Cnaps, mais elles sont ouvertes à tous, y compris aux organisations syndicales des salariés et aux personnalités qualifiés". La présidente de l’autorité de régulation souhaite que les conclusions de la commission chargée de la formation, "qui doivent être opérationnelles", "puissent être portées par la filière de la sécurité privée".

"Humanité" et "respect"

"Il faut aborder le problème de la sécurité avec beaucoup d’humanité et de respect des autres", estime de son côté le maire (UDI) d’Issy-les-Moulineaux, André Santini. Ce dernier se targue de diriger "une ville très agréable", alors qu’Issy-les-Moulineaux ne dispose "pas de caméras de surveillance", ni de policiers municipaux.

"Nous avons abordé le terrain de manière différente", explique l’élu. La ville dispose notamment d'"un grand centre de loisirs avec 450 animateurs recrutés, formés" et de "médiateurs qui empêchent les jeunes de se battre dans la cour de la récréation". "Les ASVP font le stationnement et les sorties d’école, ce qui est très important pour leur image", estime notamment André Santini.

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Marie Desrumaux, journaliste