Service abonnements 01 83 97 46 50

Revenir en haut de la page
Home| Social / RH| Ressources humaines| Dépêche n°601530

Avec le numérique, la maîtrise de l’écrit s’impose encore plus comme un facteur d’employabilité (conférence Hatier)

La qualité de l’expression écrite peut être déterminante à plusieurs étapes de la vie professionnelle, selon un sondage réalisé par Opinionway pour les éditions Hatier, rendu public mardi 19 février 2019 : à l’embauche, d’abord, la moitié des DRH déclarent écarter certaines candidatures sur ce fondement ; dans la pratique quotidienne également, un salarié qui a une mauvaise orthographe peut faire l’objet de remarques désobligeantes, comme le soulignent 44 % des DRH ; enfin, un faible niveau d’expression écrite peut constituer un frein à la promotion d’un collaborateur (15 %).

Quel que soit le support, la maîtrise de l'expression écrite est une compétence indispensable dans la vie professionnelle © Pxhere

"On dit souvent qu’à l’heure du digital, on écrit moins. C’est absolument faux ! On écrit infiniment plus, on écrit à longueur de journée", constate Rémy Challe, directeur général d’EdTech France (1). Or, "il y a des gens pour qui tous les jours, c’est une angoisse, ou du moins un complexe, d’envoyer un mail à son chef de service". Et les correcteurs orthographiques automatiques sont loin de résoudre le problème : "Quand un mot est souligné en rouge, on pense qu’il y a forcément une faute alors que ce n’est pas toujours le cas, et inversement, quand il ne l’est pas, on s’imagine que c’est juste alors qu’il y a peut-être une erreur", regrette-t-il.

Dans ce contexte, la maîtrise de l’orthographe, et plus généralement de l’expression écrite, apparaît comme un facteur clé d’employabilité. Les actifs en sont d’ailleurs tout à fait conscients : 98 % d’entre eux jugent important ou très important de bien s’exprimer à l’écrit, et les trois quarts d’entre eux reconnaissent qu’ils font régulièrement des fautes. Un actif sur trois déclare d’ailleurs être parfois mal à l’aise au moment d’écrire. Et près de huit sur dix se disent prêts à suivre une formation.

L’image de l’entreprise est en jeu

De fait, l’écrit occupe une place incontournable dans la vie professionnelle, reconnaît Geoffroy Fourgeaud, DRH de la direction Île-de-France d’Orange : "Les clients ne veulent plus forcément avoir quelqu’un au téléphone, de plus en plus souvent on chatte. Aussi, il est très important d’avoir des collaborateurs qui ont une orthographe irréprochable. Le collaborateur écrit certes rapidement, mais s’il fait de nombreuses fautes, cela va affecter l’image d’Orange". Plus de neuf DRH sur dix partagent d’ailleurs cette crainte quant à l’effet d’une orthographe défaillante des salariés sur l’image de leur entreprise.

Au-delà, le soin apporté à l’écrit peut être perçu comme une attention portée à l’autre et une aptitude à la collaboration, souligne Geoffroy Fourgeaud : "Quelqu’un qui n’a même pas fait relire son CV à son père ou à sa mère avant de l’envoyer, cela veut dire qu’il ne fait pas attention aux personnes à qui il écrit. Dans une entreprise où on favorise le collaboratif, ce n’est pas un bon signe".

Faire preuve de bienveillance

Pour autant, il faut se méfier du "mépris de classe" envers les salariés qui maîtrisent mal l’orthographe ou la syntaxe, et tenir compte de leur malaise, met en garde Rémy Challe. "Il faut faire preuve de beaucoup de bienveillance et accompagner les salariés concernés", estime Isabelle Mourgère, rédactrice en chef de TV5 Monde. "Il faut par exemple savoir lutter contre l’obsession du temps. Certes, il faut écrire vite, mais parfois, non. Et dans tous les cas il ne faut pas faire de fautes. Le tout, c’est de déterminer à quel moment on est en retard, et à quel moment il faut prendre le temps de se relire. Car l’objectif c’est d’être compris par le plus grand nombre, et c’est en ça que l’usage du français est important."

Pour éviter de stigmatiser les salariés dont le niveau de maîtrise de la langue française serait insuffisant, Orange permet par exemple à ses collaborateurs de s’inscrire eux-mêmes à des formations via la plateforme Orange Learning, sans demander l’accord de leur manager ou des RH. Six ou sept formations existent en la matière. Le manager reçoit simplement un mail l’informant qu’un membre de son équipe s’est inscrit à telle ou telle session de formation. À lui ensuite de décider s’il souhaite en parler avec le salarié.

Au total, "le savoir rédiger apparaît comme un facteur clé de l’employabilité", observe Célia Rosentraub, directrice générale des éditions Hatier, qui publient notamment le Bescherelle. Et "le digital conduit vers une valorisation de la langue et des métiers un peu littéraires".

(1) EdTech France est une initiative qui rassemble des entrepreneurs français qui ont décidé de rendre la technologie utile à l’éducation et la formation.

Fermer

Bonjour

Vous souhaitez contacter

Lucie Prusak, journaliste