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Paris-II, Lyon-III, Paris-Descartes… Quelles universités accueillent le plus d’étudiants en DU et avec quel pilotage ?

L’université Paris-II compte 17 % d’inscrits en DU en 2017. Elle est suivie de Paris-Descartes (13 %), Paris-XI (12 %) et Saint-Étienne (11 %). Retrouvez le détail pour les 70 universités françaises, ainsi que la déclinaison par discipline pour les 10 premières d’entre elles. À chacune ses propres spécialités de DU, de l’informatique aux langues, en passant par la médecine et le droit. Plusieurs vice-présidents en charge de la formation s’expriment sur leur politique disciplinaire, tarifaire ou de RH quant à ces diplômes d’établissement, source de différenciation dans leur offre de formation.


sources et Méthodologie

 

Nous tirons nos analyses du jeu de données des étudiants inscrits dans les établissements relevant du MESRI publié par le ministère le 15 janvier 2019, en nous concentrant sur les inscriptions principales, et sur les années 2011-2017. Le périmètre est celui des 67 universités, de deux grands établissements (Paris-Dauphine et l'université de Lorraine), ainsi que de l'Institut universitaire Champollion.

L’objectif est ici d’y recenser la part des étudiants inscrits en DU. Le décompte comprend ceux en formation initiale et ceux en formation continue lorsque cette formation est diplômante. Il n’a toutefois pas été possible de différencier les étudiants inscrits en formation continue, les données de départ ne comportant pas cette granularité. Les doctorats ne sont pas pris en compte, car il s'agit de diplômes nationaux.

En complément des cursus conduisant aux diplômes nationaux LMD, régis par arrêtés et dont les frais d’inscription sont uniformes sur tout le territoire et déterminés par voie réglementaire, l’offre de formation des universités compte aussi des formations aboutissant à des "diplômes d’université" (DU, aussi appelés diplômes d’établissement), organisées par les établissements de façon autonome tant sur le plan pédagogique que dans la détermination des frais demandés aux étudiants.

L’université Panthéon-Assas comptait parmi ses étudiants 17 % d’inscrits en DU en 2017. Cas particulier de Dauphine exclu (voir encadré), c’est l’établissement universitaire pour lequel cette proportion est la plus élevée. Dans l’ordre décroissant, les 9 autres universités où la part d’inscrits en DU était la plus importante en 2017 sont :

  • Paris-Descartes (Paris-V) (13 %),
  • Paris-XI (12 %),
  • Saint-Étienne (11 %),
  • Montpellier (11 %),
  • Sorbonne Université (10 %),
  • Lyon-III (9 %),
  • Dijon (9 %),
  • Paris-I (9 %),
  • Paris-Diderot (Paris-VII) (9 %).

Dans la visualisation ci-dessous, vous retrouvez, pour l'ensemble des universités, la part des étudiants inscrits en DU, par défaut en 2017 et en licence-master, ainsi que l'évolution depuis 2011. Vous pouvez sélectionner une autre année, et voir le détail uniquement en licence ou en master.


Les universités où le droit ou la médecine sont prépondérants sont aussi celles qui comptent la plus forte proportion d’inscrits en DU : comme nous l’avions constaté dans notre première analyse par discipline (lire sur AEF info), la médecine en accueille le plus grand nombre avec 30 200 inscrits en DU en 2017, suivie par les sciences juridiques (18 999 en DU). On retrouve ensuite les sciences de gestion (6 969 étudiants en DU), puis les sciences économiques (5 053 étudiants en DU), ces deux dernières disciplines étant en particulier représentées du fait de la stratégie de Dauphine notamment.

Par ailleurs, il est à noter qu’aucun étudiant en DU n’est recensé en inscription principale diplômante à l’Upem. L’université jointe par AEF info indique en dénombrer 456 en 2017-2018 tous types de formats confondus, sur des durées plus ou moins longues, soit 3 % des 13 300 inscrits de l’établissement. Y figurent notamment une cinquantaine "dans une prépa DUT destinée aux décrocheurs en licence, qui doit leur permettre de revenir dans des DUT en apprentissage", explique Wenceslas Biri, vice-président en charge de la formation de l’Upem. "Les DU sont souvent associés à la formation continue, moins développée dans notre université. Nous sommes plutôt sur le volet apprentissage", souligne-t-il.

Une politique à l’image d’autres universités de taille petite à moyenne, ou bien plus récentes, et plus professionnalisantes que leurs homologues des grandes métropoles, plus anciennes et de tradition plus académique. On retrouve ainsi dans le bas du tableau l’université Bretagne-Sud, celle du Littoral Côte d’Opale ou encore Valenciennes (1 % d’inscrits en DU), ainsi que les universités d’Artois, du Havre, de Mulhouse, Nîmes, Reims, Amiens ou encore l’institut universitaire Champollion (2 % d’inscrits en DU).

Des effectifs qui évoluent lentement, tandis que les recettes grimpent

Si l’on regarde l’évolution entre 2011 et 2017, la part des inscrits en DU dans chaque établissement reste relativement stable. Les plus fortes évolutions sont observées à l’université du Mans, où la part des étudiants en DU augmente de 4 points, passant de 3 % à 7 %, et à l’université de Perpignan, où cette part chute de 5 points, passant de 12 % à 7 %.

Outre ces deux cas extrêmes, il est dès lors notable que l’essentiel des stratégies en matière de volumes globaux d’étudiants recrutés en DU dans chacune des universités a été développé avant 2011, et se maintient depuis. En moyenne, l’ordre de grandeur moyen demeure le même depuis 2011 : 6 % des étudiants sont inscrits en DU à l’université, le taux évoluant de 4 % en licence à 12 % en master.

Les recettes des DU, en revanche, sont passées de 37,48 M€ en 2011 à 56 M€ en 2017, selon la Cour des comptes. "Les recettes liées à la formation continue ont augmenté de 39 % et celles liées aux diplômes nationaux n’ont progressé que de 9,80 %", précise-t-elle en annexe de son rapport sur les "droits d’inscription dans l’enseignement supérieur", publié le 23 novembre 2018 (lire sur AEF info).

grands établissements : Dauphine se distingue de lorraine

 

À Dauphine, université ayant un statut de grand établissement, un système de droits d’inscription modulés en fonction du revenu a été mis en place progressivement depuis 2009. En 2017, 70,7 % des étudiants y sont ainsi inscrits en DU, ce qui la place à part, vis-à-vis des autres universités. Cette politique "s’inscrit dans un objectif de développement des ressources propres au service [d’un] projet d’établissement ambitieux, notamment de développement international, que la subvention pour charge de service public ne pouvait financer", relève la Cour des comptes dans son rapport sur les droits d’inscription publié en novembre 2018. "Son budget de fonctionnement est passé de 81 M€ en 2011 à 113 M€ en 2016" et, entre 2011 et 2017, les ressources propres liées à la formation sont passées de 22,9 % à 34,7 % des recettes. "En revanche, certains postes de ressources ont stagné voire diminué, en particulier la taxe d’apprentissage."

Un choix différent de l’université Lorraine, dont le statut est également celui d’un grand établissement après sa fusion de trois universités et un INP en 2012. Le taux d’étudiants inscrits en DU y est en 2017 de 3,3 %.

le détail des disciplines dans le top 10 des universités

Dans les 10 universités qui développent le plus activement les DU, auxquelles nous avons ajouté ci-dessous Dauphine, l’essentiel des effectifs inscrits en diplôme d’établissement est concentré sur le droit et la médecine. Dans le domaine du droit, on compte à Panthéon-Assas 22 % d’inscrits en DU sur le total des inscrits dans cette discipline, soit 2 670 étudiants, contre 12 % dans ce même domaine à Lyon-III (1 112 étudiants). Pour la médecine, on comptabilise à Paris-Descartes 34 % d’inscrits en DU, soit 2 462 étudiants, 40 % à Montpellier (2 474 étudiants), ou 40 % à Paris-Sud (1 316 étudiants).

Dans la visualisation ci-dessous, la hauteur des barres est proportionnelle au nombre d’inscrits en DU. Vous pouvez sélectionner l'université que vous souhaitez afficher.


dominante médecine : les EXPLICATIONS DE Paris-descartes et Paris-xi

"Paris-Descartes compte actuellement autour de 300 DU, dont environ deux tiers sont dans le secteur de la santé qui a développé une importante activité de formation continue", indique à AEF info Frédéric Dardel, son président. Le reste des DU est essentiellement en droit, psychologie, sciences du langage, sciences de l’éducation et Staps.

"Dans le cadre du DPC (développement professionnel continu), nous offrons à tous les professionnels de santé des formations certifiantes, puisque nous avons les quatre filières de santé (médecine, odontologie, pharmacie, maïeutique)." De plus, certains DU sont ouverts aux internes qui veulent compléter leur formation : "Pour eux, ce n’est pas le tarif 'professionnel' qui leur est appliqué, et beaucoup y sont inscrits", précise Frédéric Dardel.

Le DU étant un instrument souple par excellence (1), un cadre a par ailleurs été fixé à Paris-Descartes. "Nous avons une charte des DU pour définir des règles de bonnes pratiques et faire un peu le ménage. Ainsi, un DU, c’est a minima 100 heures de cours et il doit être porté par un enseignant-chercheur. Et sauf quelques exceptions comme le DU PaRéo (lire sur AEF info) ou le DU sur l’entrepreneuriat, c’est essentiellement de la formation continue. Ainsi, avec ce cadre, nous avons réduit un peu notre offre", indique-t-il. Selon le décompte d’AEF info, la part d’inscrits en DU a en effet diminué de 3 points, de 16 % à 13 %.

"Nous réfléchissons aujourd’hui au modèle du DU à 100 heures, car c’est une formation lourde pour un professionnel de santé, surtout s’il est libéral", ajoute-t-il. "Nous pourrions par exemple proposer des 'master class' certifiantes de 25 heures et lorsque l’on suit les quatre master class, on obtient le DU. Cela permettrait aussi d’étaler la formation dans le temps, sur quatre ans par exemple. Mais pour l’instant, ce chantier est en sommeil, en attendant la fusion de Paris-Descartes et Paris-Diderot."

À Paris-Sud (12 % d’inscrits en DU), "la demande principale est en santé", corrobore Anne Guiochon-Mantel, vice-présidente en charge de la formation et de la vie étudiante de l’établissement. L’université y propose une centaine de DU. "Cela fait partie de la formation continue des médecins qui est obligatoire, et permet de montrer que l’on se met toujours à niveau. Il est important que les universités se positionnent sur le créneau, afin que ce ne soit pas uniquement proposé par des officines privées, des laboratoires pharmaceutiques. Il est également nécessaire que ce soit adossé à la recherche." Les tarifs de formation tournent "autour de 1 000 à 2 000 euros" afin de "couvrir les coûts : c’est un choix politique d’avoir une offre accessible".

Dominante droit : l’exemple de paris-II

Dans l’université où les inscrits en DU sont les plus importants hormis Dauphine, Paris-II Panthéon-Assas, la dominante est celle du droit. "En avril 2019, nous recensons un total de 3 145 étudiants en DU, soit 17,5 % des effectifs de l’université, dont 2 545 sont inscrits aussi en licence ou en master. Le nombre d’étudiants inscrits dans un DU sans être probablement inscrits dans une licence ou un master est de 600, soit 3 % des effectifs", récapitule auprès d’AEF info Manuel Miler de Azevedo, DGS adjoint chargé des études et de la vie universitaire. "470 sont inscrits dans des DU gérés par la formation continue, et 130 sont inscrits dans des DU délocalisés à l’étranger ou s’adressant à des publics de professionnels."

Parmi les DU en formation continue, des modules tels que "contentieux santé", "négociation collective", "protection des données après la réglementation RGPD" au niveau master (5 400 euros) ou bien "conformité" sont proposés, avec l’intervention de professionnels du secteur tels que des ingénieurs, des avocats ou la directrice juridique de Google France. Au sein des DU relevant de partenariats avec des établissements étrangers, figure un LLM en droit français, européen et international des affaires, diplôme de niveau master qui s’adresse à des avocats. Un autre LLM en droit international des affaires est implanté à Singapour, à l’île Maurice et à Dubai (dont les tarifs respectifs sont de 17 000 euros, 12 000 euros et 35 000 euros).

En outre, "certains DU sont accolés à des diplômes normaux, avec par exemple le Collège de droit suivi sur trois ans en parallèle de la licence", explique Manuel Miler de Azevedo. Des certificats en droit bancaire, sciences criminologiques, droit espagnol, allemand ou common law complètent le tableau. Enfin, il existe des diplômes supérieurs d’université en droit civil, européen ou administratif destinés aux étudiants étrangers en préalable à l’entrée dans un master. "Ce sas leur permet d’acquérir un niveau de spécialisation, moyennant les droits de la licence et un droit d’inscription complémentaire de 90 euros."

Un ensemble très hétérogène à Lyon-III et Montpellier

À l'université de Montpellier (11 % d’inscrits en DU), "cela va du diplôme très technique en droit s’adressant à des étudiants ayant déjà un master, à des DU constituant des sas de transition pour permettre à des bac+2 issus d’IUT d’aller vers une licence professionnelle", détaille l’université.

Stéphane Pillet, vice-président chargé de la formation, de l’insertion professionnelle et de la vie étudiante à Lyon-III, livre quant à lui le décompte pour 2019. "En personnes physiques, nous dénombrons 1 864 étudiants en DU sur 28 498, soit 6,4 % des effectifs. En inscriptions pédagogiques, les chiffres sont toujours plus importants. On compte 3 107 inscrits sur 30 941 soit 10,2 %. Parmi ces inscrits, 1 243 sont par ailleurs inscrits dans un diplôme national. 931 sont des étudiants étrangers accueillis en échange, et 200 relèvent la formation continue."

Dans la palette des DU proposés à Lyon III, la formation continue, plutôt courte, est développée "dans le cadre d’un marché", suivant une logique de commercialisation de formations qui constituent un élément de ressources propres de l’établissement. "Il s’agit de modules sur mesure qui permettent de s’adapter à la demande d’une entreprise ou d’un secteur", explique-t-il. Exemple, le DU "Management de la restauration et de la nutrition des établissements médico-sociaux et territoriaux", prévu sur trois modules de six jours, et dont les frais pédagogiques sont de 2 500 euros. "Le cadre beaucoup plus souple du DU nous permet de bâtir une formation s’appuyant sur des savoir-faire que nous avons dans la maison, mais de manière plus ciblée", pose-t-il. Autre exemple : le DU de pharmacien manager. "On voit bien la logique : le pharmacien reçoit une formation de nature essentiellement médicale. Une fois à la tête de sa pharmacie, il a besoin de compétences en gestion." Avec 7,4 M€ de chiffre d’affaires générés par la formation continue en 2015, Lyon-III est l’une des universités pour lesquelles la formation continue est une activité significative (lire sur AEF info).

Lyon-III propose aussi des DU de langues vivantes, ou encore, des DU développés dans le cadre des relations internationales et destinés aux étudiants étrangers. L’établissement a en outre mis sur pied des "DU de professionnalisation" conçus en partenariat avec Pôle emploi pour les étudiants accédant au marché du travail, et des personnes en recherche ou en reprise d’emploi. Le diplôme d’étudiant-entrepreneur, qui donne accès à l’incubateur, complète le paysage. Certains DU viennent aussi reconnaître des préparations à des filières sélectives. Ainsi, la formation préparant au concours national d’expert-comptable, d’une durée d’un an à l’IAE, donne lieu à l’attribution d’un diplôme de comptabilité que les candidats éconduits pourront faire valoir dans leur parcours. Dernier-né des diplômes d’établissement à Lyon-III, le programme FAIRE accompagne les réfugiés, avec la possibilité de suivre des modules en FLE et une première approche dans une discipline universitaire.

"À côté des disciplines académiques, on s’octroie des libertés qui permettent de faire jouer un peu plus de créativité." Des espaces de liberté qui peuvent parfois servir d’expérimentation. Ainsi, un diplôme d’études juridiques de Lyon-III, lancé en partenariat avec une université en Égypte en 2001, va donner lieu à la délivrance d’une licence à partir de 2018.

QUELLE STRATÉGIE tarifaire et quelle part des ressources propres ?

les du représentaient 0,5 % des recettes des universités en 2017

 

Les droits d’inscription à un diplôme national sont fixés par arrêtés ministériels (170 € en licence, 243 € en master, 380 € en doctorat pour 2018). En comparaison, selon le MESRI, le coût moyen d’un étudiant par an à l’université en 2016 est de 10 210 €. Les droits de scolarité des DU sont pour leur part librement fixés par le conseil d’administration de l’université. Aujourd’hui, la part des droits d’inscription est minoritaire dans les ressources des universités, où la subvention de l’État représentant 82,8 % des recettes selon la Cour des comptes, tandis que les droits d’inscription des diplômes nationaux en représentaient 1,9 %, et ceux des DU 0,5 %.

"Le juge administratif a admis que les tarifs pratiqués en DU relèvent des CA des établissements, mais se réfère au coût total de mise en place de la formation pour apprécier leur bien-fondé", note la Cour des comptes dans son rapport de novembre 2018 sur les droits d’inscription. Elle signale par ailleurs que "la distribution des tarifs est contrastée selon les établissements : certaines universités (Perpignan, Grenoble, Franche-Comté) comptent peu de DU aux tarifs élevés, alors que d’autres comptent une part significative de leurs DU dans des classes tarifaires élevées". C’est le cas de l’université de Clermont, qui propose 18 % de ses DU à des tarifs supérieurs à 2 100 €, ou de celle de Brest, dont 47 % des DU ont des tarifs supérieurs à 1 050 €. La moyenne des tarifs des DU de l’université de Nantes est "élevée" (2 164 €) et 34 % des DU proposés ont des tarifs supérieurs à 2 100 €.

À Paris-II, "les DU à 90 euros ne sont certainement pas assez auto-financés", décrypte auprès d’AEF info le DGS adjoint, Manuel Miler de Azevedo. "Ceux autour de 7 000 euros en formation continue donnent peut-être davantage à l’université une petite marge, il s’agit d’un secteur concurrentiel", appuie-t-il, les modules proposés par l’établissement se positionnant sur les mêmes segments que ceux d’écoles de commerce telles que l’Essec ou HEC, dont les tarifs peuvent avoisiner 30 000 euros. Au dernier vote du CA de Paris-II, les recettes issues des DU étaient légèrement supérieures à celles issues des diplômes nationaux.

À Lyon-III, les droits d’inscription d’un DU "sont calculés par rapport à une évaluation du coût de la formation pour l’établissement". Ce qui implique qu’un seuil d’inscrits soit atteint pour amortir ce coût. "Globalement, à partir de 10 à 15 étudiants, on peut faire tourner une formation", table le vice-président en charge de la formation, Stéphane Pillet.

"Nous avons travaillé sur les coûts", témoigne pour sa part Anne Guiochon-Mantel, vice-présidente en charge de la formation et de la vie étudiante de Paris-Sud. "Pour tous les nouveaux DU, accrédités pour trois ans, un calcul en coûts complets est ainsi réalisé. Avec la difficulté du fait, pour les hospitalo-universitaires, que les médecins n’ont pas d’heures statutaires."

Selon un échantillon dévoilé par les magistrats de la rue Cambon, la part des recettes des DU dans les ressources propres variaient en 2017 entre 1 % et 19 % selon l’université :


qui enseigne en DU ? quelle politique d'heures complémentaires ?

Du point de vue des RH à Lyon-III, "les cours sont en général assurés par des enseignants exerçant d’ores et déjà leurs heures de service dans le cadre d’un diplôme national, qui consacrent dès lors des heures complémentaires au DU", souligne le VP en charge de la formation. "Nous souhaitons réserver la dotation que nous recevons de l’État aux diplômes nationaux", explicite le vice-président. "D’autant que l’heure statutaire, représentant environ 200 euros, ferait tripler le coût d’un DU, quand l’heure complémentaire est rémunérée 60 euros."

De fait, le développement des DU est ainsi limité par le volume d’heures complémentaires disponible dans l’établissement. "La règle est qu’un enseignant ne peut aller au-delà d’un doublement de son service statutaire. Ensuite, cela dépend de la politique de chaque composante, et de la disponibilité des enseignants", affirme Stéphane Pillet (Lyon-III). À cela s’ajoute la contrainte budgétaire. "Nous sommes l’une des universités les plus mal dotées de France : pour les diplômes nationaux, seules 40 % des heures d’enseignement sont réalisées en service statutaire. Le reste est réparti entre vacataires et heures complémentaires." Selon notre décompte en effet, en 2016, c’est à Lyon-III que le taux d’encadrement en droit, sciences politiques, économiques et de gestion était le plus mauvais parmi les universités, avec 86 étudiants par enseignant titulaire, en ETP (lire sur AEF info).

La politique de développement des DU y relève dès lors du pilotage fin. "Lyon-III a su se mobiliser pour être à l’écoute des besoins et du monde de l’entreprise. Mais c’est une gestion très serrée. Au bout d’un moment, on pourrait reprocher à une université de mobiliser tout son potentiel enseignant à une offre de formation privée. Nous avons un suivi assez précis sur ces données-là", témoigne le vice-président.

À Paris-Descartes, les heures d’enseignement en DU ne sont pas non plus prises en compte dans le service, explique le président de l’université, Frédéric Dardel. "Elles ne sont rémunérées en heures complémentaires que si le service d’enseignement est effectué entièrement ailleurs. Et les heures complémentaires en DU ne sont pas plus payées qu’ailleurs. Mais il y a le cas particulier des hospitalo-universitaires qui n’ont pas d’obligation de service et qui sont nombreux à intervenir dans les DU de santé. Ils n’ont de fait pas d’heures complémentaires mais peuvent bénéficier d’avantages en nature. Nous allons réfléchir aussi à un autre modèle, en nous inspirant par exemple de celui de Strasbourg qui a défini un forfait d’intéressement sur l’excédent de la formation continue, qui peut être reversé au laboratoire."

(1) La création d’un DU est portée par une composante de l’établissement, qui établit un projet pédagogique assorti d’une fiche financière. Celle-ci détaille le coût prévisionnel global de la formation, sur la base du volume horaire d’enseignement, du statut des intervenants, des frais de gestion et de l’ensemble des frais annexes. Ces éléments sont présentés dans les commissions de la formation et de la vie universitaire (CFVU), puis votés en conseil d’administration avant la mise en œuvre du DU (Rapport de la Cour des comptes sur les droits d’inscription, novembre 2018).

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Anaïs Gérard, journaliste