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Le CFA de Gap met en place un programme spécifique pour accueillir les migrants apprentis (journée CFAlim)

À l’occasion d’une journée organisée le 5 février 2019 par le réseau de CFA partenaires du secteur alimentaire, CFAlim, plusieurs retours d’expérience ont été présentés à l’auditoire, dont celui du CFA de Gap. Son directeur, Jacques Meyer, a expliqué comment il a fait face à l’arrivée de migrants au sein de son centre qui représentaient 15 % de ses effectifs à la rentrée 2018. Le choix s’est porté sur la création d’un parcours spécifique en trois ans avec une première année consacrée à l’apprentissage du français.

© Igor Ovsyannykov - Unsplash

Jacques Meyer, le directeur du CFA régional de Gap, associé à CFAlim, est intervenu à l’occasion d’une journée organisée le 5 février 2019 par le réseau de CFA partenaires du secteur alimentaire. Il a fait part de son retour d’expérience relatif à l’accueil de migrants au sein de son CFA. À la rentrée 2018, le Campus Urma Paca de Gap qui forme plus de 500 apprentis à 15 métiers via 25 formations allant du CAP au BTS, a en effet dû faire face à un nombre plus important de migrants apprentis que d’ordinaire.

La barrière de la langue

"Du fait de la situation géographique de Gap à la frontière avec l’Italie, nous connaissons depuis cinq ans - et encore davantage depuis deux ans -, l’afflux de migrants - en particulier de mineurs non accompagnés (MNA), a commencé par expliquer Jacques Meyer. Les éducateurs des associations qui les prennent en charge cherchent à régulariser leur situation en leur faisant notamment signer des contrats d’apprentissage avec des entreprises. Charge à nous ensuite de les accueillir."

Pour ce directeur de CFA, la problématique se situe surtout au niveau du nombre de migrants. "Lorsque nous n’avions que deux ou trois migrants par classe, la situation était déjà difficile à gérer à cause de leur faible niveau de français, mais au-delà, la situation est devenue ingérable, a relevé Jacques Meyer. À la rentrée 2018, nous avons accueilli plus de 70 migrants, soit 15 % de nos effectifs."

Des classes d’apprentis homogènes

Face à cette hausse récente du nombre de migrants, la direction a réfléchi à une solution. "Nous avons fait le choix de constituer des classes d’apprentis homogènes en séparant les apprentis migrants des autres apprentis car la mauvaise maîtrise du français par ces premiers rendait les cours difficiles pour les professeurs, a indiqué Jacques Meyer. Nous avions donc besoin de mettre en place un accompagnement spécifique pour les migrants."

Celui-ci est devenu opérationnel en novembre 2018. "Nous avons créé un parcours en trois ans destiné aux migrants, a indiqué Jacques Meyer. Ils travaillent en entreprise pendant les trois ans, mais n’intègrent le CAP que les deux dernières années. La première année est en effet consacrée à l’apprentissage du français avec 350 heures de formation."

Deux groupes spécifiques

Pour mettre en place cette première phase de formation, le CFA a réalisé un travail en amont. "Nous avons fait passer des tests et des entretiens aux migrants, a expliqué Jacques Meyer. Cette étape nous a ensuite permis de les répartir en deux groupes d’apprentis : un groupe d’alphabétisation et un groupe de FLE (français langue étrangère). Le FLE est enseigné par nos professeurs et repose donc sur un financement propre. L’alphabétisation est en revanche assurée par des professeurs externes et repose sur un financement d’Opcalim."

Toutefois, certains migrants n’ont pas intégré ces groupes. "Certains car ils avaient un niveau de français au moins égal au CM2 et d’autres parce qu’ils refusaient de signer un contrat sur trois ans pour des problématiques d’argent ou de titre de séjour, a précisé Jacques Meyer. Ceux-là ont donc intégré le dispositif classique." Dans tous les cas, les migrants apprentis ont été principalement orientés vers le secteur du BTP et les métiers de bouche.

Des résultats d’insertion positifs

En termes de premier bilan, le directeur du CFA de Gap est partagé. "Nous craignons que ce dispositif ait un impact négatif sur nos indicateurs de réussite si seul l’aspect quantitatif et non l’aspect qualitatif est pris en compte, a-t-il alerté. En revanche, nous observons que les migrants posent très rarement de souci en entreprise et que les résultats d’insertion sont positifs. Sur les précédentes années, un jeune migrant est notamment devenu meilleur apprenti de France en peinture en bâtiment et plusieurs jeunes ont été embauchés en CDI, dont un dans un restaurant parisien étoilé."

Pour les années à venir, Jacques Meyer réfléchit à plusieurs axes d’amélioration. "Si ce phénomène migratoire se poursuit, nous envisageons de proposer plutôt des CQP ou des titres professionnels qui seraient en meilleure adéquation avec le public des migrants, a-t-il expliqué. Nous travaillons également avec les acteurs locaux pour former un consortium afin de déposer un dossier dans le cadre du PIC et obtenir des financements."

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Astrid Gruyelle, journaliste