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Édouard Philippe annonce la création d’un régime d’interdiction administrative de manifester

Les casseurs "n’auront pas le dernier mot", déclare Édouard Philippe, lundi 7 janvier 2019. Le Premier ministre était interrogé durant le 20 heures de TF1 deux jours après l'"acte VIII" de "gilets jaunes", qui a donné lieu à des violences. Il annonce que la proposition de loi sénatoriale créant notamment une interdiction administrative de manifester sera examinée début févier 2019 à l’Assemblée nationale avec le soutien du gouvernement. "Il faut préserver la liberté de manifester en France et sanctionner ceux qui veulent enfreindre ce droit à manifester", dit Édouard Philippe.

Édouard Philippe sur le plateau du 20 heures de TF1, lundi 7 janvier 2019 (capture d'écran) © TF1

"Aujourd’hui, si on veut défendre la liberté de manifester […], je crois qu’il faut faire évoluer notre droit", déclare le Premier ministre sur TF1, lundi 7 janvier 2019. "Le gouvernement est favorable à ce que notre loi soit complétée, qu’une loi nouvelle soit adoptée", souligne Édouard Philippe, qui était l’invité du journal de 20 heures.

La lutte contre le hooliganisme "a bien fonctionné"

L’interdiction de stade pour les supporteurs violents "a bien fonctionné", indique le Premier ministre. "On a pris des mesures […] qui ont permis de faire en sorte que ceux dont on savait qu’ils venaient au stade exclusivement pour casser […] puissent être interdits de participation à ces manifestations et qu’ils aillent, le cas échéant, pointer au commissariat", poursuit le chef de l’exécutif, qui souhaite ainsi étendre ce dispositif aux manifestations de voie publique.

Le texte permettra aussi "de sanctionner ceux qui ne respectent pas l’obligation de déclaration" des manifestations, "qui participent à des manifestations qui ne sont pas déclarées" ou "qui arrivent aux manifestations cagoulées". Sur ce dernier point, la contravention prévue "doit être un délit", plaide le Premier ministre.

La modification législative devra également "faire en sorte que la responsabilité civile des casseurs soit très sérieusement et très complètement engagée de façon à ce que ce soient les casseurs qui paient, pas les contribuables."

Examen début février et évolution de la doctrine

La création d’un régime d’interdiction de manifester "est une question que nous nous posons depuis quelques mois", note le Premier ministre. Elle a fait l’objet d’un groupe de travail entre le ministère de l'Intérieur et le ministère de la Justice et "d’une proposition [de loi] assez analogue qui a été discutée au Sénat et adoptée avec un avis de sagesse du gouvernement", rappelle Édouard Philippe (lire sur AEF info). Et d’ajouter : "Elle peut être discutée à l’Assemblée nationale dès le début du mois de février."

Au-delà de l’évolution de la loi, Édouard Philippe a "demandé au ministre de l'Intérieur de procéder à une actualisation du schéma national d’ordre public". "Pourquoi ? Parce qu’on constate que les méthodes utilisées par ceux qui veulent remettre en cause les institutions, qui profitent de ces manifestations pour casser changent. Nous devons aussi changer nos méthodes."

"Il faut investir dans du nouveau matériel, être plus mobiles", pointe le Premier ministre. "Entre le 1er et le 8 décembre, nous avons changé la doctrine, nous avions organisé les forces pour qu’elles soient plus mobiles de façon à faire en sorte qu’elles ne soient pas dépassées." (lire sur AEF info)

1 000 condamnations de "gilets jaunes"

 

"Il y a eu environ 5 600 gardes à vue depuis le début des événements", déclare Édouard Philippe au sujet de la mobilisation des "gilets jaunes", lundi 7 janvier 2019. Celles-ci ont donné lieu à "plus de 1 000 condamnations" dont 153 avec mandat de dépôt, indique le Premier ministre. L’un des auteurs de l’agression de plusieurs policiers motocyclistes à Paris, samedi 22 décembre 2018 (lire sur AEF info), a été identifié, annonce le chef de l’exécutif. "Il a été interpellé le 31 décembre, il est aujourd’hui en détention provisoire." Quant aux dégradations de l’Arc de Triomphe, "treize personnes ont été identifiées et interpellées, il y a deux détentions provisoires", indique Édouard Philippe.

"Nous avons pris la décision, pour samedi prochain, de faire en sorte d’assurer une mobilisation considérable", annonce par ailleurs le Premier ministre. "Près de 80 000 agents des forces de l’ordre" seront mobilisés, dont "près de 5 000 à Paris". "Nous allons faire en sorte de procéder à de nombreuses interpellations", ajoute-t-il. Et Édouard Philippe de conclure : "Ce ne sont pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot."

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Clément Giuliano, journaliste