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Strasbourg : l'Hôtel des Postes néogothique réhabilité en logements

Au printemps 2019 sera lancée la réhabilitation de l'Hôtel des Postes de Strasbourg, tout juste 120 ans après son inauguration. Le projet, porté principalement par Bouygues immobilier, vise à transformer cet ensemble de bureaux en logements, dont certains en démembrement, et en plateaux tertiaires. En raison du caractère de cette vaste bâtisse néogothique et de sa situation dans un quartier inscrit à l'Unesco, des contraintes patrimoniales s'imposent.

L'Hôtel des Postes de Strasbourg, dont la réhabilitation en un ensemble mixte sera lancée au printemps prochain. Bouygues immobilier

Situé à quelques centaines de mètres de la cathédrale gothique en grès rose, l’Hôtel des Postes de Strasbourg, bâtiment de près de 20 000 m2, lui aussi paré de grès et construit alors que Strasbourg et l’Alsace étaient allemandes à la fin du XIXe siècle, entame sa mue. Alors qu’il hébergeait jusqu’à peu la poste centrale de la ville, il sera réhabilité à partir du printemps prochain, au profit d’un ensemble mixte attendu pour l’été 2021.

C’est alors un simple bureau de poste qui rouvrira. Le reste des murs sera occupé par des logements et des plateaux tertiaires. Vendus par la Poste Immo à Bouygues Immobilier, les lieux, qui forment un carré autour d’une cour centrale, seront partagés en plusieurs tranches.

HAUT DE GAMME ET DÉMEMBREMENT

Seront ainsi proposés 62 logements haut de gamme en accession libre, vendus à hauteur de 6 500 à 7 000 € HT/m2, 84 logements en location dans une résidence senior et 38 logements locatifs sociaux achetés par Habitation moderne (lire sur AEF info). Dix-huit le seront en Vefa et 20 en démembrement pour quinze ans. Leur nue-propriété sera portée par Perl, structure avec laquelle le bailleur a déjà conduit un projet commun en 2012.

Le choix du démembrement s’est fait au fur et à mesure du "circuit de consultation" et de l'"affinement de l’offre", expliquait fin décembre 2018 à AEF info Jean-Marc Eich, directeur développement et patrimoine du bailleur, rappelant que le PLU eurométropolitain impose 35 % de logements sociaux. "Vous vous en doutez bien, le but pour le vendeur c’est, aussi, d’augmenter la valeur du bien à vendre. Dans ce subtil mélange le logement social tire un peu le prix vers le bas. Une des solutions est de recourir au démembrement." Il note en outre que ce système ne nécessitant pas d’investissement, "il ne pèse pas trop dans [les] comptes", tout en permettant "de mettre du logement social dans des endroits totalement inaccessibles aux bailleurs". L’Hôtel des Postes est situé à quelques dizaines de mètres de la Grande Île qui forme l’hypercentre de Strasbourg.

Dans le détail, la partie en démembrement comptera 3 T1, 8 T2, 4 T3, 2 T4 et 3 T5, de 35 à 111 m2, pour un loyer moyen mensuel courant de 370 € à 852 €. Les logements en pleine propriété (2 T1, 11 T2, 1 T3, 3 T4 et 1 T5), dont 6 sont en PLAI et 12 en PLS, coûteront aux locataires de 330 à 528 €/mois.

Les différents volets comprendront des mezzanines et des duplex, du fait de la hauteur disponible sous plafond notamment (jusqu’à quatre mètres). En plus des logements, une brasserie et des plateaux tertiaires (dont un "cluster" bâti au centre de la cour intérieure) sont prévus.

CONTRAINTES PATRIMONIALES

Le caractère historique de l’Hôtel des Postes et sa situation dans le quartier de la Neustadt, classé à l’Unesco depuis 2017, imposent certaines contraintes de conservation. À commencer par la préservation de la façade dans son jus historique. Au-delà des questions esthétiques (pignons, baies géminées, verrières, roses…), cela aura des conséquences sur l’agencement des logements. Le respect de l’alignement régulier des larges fenêtres les empêchera de correspondre à des "surfaces moyennes types", précise pour sa part Arnaud Berger, manager grands projets et innovations urbaines à la direction régionale Est de Bouygues immobilier. L’espace des appartements sera organisé en décloisonnant les anciens bureaux.

Seul leur espace intérieur sera pourtant moderne, les circulations historiques devant elles aussi être sauvegardées. À savoir : d’imposants escaliers en granit et des couloirs parés de terrazzo, sous croisées d’ogives, et bordés de portes en bois sculpté.

Ces dernières ne répondant pas aux normes incendie actuelles, seul leur habillage devrait être conservé en le "plaquant" sur des portes standards (sous réserve de validation des avis techniques). Quant à celles qui auraient logiquement dû disparaître du fait de la mutualisation, pour créer un seul et même logement, de l’espace occupé initialement par plusieurs bureaux, elles devraient être collées aux murs pour garder la régularité apparente de distribution actuelle.

Plus rare, les travaux entreront aussi dans le champ de la restitution d’éléments disparus. Ce sera le cas d’un clocher détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et d’un passage conduisant de l’avenue voisine à la cour centrale, actuellement condamné, et dont la réouverture devra permettre à tout un chacun d’entrer dans les lieux. Le coût global de la réhabilitation est estimé à 25 M€ HT.

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Bénédicte Weiss, journaliste