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"Il y a peu d’entreprises qui embauchent autant !" : l’enjeu du recrutement dans la police nationale

La police nationale procédera, en 2019, à plus de 9 000 recrutements afin de remplacer les départs à la retraite et créer quelque 1 700 postes supplémentaires. "Il y a peu d’entreprises qui embauchent autant !" soulignait Éric Morvan, directeur général de la police nationale, lors de la présentation d’un nouveau site internet d’information destiné aux candidats, fin novembre 2018. Dénommée "Objectif police", cette plateforme vise à donner des informations concrètes aux futurs ADS, gardiens de la paix ou cadres de la police nationale. Dans un contexte où la concurrence pour attirer des candidats au sein des forces de l’ordre tend à s’accentuer – notamment avec l’armée ou l’administration pénitentiaire –, il convient de "susciter des vocations nouvelles", comme l’a pointé Christophe Castaner, lundi 7 janvier 2019, mais également d’élargir le vivier de recrutement.

Des policiers dans la cour de la Préfecture de police en décembre 2018 (photo d'illustration) © Vernier/JBVNEWS

"Casser les clichés, parler vrai et désacraliser ce qu’est la police nationale" : tel est, selon Philippe Lutz, directeur central du recrutement et de la formation de la police nationale, l’objectif de la nouvelle plateforme baptisée "Objectif police". Ouverte en novembre 2018, elle permet à des candidats d’échanger en ligne avec des "ambassadeurs" issus des différents corps et spécialités de la police nationale. "Pourquoi un nouvel outil ? Est-ce que le recrutement en vaut la peine ? La réponse est oui !" assure Philippe Lutz.

Depuis son lancement, le site a généré quelque 700 questions sur des sujets aussi divers que le salaire, l’accès aux différents grades de la police nationale ou encore les conditions de travail. "Bonjour, est-il possible d’être externe [en] école de police ?" demande par exemple un internaute. "C’est une possibilité mais il est vrai que pour une bonne cohésion de promotion, j’aurai tendance à te conseiller l’internat en école", lui répond Abdel B., élève commissaire.

Meilleure information, élargissement du recrutement

"L’idée, c’est de recruter des personnes qui ne se sont pas trompées de voie ni venues dans la police par défaut", souligne Éric Morvan, directeur général de la police nationale, lors du lancement du site internet. "Même si nous avons de l’ordre de 25 000 candidats pour 2 000 à 3 000 postes de gardien de la paix, il est nécessaire d’ajuster encore le recrutement, notamment dans un contexte où la police nationale est entrée dans la complexité, avec de nombreuses spécialités", ajoute Philippe Lutz. Le directeur central du recrutement et de la formation souligne qu'"Objectif police" vient compléter les autres actions de la police nationale en matière de recrutement, telle que la participation à de nombreux salons dans le domaine de l’orientation, ou encore la campagne de communication lancée en mai 2018 (lire sur AEF info).

L’enjeu de ces opérations de communication est également de maintenir un nombre de candidats suffisamment important pour recruter des gardiens de la paix au niveau attendu. Si l’épisode du deuxième concours de 2016 – qui avait abouti à 400 postes vacants, selon les informations recueillies par AEF info – ne s’est pas reproduit lors des épreuves organisées depuis, la problématique reste d’actualité.

Outre le développement de l’information à destination des candidats, un concours supplémentaire de recrutement de gardiens de la paix est en préparation, comme l’a rappelé le ministère de l'Intérieur dans une réponse écrite au député Jean-Michel Jacques (LREM, Morbihan). "Alors qu’actuellement 50 % des postes offerts au recrutement des gardiens de la paix sont réservés à un concours accessible uniquement aux adjoints de sécurité, aux cadets de la République et aux gendarmes adjoints volontaires, une modification en cours des textes réglementaires applicables vise à instituer, à compter de la session de septembre 2019, un concours interne ouvert aux fonctionnaires et agents de l’État, des collectivités territoriales, des établissements publics ainsi qu’aux militaires", indique la place Beauvau.

Conditions de travail et d’affectation

Mais, ainsi que l’a souligné Christophe Castaner lors de ses vœux aux forces de sécurité, lundi 7 janvier 2019 (lire sur AEF info), attirer "les talents et les compétences" nécessite d’œuvrer sur plusieurs leviers. "Nous créons de meilleures conditions de vie et d’engagement", a souligné le ministre de l'Intérieur. "Nous mettons en place des formations tout au long de la vie et du parcours. Cela veut dire que chacune et chacun peut continuer à apprendre, à évoluer dans son travail, peut bénéficier de formations innovantes, enrichissantes", assure-t-il. "Et nous serons attentifs aux priorités d’affectation pour mieux concilier aspirations personnelles et parcours professionnel, permettre ensuite de bouger et de changer."

L’enjeu spécifique du corps des officiers de police

 

Si la DGPN recrutait 70 officiers de police par an au cours des dernières années, ce sont 200 membres de ce corps qui devront rejoindre l’institution en 2019, puis 350 en 2020 et "400 à partir de 2021", indique-t-on à la DGPN. En cause, un nombre de départs en retraite important, la fin de la diminution des effectifs d’officiers de police et la nécessité de renforcer l’encadrement après les créations d’effectifs de gardiens de la paix depuis 2012.

Interrogés par AEF info dans le cadre d’un entretien organisé par la police nationale, jeudi 29 novembre 2018, plusieurs élèves officiers indiquent avoir choisi cette profession pour exercer des fonctions de management. "C’est un positionnement intéressant, à la rencontre du terrain et de la hiérarchie", résume Élodie, 26 ans, qui a réussi le concours externe après un master 2 en sécurité publique. Certains candidats rejoignent également le corps des officiers avec l’objectif d’exercer dans le domaine de l’investigation.

Les inscriptions pour le prochain concours d’officiers, ouverts aux titulaires d’une licence, sont ouvertes jusqu’au 1er février 2019 pour une intégration des lauréats en école en janvier 2020.

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Clément Giuliano, journaliste