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Antoine Frérot (Veolia) : "Cela ne coûte rien de ne pas investir en sécurité… jusqu’au drame" (colloque annuel du CDSE)

Le directeur de la sécurité en entreprise est encore "loin d’être le meilleur ami du directeur financier". C’est ce qu’affirme Antoine Frérot, P-DG de Veolia, lors du colloque annuel du CDSE, mardi 18 décembre 2018. "Très souvent, le directeur financier demande quel serait le coût de ne rien faire", relate-t-il. "La réponse est que cela ne coûte rien… jusqu’au drame !" Frédéric Oudéa, directeur général de la Société générale, évoque quant à lui la difficulté de mesurer le "retour sur investissement" en termes de sécurité.

"Il n’y a pas de raisonnement solide, économique, pour calculer le retour d’un investissement en matière de sécurité", estime Antoine Frérot, mardi 18 décembre 2018. Le P-DG de Veolia s’exprimait lors d’une table ronde sur la perception de l’investissement en sécurité dans l’entreprise organisée dans le cadre du colloque annuel du CDSE (lire sur AEF info). "Nous devons donc raisonner en nous concentrant sur les risques, en établissant une cartographie des risques", poursuit-il. "Il s’agit d’occurrences faibles, voire extrêmement faibles, mais qui, lorsqu’elles surviennent, impliquent des coûts extraordinairement élevés."

Le dirigeant note que si "un défaut de sûreté peut avoir une gamme de coûts très large, voire non mesurables et irréparables lorsque cela se paye en vies humaines", l’entreprise doit malgré tout "avoir des limites en matière d’investissement en sécurité". "Le risque zéro n’existe pas, il faut donc faire confiance à sa capacité de jugement, à son bon sens et travailler en équipe pour trouver le juste milieu".

Pas de "TRI" pour l’investissement en sécurité

"Je ne suis pas sûr que l’on puisse aller au bout de l’exercice consistant à mesurer le retour sur investissement en matière de sécurité avec un TRI (taux de rentabilité interne) classique", affirme pour sa part Frédéric Oudéa. Le directeur général de la Société générale estime que, contrairement à d’autres, l’investissement en sécurité "ne se fait pas avec un business plan sur 20 ans". "Il me semble donc compliqué d’avoir ce type d’évaluation financière extraordinairement poussé."

Frédéric Oudéa explique que le "capital fondamental" d’une banque réside dans "la confiance de ses clients". "Il faut donc déployer une stratégie de sécurité la plus efficace possible, qui suppose d’essayer au maximum d’avoir une bonne compréhension des menaces, 'benchmarker' en permanence et essayer de s’assurer, en liaison avec l’écosystème, que nous apportons les bonnes réponses à ces menaces." Le directeur général de la Société générale cite ainsi l’exemple de la mise en place d’un cercle cybersécurité au sein de son entreprise. "Nous essayons ainsi de maintenir le niveau de liaison avec les agences d’État spécialisées sur ces questions et d’investir à un niveau correct par rapport aux risques, et pertinent économiquement."

Quel positionnement du directeur de la sûreté ?

Interrogé sur le positionnement du directeur de la sécurité dans l’entreprise, Antoine Frérot explique qu’au sein de Veolia, ce dernier – l’ancien patron du Raid, Jean-Louis Fiamenghi (lire sur AEF info) – "dépend de [s]a direction". "Mais nous n’avons pas besoin de nous voir souvent. Nous n’avons pas un rendez-vous régulier et établi, mais il peut venir me voir quand il veut et me passer de l’information par différents canaux." Antoine Frérot ajoute que Jean-Louis Fiamenghi "correspond bien au style de l’entreprise". "À chaque fois que Jean-Louis Fiamenghi annonce son arrivée dans une de nos installations, on reprend de la sérénité, on est rassuré."

Pour sa part, Frédéric Oudéa indique qu’il a lui même souhaité créer une direction de la sécurité au regard de "l’évolution de la menace ces dernières années". "Nous cherchions un profil de directeur de la sécurité qui puisse s’intégrer dans l’entreprise et prendre en charge les différentes équipes chargées des risques sur les biens, les personnes, les systèmes d’information et qui ait également la capacité d’être en relation avec tout l’écosystème d’agences spécialisées", précise-t-il. "Nous avons donc choisi une personnalité et des compétences", ajoute le directeur général de la Société générale en référence à Antoine Creux, ancien DPSD et directeur de la sécurité du groupe (lire sur AEF info).

"Nous avons été en contact régulier, dans le cadre d’un groupe de travail, pour gérer les incidents des dernières semaines" survenues dans le cadre de la mobilisation des "gilets jaunes" (lire sur AEF info). "Il y a aussi des moments où tout se passe bien, ainsi nous devons faire confiance à nos collaborateurs sans être greffés sur eux en permanence."

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Marc-Antoine Bindler, journaliste