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Nicolas Lerner : "Il faut mettre le renseignement économique au service des stratégies des entreprises" (CDSE)

"Le renseignement économique est trop souvent considéré par les entreprises sous l’angle de la protection économique", regrette Nicolas Lerner, mardi 18 décembre 2018. Le directeur général de la sécurité intérieure s’exprimait lors du colloque annuel du CDSE, à Paris. "Il faut mettre le renseignement économique au service des stratégies des entreprises, dans une logique bien plus offensive." Nicolas Lerner estime par ailleurs que les services de renseignement ont un rôle à jouer pour accompagner les entreprises dans l’évaluation des risques lors d’investissements.

"La DGSI est particulièrement mobilisée sur le renseignement économique", assure le directeur général de la sécurité intérieure, Nicolas Lerner, lors du colloque annuel du CDSE, organisé à Paris mardi 18 décembre 2018. Selon lui, le service de renseignement "vient apporter sa contribution à une multitude d’acteurs institutionnels et vient mettre à disposition ses capteurs".

"Ce sont d’abord les textes qui l’exigent, la DGSI étant chargée de la protection des intérêts matériels et immatériels de l’économie française", rappelle Nicolas Lerner. "Dans notre dialogue avec les chefs d’entreprise, nous devons trouver le discours qui permettra de les sensibiliser aux problématiques de l’économie française", ajoute-t-il. Cette démarche de protection des intérêts économique nationaux est cependant rendue compliquée par l’internationalisation des dirigeants d’entreprises comme des capitaux. "Il est par conséquent important de réfléchir à la définition du capital français."

De manière générale, Nicolas Lerner estime que les entreprises insistent "trop souvent sur le volet défensif de la sécurité, et ne la présentent pas assez comme un atout concurrentiel".

Un accompagnement stratégique

"Nous avons développé des outils pour accompagner les entreprises face aux risques", affirme par ailleurs Nicolas Lerner. Selon lui, "1 400 conférences de sensibilisation sont notamment conduites chaque année". "J’invite l’ensemble des dirigeants à avoir recours à ce type d’outils. Je suis frappé de voir que, tous les jours, l’ensemble des entreprises françaises peuvent constituer des proies." Et de se féliciter que "l’ensemble des outils proposés sont désormais bien perçus par les dirigeants, notamment ceux qui sont chargés de la sécurité, même s’il y a encore des progrès à faire sur l’aspect défensif".

La DGSI est "pleinement satisfaite" de Palantir

 

Interrogé sur le contrat qui lie la DGSI et la société américaine de traitement de données Palantir, Nicolas Lerner répond que sa direction est "pleinement satisfaite". Afin de pallier l’absence de solution française pour l’analyse de données de masse, la DGSI fait appel à la société américaine Palantir depuis 2016, un choix qui fait polémique (lire sur AEF info). En octobre 2018, le Gicat a cependant annoncé la création d’une "alternative française à Palantir" (lire sur AEF info), un cluster composé désormais de 25 sociétés (lire sur AEF info).

"Les services de renseignement peuvent néanmoins avoir un rôle à jouer dans l’accompagnement des entreprises, dans l’évaluation du risque qu’elles sont amenées à prendre lors de leurs investissements, de leur développement à l’international ou en partenariat à l’étranger", estime Nicolas Lerner. Le DGSI s’étonne des choix parfois effectués par les entreprises "pour des décisions à court terme – comme le recrutement d’un salarié, l’ouverture du capital ou des investissements à l’étranger – qui peuvent à moyen terme se retourner complètement contre elles". "Ce peut être un moyen de sensibiliser les entreprises, en prenant des exemples très précis. L’entreprise restera quoi qu’il en soit le seul décideur ; nous pouvons être amenés à lui prodiguer des conseils, mais nous respectons toujours sa position."

"Cette démarche suppose un effort dans les outils et méthodes que nous leur proposons", complète le DGSI. "Cela implique également que les responsables de la sécurité de chaque entreprise soient associés aux choix stratégiques de l’entreprise."

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Raphaël Marchal, journaliste