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"Il ne faut pas attendre que les apprentis tombent des services publics de l’orientation" (congrès de la Fnadir)

Quelles évolutions s’imposent aux directeurs de CFA pour "réussir" la réforme de la formation prévue par la loi du 5 septembre 2018 ? Telle était la question posée au cours du congrès des directeurs et directrices de centres de formation fédérés par la Fnadir, qui s’est déroulé à Lyon les 12 et 13 décembre 2018. Pour y répondre, une table ronde donnait la parole, entre autres, au directeur régional d’Opcalia, Cyrille Symminger, et à l’ancien directeur d’Agefos PME Auvergne-Rhône-Alpes, Serge Geri, aujourd’hui délégué auprès du directeur général d’Agefos PME.

unsplash/maxa

"En tant qu’Octa, nous avons appris à travailler avec les CFA. Demain, en tant qu’Opco, nous devrons décrypter les besoins des branches qui nous auront désignés, continuer à promouvoir l’alternance sur les territoires et travailler à l’élaboration du coût contrat". C’est en ces termes que Serge Geri, délégué auprès du DG d’Agefos PME, esquisse le rôle renforcé des Opco dans le nouveau paysage de l’alternance et vis-à-vis des CFA, au cours du congrès de la Fnadir (fédération nationale des directeurs de CFA), le 12 décembre 2018 à Lyon.

Devant 170 congressistes, l’ancien directeur d’Agefos PME Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que le directeur régional d’Opcalia, entre autres, ont évoqué les évolutions que les CFA doivent, selon eux, mettre en œuvre pour "réussir" la réforme de la formation, portée par la loi du 5 septembre 2018.

Les liens avec les entreprises

Tous les intervenants soulignent la nécessité de tisser des liens plus étroits avec les entreprises. "Beaucoup d’entreprises nous interrogent sur l’intérêt d’avoir leur propre CFA", témoigne Sabrina Dougados, avocate associée du cabinet Fromont Briens. "Il faut que vous démontriez votre valeur ajoutée par rapport à une entreprise qui crée son CFA", prévient-elle, s’adressant aux directeurs et directrices de CFA rassemblés sur le campus de l’IGS.

"Il faut comprendre que les entreprises sont des structures à former", ajoute de son côté Cyrille Simminger, directeur régional d’Opcalia : "Il faut donc les impliquer davantage dans le processus de formation et de construction de la formation, plus que vous ne le faites aujourd’hui." Le directeur régional ajoute qu’un quart des contrats de professionnalisation "ne font pas appel à un organisme de formation, mais ce sont les entreprises qui forment en leur sein". "Vous allez être obligés de tenir compte des exigences des entreprises, qui voudront une offre correspondant à leurs besoins de façon quasi immédiate", insiste-t-il. "Il y a une agilité à trouver." "Le CFA doit se positionner comme acteur auprès des entreprises", abonde Xavier Boutard, consultant.

rôle essentiel du recrutement

Dans un système libéralisé, dans lequel un jeune apprenti apporte au CFA des ressources correspondantes à un "coût contrat" forfaitisé par spécialité d'enseignement, "nous devons garantir le flux des jeunes vers nos formations", estime aussi Cyrille Symminger, "mais sans se bagarrer pour un jeune en plus". "Il faut que l’on travaille mieux avec les 'alimentateurs' que sont le rectorat, Pôle emploi ou les missions locales, dans un cadre normé. Il faut aussi que les entreprises déposent davantage d’offres, et qu’elles expriment mieux leurs besoins en compétences."

"La clé, c’est le sourcing, des jeunes et des entreprises", affirme de son côté Sabrina Dougados. "C’est le facteur clé de la réussite de demain. Il ne faut pas attendre que les apprentis tombent des services publics de l’orientation", prévient-elle. Serge Geri insiste également sur l’importance de l'"accompagnement en amont, par le sourcing, et en aval dans l’emploi".

Les ressources

"Le modèle du CFA traditionnel va évoluer. Le juge de paix demain sera la rentabilité des sections", rappelle Xavier Boutard, ajoutant que le modèle économique des centres en sera "bouleversé". "Est-ce qu’il va falloir créer une fonction marketing au sein des établissements ?", lance-t-il à l’assemblée.

Les directeurs de CFA soulignent la difficulté de financer à la fois la qualité, l’individualisation, et l’accompagnement au changement, tout en ayant des impératifs de rentabilité. "Si le coût-contrat ne pallie pas le coût de fonctionnement, il faut aller chercher d’autres ressources, en se tournant vers les entreprises", répond Cyrille Symminger.

"Il va falloir que les Opca [les futurs Opco] travaillent plus avec les CFA pour comprendre mieux les coûts de formation", estime de son côté Xavier Boutard.

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Sophie Esposito, journaliste