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Climate Finance Day: des principes pour une banque responsable mis en consultation publique (Unep-Fi)

L’Unep-Fi (l'Initiative financière de l'ONU Environnement) et 28 banques issues de 20 pays (1), représentant 17 000 milliards de dollars, parmi lesquelles BNP Paribas et Société générale pour la France, lancent une consultation publique sur des "principes pour une banque responsable", lundi 26 novembre 2018, à l’occasion de la table ronde mondiale de l’Unep Fi organisée en amont du 4e Climate Finance Day à Paris. La consultation durera six mois, afin que les principes soient signés à l’assemblée générale de l’ONU en septembre 2019.

Principles for Responsible Banking Unep Fi

Ces principes, publiés le 26 novembre et ouverts à la consultation publique, définiront le rôle et les responsabilités du secteur bancaire dans la construction d’un futur durable. L’objectif de ce nouveau cadre est que les banques alignent leurs activités avec les ODD et l’accord de Paris.

"tourner la page de l’après-crise"

Selon l’Unep-Fi, les principes "fixent pour la première fois un standard mondial sur la signification d’une banque responsable, et une ligne directrice sur l’intégration de la durabilité" à travers tous les domaines de la banque sur trois niveaux : la stratégie, le portefeuille, et la transaction. "Ils permettront de s’assurer que les banques créent de la valeur aussi bien pour leurs actionnaires que la société."

"Les banques doivent encore regagner la confiance après la crise financière il y a dix ans. Dans un monde incertain et moins coordonné, elles doivent construire quelque chose de positif, afin de tourner cette page de l’après-crise", analyse Frédéric Oudéa, PDG de Société générale.

risque de retrait de la liste de signataires

En signant ces principes, les banques "s’engagent à être publiquement responsables de leurs impacts sociaux, environnementaux, économiques positifs et négatifs", avance l’Unep Fi. Elles acceptent de fixer des objectifs publics pour répondre à leurs impacts négatifs les plus significatifs et améliorer leurs impacts positifs pour s’aligner avec les objectifs nationaux et internationaux sur le développement durable et le climat.

Ces principes permettront aussi aux investisseurs, décideurs, clients, et à la société civile de comparer les banques et les tenir responsables pour leurs impacts et contributions. "Il s’agit d’un engagement sérieux : les banques qui ne répondent pas aux exigences de transparence, ne fixent pas d’objectifs adéquats et ne démontrent pas de progrès, risqueront d’être retirées de la liste de signataires", précise Simone Dettling, en charge du projet à l’Unep-Fi. "Nous attendons un retour des acteurs pendant ces six mois de consultation. Plus il y aura de signataires, plus grand l’impact sera."

"véritable pouvoir d’accélérer les choses"

"Les banques sont importantes car elles sont le lien principal de la population avec la finance. Ainsi, leurs rôle, décisions, et positions sur les sujets sont essentiels. Elles ont un véritable pouvoir d’accélérer les choses", remarque Elliott Harris, économiste en chef de l’UN Desa (le département des affaires économiques et sociales du Secrétariat des Nations unies). "Alors que la réglementation fixe un minimum requis sur les pratiques, les principes permettent d’aller bien plus loin."

"Les banques devraient se soucier de leurs impacts et risques. C’est donc une initiative très utile qui arrive au bon moment et qui sera complémentaire des actions déjà mises en place par les investisseurs", estime Martin Skancke, président des PRI, qui ont servi de base pour définir les principes pour les banques responsables. Il propose de réfléchir d’ores et déjà à mettre en place un suivi des engagements.

6 principes

En résumé, les 6 principes auxquels les banques s’engagent sont :

  1. Alignement : nous alignerons notre stratégie commerciale sur les besoins des individus et les objectifs de la société, conformément aux ODD, à l’accord de Paris sur le climat et aux cadres nationaux et régionaux pertinents. Nous allons concentrer nos efforts là où nous avons l’impact le plus significatif.
  2. Impact : nous augmenterons continuellement nos impacts positifs tout en réduisant les impacts négatifs sur les personnes et l’environnement et en gérant les risques résultant de nos activités, produits et services.
  3. Clients : nous allons travailler de manière responsable avec nos clients pour encourager les pratiques durables et permettre des activités économiques créant une prospérité partagée pour les générations actuelles et futures.
  4. Parties prenantes : nous consulterons, engagerons et établirons des partenariats de manière proactive et responsable avec les parties prenantes concernées pour atteindre les objectifs de la société.
  5. Gouvernance et établissement d’objectifs : nous mettrons en œuvre notre engagement vis-à-vis de ces principes par le biais d’une gouvernance efficace et d’une culture de la banque responsable, en faisant preuve d’ambition et de responsabilité, en fixant des objectifs publics concernant nos impacts les plus significatifs.
  6. Transparence et responsabilité : nous examinerons périodiquement notre mise en œuvre individuelle et collective de ces principes et ferons preuve de transparence quant à nos impacts positifs et négatifs et à notre contribution aux objectifs de la société, et en rendrons compte.

éliminer le financement d’énergies fossiles

L’ONG Banktrack, dans un communiqué, demande que les signataires de ces principes prennent "rapidement" des "engagements concrets pour garantir que les principes conduisent à un réel changement dans la conduite des banques".

"Cela exige au minimum que les banques qui signent ces principes s’engagent à arrêter immédiatement de financer les nouveaux projets d’énergie fossile et développent un plan d’élimination des financements existants de leurs portefeuilles", souligne l’ONG. Elle est cosignataire d’un rapport des Amis de la Terre publié ce lundi selon lequel BNP Paribas, Société générale et le Crédit agricole ont augmenté leurs financements en faveur du climat depuis l’adoption de l’accord de Paris en décembre 2015 (lire sur AEF info). "Les banques doivent aussi se préparer à rompre les relations commerciales avec les clients dont les activités font de gros dégâts sur la planète et les communautés, mais aussi à améliorer leurs engagements de transparence."

Sur cette demande, Frédéric Oudéa, PDG de Société générale a répondu lors de la conférence : "Il faut travailler ensemble à la transition énergétique. Nous avons encore besoin des énergies fossiles. Nous avons pris un engagement d’éliminer le charbon mais nous continuons de financer les secteurs de pétrole et du gaz, indispensables."

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Sabrina Dourlens, journaliste