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Étudiants étrangers en mobilité : pourquoi le 4e rang mondial de la France est-il menacé ?

La France est le 4e pays d’accueil des étudiants en mobilité internationale, d’après les dernières données de l’Unesco portant sur l’année 2016. Après avoir cédé la 3e place à l’Australie en 2009, elle pourrait bientôt céder cette 4e place à la Russie ou à l’Allemagne qui la talonnent : ces trois pays accueillent environ 245 000 étudiants étrangers en mobilité diplômante au sens de l’Unesco. Mais l’attractivité de la Russie et de l’Allemagne, notamment à l’égard des étudiants asiatiques et africains, tranche avec la faible dynamique des chiffres en France.

En 2016, 5,5 millions d'étudiants poursuivaient leurs études dans un autre pays que le leur. Parmi les pays d'accueil, la France occupe le 4e rang mondial. Elle est le premier pays non anglophone, les trois premières places étant occupées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. Forte de 324 000 étudiants étrangers sur son sol selon CampusFrance, dont 245 000 en mobilité diplômante au sens de l'Unesco (1) (lire sur AEF info), elle espère en accueillir 500 000 en 2027. C'est l'objectif affiché du plan gouvernemental intitulé "Bienvenue en France", présenté le 19 novembre à l'occasion des Rencontres universitaires de la francophonie (lire sur AEF info). Ce plan vise à renforcer l’attractivité de la France aux yeux des étudiants étrangers tentés par la mobilité internationale, alors que leur nombre total pourrait atteindre les 9 millions, d’après les estimations de CampusFrance.

Le rang de la France est "disputé par ses voisins (Allemagne, Russie), par des pôles d’attractivité puissants (Chine, Canada) et par de nouveaux acteurs (Arabie Saoudite, Turquie, Pays-Bas). Le nombre d’étudiants en mobilité y progresse beaucoup plus vite qu’en France, qui risque de perdre prochainement sa 4e place", avertit CampusFrance. Sans doute dès 2017 si les chiffres de l’Unesco gardent cette même dynamique. Car "ces pays développent des stratégies d’attractivité offensives". Les cibles prioritaires : les étudiants asiatiques (lire sur AEF info) et les étudiants africains (lire sur AEF info).


Or la dynamique actuelle est plus faible en France que dans la plupart des pays du top 10 en 2016. Le nombre d’étudiants étrangers en mobilité diplômante augmente dans ces 10 pays par rapport à 2013, mais il n'augmente que de 7,3 % en France, contre 38,2 % en Chine ou 24,4 % en Allemagne, par exemple. Globalement, les effectifs comptabilisés ont augmenté de 20,2 % dans le monde, soit environ trois fois plus vite qu'en France. Seuls le Japon et le Royaume-Uni voient leurs effectifs augmenter plus lentement que la France.

Il est à noter que nous ne remontons pas plus loin que 2013 en raison du changement de mode de comptage de l'Unesco à cette date pour la France et l'Allemagne. Le changement de définition des "étudiants étrangers" pris en considération par l'organisation internationale avait entraîné une chute artificielle de 15 % des effectifs comptabilisés de 2012 à 2013 dans le cas français.


comparaison France, Allemagne, Russie

Si l’on se concentre sur ces trois pays, la France, la Russie et l’Allemagne, on peut observer un rapprochement d’année en année. La France accueillait précisément 245 349 étudiants en mobilité diplômante en 2016, la Russie talonnait la France (243 752), tout comme l’Allemagne (244 575).


Les valeurs absolues concernant ces trois pays étant très proches, regardons quels étudiants ils attirent, de quels continents ils viennent en priorité. En 2016, 54 % des 5,5 millions d’étudiants en mobilité diplômante venaient d’Asie. Cette proportion est encore plus forte en Russie (72 %) : le seul autre continent à se distinguer est l’Europe (19 %). En Allemagne, la situation est plus équilibrée, avec 43 % d’étudiants étrangers venant d’Europe et 38 % venant d’Asie. En France, la part des étudiants asiatiques tombe à 23 % : son attractivité vis-à-vis des étudiants originaires d’Asie semble plus faible. Le premier continent d’origine reste l’Afrique (45 %), dont les ressortissants sont nettement moins nombreux en Allemagne (9 %) et encore moins en Russie (3 %).


Cependant, le nombre d’étudiants africains progresse moins vite en France (+7,5 %) qu’en Russie (+50,3 %) ou en Allemagne (+20,6 %) de 2014 à 2016, témoignant d’un ralentissement de l’attractivité de la France, même sur ce continent plutôt francophone. Dans le même temps, le nombre d’étudiants asiatiques a diminué en France (-1,8 %), tandis que ce marché reste florissant pour la Russie (+35,1 %) et pour l’Allemagne (+22,2 %).


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Marie Simon, journaliste