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Droits humains et entreprises : le classement 2018 du CHRB évalue 101 entreprises de 3 secteurs, dont 7 françaises

Le CHRB (Corporate human rights benchmark), coalition d’investisseurs et d’experts en droits humains, a publié dimanche 11 novembre 2018 son classement des entreprises sur leur respect des droits de l’homme. Il évalue 101 entreprises de trois secteurs à haut risque — produits agricoles, textile et extractif —, dont 7 entreprises françaises : Total, Danone, Kering, Carrefour, Pernod-Ricard, LVMH et Hermès.

Le CHRB, qui a publié ce dimanche son classement sur les entreprises et les droits humains, alerte sur des "résultats alarmants", qui signifient que sept ans après l’adoption des principes de l’ONU sur les entreprises et droits de l’homme, même "les secteurs à haut risque ne sont pas encore à la hauteur sur le respect des droits humains".

"Une évolution rapide est possible"

Le score moyen des entreprises est de 27 %. Près de deux tiers des entreprises ont un score inférieur à 30 % et plus d’un quart a une note inférieure à 10 %. Plusieurs entreprises montrent la voie avec un score au-dessus de 60 %. "L’écart entre les leaders et les plus bas du classement souligne la disparité dans les approches sur le respect des droits humains et de la transparence", souligne le CHRB.

Plusieurs entreprises ont vu leur score augmenter rapidement par rapport au premier classement en 2017. ENI, Adidas, Vale, Diageo et Danone ont réalisé au moins 25 % d’augmentation. Pour le CHRB, "ces exemples montrent qu’une évolution rapide est possible, lorsqu’il y a une volonté suffisante dans l’entreprise pour intégrer les droits humains dans leur stratégie, pour améliorer la transparence et la diffusion des informations".

Le secteur des produits agricoles affiche un score moyen de 25,5 %. Le secteur du textile a une moyenne de 26,7 %. Et le secteur extractif obtient 29,4 %. "Seuls 2 % séparent chaque secteur, montrant des manquements dans la mise en œuvre des principes de l’ONU. La diligence raisonnable des droits de l’homme reste un domaine de performance faible", regrette le CHRB.

Total en tête des entreprises françaises

Adidas arrive en tête du classement avec un score compris entre 80 et 90 %. Elle est suivie des entreprises minières Rio Tinto et BHP Billiton (70-80 %). On retrouve ensuite Marks & Spencer, Unilever, Vale, ENI et VF dans la tranche 60-70 %. Ensuite, suivent Coca Cola, Kellogg, Royal Dutch Shell, Inditex, Freeport, Anglo-American et Gap dans la tranche 50-60 %. Dans les entreprises très mal classées (0-10 %), on trouve entre autres Starbucks, Gazprom, Prada, PetroChina, Macy’s et Kraft Heinz.

Sept entreprises françaises figurent dans le classement. Total est 19e avec un score entre 40-50 %. Danone est 34e (30-40 %), Kering 43e (20-30 %), Carrefour 49e (20-30 %), 58e Pernod-Ricard (20-30 %), LVMH 66e (10-20 %) et Hermès 98e (0-10 %).

manque dans l’accès aux recours

"Il existe plusieurs domaines que la majorité des entreprises n’arrivent pas à gérer correctement. La pratique sur le terrain ne semble pas refléter les engagements pris par les entreprises", remarque le CHRB.

"Aucune entreprise n’a démontré un engagement fort pour assurer que des salaires décents soient payés aux travailleurs dans leurs propres opérations et chaîne d’approvisionnement", illustre-t-il. "Moins de 10 % des entreprises ont un engagement public concernant la protection des défenseurs des droits humains. Et plus de la moitié des entreprises de produits agricoles et du textile échouent dans leurs engagements pour prévenir le travail des enfants dans leur chaîne."

Enfin le CHRB pointe un manque dans l’accès aux recours. "Plus d’un tiers des 100 allégations graves recensées n’ont pas fait l’objet d’une réponse publique et moins de la moitié ont mené à un engagement avec les parties prenantes affectées. Seuls 3 % des cas ont fourni un recours satisfaisant pour les victimes."

500 entreprises bientôt évaluées

L’évaluation du CHRB devrait être étendue au secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication) avec un classement pilote en 2019. L’objectif est de couvrir 500 entreprises évaluées d’ici à quelques années.

Le comité de pilotage du CHRB comprend des investisseurs (Aviva Investors, APG asset management et Nordea) et des organisations de la société civile (IHRB, fondation Eiris, BHRRC et VBDO). Le classement a reçu le soutien de 85 investisseurs gérant 5 300 milliards de dollars d’actifs, ainsi que des gouvernements britannique, néerlandais et suisse.

Une méthodologie révisée

 

Depuis les premiers résultats, sortis en mars 2017, la méthodologie a été révisée, à la suite d’une consultation internationale de 400 représentants d’entreprises, de gouvernements, de la société civile, d’investisseurs, de chercheurs et de juristes.

Le classement se base sur 100 indicateurs qui examinent 6 thèmes pondérés différemment : la gouvernance et les engagements politiques (10 %), l’intégration du respect et du devoir de diligence (25 %), les mécanismes de remédiation et de plainte (15 %), les pratiques des entreprises (20 %), la transparence (10 %), et la manière de répondre aux accusations de violation des droits de l’homme (20 %).


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Sabrina Dourlens, journaliste