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Éric Morvan : "L’organisation de la Préfecture de police de Paris doit évoluer" (colloque des 25 ans de la DCSP)

"Le modèle de la Préfecture de police de Paris consacre une ambiguïté qui hésite entre des prérogatives d’administration territoriale et d’administration centrale", déclare Éric Morvan, jeudi 18 octobre 2018. Le directeur général de la police nationale présentait plusieurs pistes en faveur d’une "réforme territoriale" de la police nationale en clôture du colloque organisé pour les 25 ans de la direction centrale de la sécurité publique. "L’organisation parisienne constitue une sorte d’isolat pénalisant", ajoute Éric Morvan, qui estime qu’elle "doit évoluer".

"Il faut certes revoir l’organisation territoriale de la DGPN, mais aussi celle de la Préfecture de police de Paris, sans jamais l’affaiblir." C’est ce que qu’affirme le directeur général de la police nationale, Éric Morvan, jeudi 18 octobre 2018, lors du colloque organisé au Cese pour les 25 ans de la direction centrale de la sécurité publique. "Concernant la réforme territoriale de la police nationale à laquelle je réfléchis, je préfère faire référence au modèle marseillais qu’au parisien", ajoute-t-il.

"Le modèle marseillais présente les éléments d’une synthèse avantageuse", détaille le directeur général de la police nationale, en référence à la création d’une préfecture de police des Bouches-du-Rhône en 2012, notamment afin de lutter contre les règlements de compte entre trafiquants de stupéfiants (lire sur AEF info). "C’est un modèle intégrateur, mais qui n’isole pas les services spécialisés de son administration centrale, celle qui définit les doctrines, les stratégies, les référentiels."

Et d’illustrer "l’ambiguïté du modèle parisien" : "À l’heure actuelle, la DCPAF est compétente partout en France, sauf sur le territoire où l’essentiel se passe, en Île-de-France, où c’est le ressort exclusif de la Préfecture de police. Nous ne pouvons pas continuer comme ça, et cela est vrai pour d’autres missions spécialisées." Dans un rapport révélé en juillet 2018, le comité "Action publique 2022" avait lui aussi estimé que l’organisation de la Préfecture de police de Paris pénalisait l’action publique en matière de lutte contre le terrorisme ou contre l’immigration irrégulière (lire sur AEF info).

vers des directions supra-départementales de la police ?

"L’organisation historique de la police nationale en tuyaux d’orgue spécialisés peut nuire à l’efficacité du travail opérationnel sur le terrain", note également Éric Morvan. Selon lui, "il faut réfléchir à une nouvelle organisation territoriale de la police nationale sur une maille plus grande que celle du département, placée sous l’autorité d’un chef de police unique, qui disposerait sous son autorité de l’ensemble des services de police, généralistes et spécialisés". "Voilà un modèle qui ressemble à celui, intégrateur, de la Préfecture de police", poursuit-il.

Eric Morvan annonce avoir confié une étude à l’inspection générale de la police nationale, sur "l’opportunité et la faisabilité de la création de directions supra-départementales de la police nationale". Les conclusions de cette étude, appliquée au territoire des Hauts-de-France, seront rendues en fin d’année. "L’interrogation tient à la maille départementale : où arrêter l’échelle supra-départementale", s’interroge-t-il. Et de se demander si "la zone est bien le périmètre pertinent". "Au-delà de la question opérationnelle, il s’agit d’une question juridique et administrative."

Vers une "convergence" de la police et de la gendarmerie

"Le fait métropolitain constituera l’un des axes forts de la réflexion qu’un jour nous serons amenés à conduire en termes de redéploiement entre zone police et zone gendarmerie", déclare par ailleurs Éric Morvan. "Nous disposerons d’un cadre de réflexion qui évitera une gestion au fil de l’eau de ce dossier sensible", se félicite-t-il. "Si la police se durcit, tandis que la gendarmerie se 'civilise', si les caractéristiques territoriales ne sont plus un marqueur de la spécificité des deux forces, alors la question de la convergence finira par se poser." Il estime cependant que ce processus prendra du temps : "Ni moi ni probablement mon successeur ne serons présents le jour où cette question sera posée sur la table."

"Si les deux forces sont amenées à remplir les mêmes missions sur les mêmes types de territoire, alors les citoyens comme leurs représentants élus seront amenés un jour à poser sans malice la question pertinente de la justification de la dualité des forces", détaille Éric Morvan. Il affirme que "le périmètre métropolitain compris comme un bassin de vie devra quand même constituer très vite le cadre de définition de nos stratégies locales de sécurité, y compris en ce qui concerne le renseignement territorial ou la stratégie judiciaire associant tous les acteurs de la sécurité".

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Raphaël Marchal, journaliste