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PIC : "Le souci n’est pas d’adapter l’offre de formation, mais de trouver des candidats" (I. Gaudron, V-P région Centre)

"Jusque-là, nous avons fait le plus simple, nous sommes allés chercher les chômeurs les moins éloignés de l’emploi, maintenant il faut motiver les autres, ceux dont le niveau scolaire est très bas et qui ont été des années au chômage" souligne, à propos du PIC (plan d’investissement dans les compétences), Isabelle Gaudron, la vice-présidente en charge de la formation professionnelle, de l’insertion et de l’orientation du conseil régional du Centre-Val-de-Loire. Face aux difficultés pour trouver des candidats aux cursus proposés, Isabelle Gaudron suggère d’augmenter le budget du PIC alloué aux expérimentations pédagogiques.

Isabelle Gaudron, vice-présidente déléguée à la formation professionnelle, à l'insertion et à l'orientation de la Région Centre-Val-de-Loire

AEF Info : Vous avez été l’une des premières régions à vous engager dans le cadre du PIC au printemps dernier. Quel premier bilan pouvez-vous en tirer ?

Isabelle Gaudron : Nous avons un budget de près de 250 millions d’euros sur 4 ans, ce sont donc des moyens conséquents. Et nous avons fait le choix de travailler sur le PIC dans le cadre du Crefop, qui est notre outil de discussion avec les partenaires sociaux et les autres acteurs de la formation professionnelle en région. Nous avons débuté par un diagnostic de réactualisation des besoins. Il est finalisé, nous le présenterons à la réunion du 23 octobre 2018 du Crefop.

AEF Info : Quelles sont les caractéristiques régionales que met en évidence ce diagnostic ?

Isabelle Gaudron : Notre région se caractérise par un taux de chômage qui est plus bas que la moyenne nationale, mais avec des demandeurs d’emploi qui sont globalement moins qualifiés et dont le niveau scolaire est globalement plus bas. Nous sommes donc dans une configuration qui est exactement celle que cible le PIC.

AEF Info : Il y a de très fortes disparités au sein de la région en termes de taux de chômage ou de besoins en compétences des entreprises. Comment prenez-vous en compte chaque réalité locale ?

Isabelle Gaudron : Nous travaillons à l’échelle des bassins d’emploi à travers les Cordées du territoire (1) (lire sur AEF info). Nous allons porter notre effort sur l’échelle "infra-territoriale" plutôt que régionale, pour remettre en mouvement les demandeurs d’emploi. Le diagnostic est très différent d’un territoire à l’autre, les Cordées du territoire permettent de réunir tous les acteurs d’un bassin d’emploi pour rencontrer les entreprises et ensuite adapter l’offre de formation en fonction des besoins.

AEF Info : Quel est l’enjeu pour vous de la réunion du 23 octobre avec le Crefop ?

Isabelle Gaudron : Nous allons valider le diagnostic ; en parallèle nous faisons un état des lieux de l’offre de formation et des dispositifs d’orientation existants, enfin nous allons poser les enjeux autour de leur transformation. Le souci n’est pas d’adapter l’offre de formation, mais de trouver des candidats pour s’inscrire dans des parcours de formation. Jusque-là nous avons fait le plus simple, nous sommes allés chercher les chômeurs les moins éloignés de l’emploi, maintenant il faut motiver les autres, ceux dont le niveau scolaire est très bas et qui ont été des années au chômage.

AEF : Est-ce que cela signifie que l’offre de formation proposée dans le cadre du PIC ne correspond pas aux attentes du public visé ?

Isabelle Gaudron : Les programmes mis en œuvre dans le cadre du PIC reposent sur une logique de parcours d’évolution des compétences qui est compliquée à intégrer pour les plus fragilisés. Comment former autrement ? C’est tout l’enjeu de la transition que nous connaissons actuellement, l’offre de formation n’est pas adaptée. Les gens qui ont souvent un passé traumatique avec l’école ne feront pas l’effort de s’inscrire dans un parcours de formation, s’il n’y a pas un emploi à la clé. C’est pourquoi travailler à l’échelle "infra-régionale" est très important. Ce qui fonctionne, ce sont les partenariats avec les entreprises. Toutefois, l’enveloppe prévue pour les expérimentations pédagogiques dans le cadre du PIC n’est pas suffisamment importante.

AEF Info : Que préconisez-vous ?

Isabelle Gaudron : L’offre de formation supplémentaire que propose le PIC est bienvenue, mais la vraie difficulté c’est de trouver un public pour s’inscrire dans une démarche de qualification vers des métiers peu attractifs. Il faut absolument développer l’orientation et l’information sur les métiers. Quand des entreprises viennent présenter leurs offres d’emploi dans les agences Pôle emploi ou les missions locales, en abordant la question sous l’angle des compétences à acquérir, nous observons que nous trouvons des candidats que nous n’aurions pas eus pour certaines formations.

AEF Info : Pensez-vous que vous tiendrez en 2018 vos objectifs sur les volumes d’entrées en formation ?

Isabelle Gaudron : Nous avons 25 000 places, dont 12 000 qui correspondent à celles créées dans le cadre du Plan 500 000 et du PIC. 5 000 sont encore à pourvoir, mais nous devrions tenir nos objectifs avant la fin de l’année. Pour ce faire, nous avons multiplié les actions de communication avec Pôle emploi, à l’instar de l’opération "Une journée pour une formation" que nous organisons dans toutes les agences Pôle emploi de la région pour présenter l’offre et qui se clôt le 12 octobre. La difficulté à surmonter c’est de trouver des candidats non qualifiés avec un niveau plutôt bas pour qu’ils s’impliquent dans les cursus de remobilisation vers l’emploi.

AEF Info : Y a-t-il vraiment une différence entre les parcours proposés dans le cadre du Plan 500 000 et ceux du PIC ?

Isabelle Gaudron : Le PIC a démarré au printemps dernier, nous avions des programmes de formation qui étaient enclenchés dans le cadre du Plan 500 000, nous avons rajouté des places dans ces programmes sans en créer de spécifiques pour le PIC en 2018. À l’avenir, il faudrait plus de souplesse dans les cahiers des charges qui déterminent les parcours de formation dans le cadre du PIC, notamment pour permettre de développer de nouveaux parcours, des pédagogies innovantes qui correspondraient aux attentes et problématiques des publics visés.

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Cédric Morin, journaliste