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HEC veut développer une recherche qui "change le monde" pour intégrer le top 10 mondial (Jacques Olivier, doyen)

L'ambition d’HEC n’est rien moins que de passer du rang de "leader national et européen" à celui de "leader global", ce qui revient à intégrer le top 10 mondial des business schools. Pour y parvenir, il faut non seulement une recherche qui soit reconnue au plan académique, mais qui ait aussi un impact sur la pédagogie, sur les pratiques managériales et sur les politiques publiques, à l’instar des travaux des professeurs de Harvard ou de Chicago qui "changent véritablement le monde", explique Jacques Olivier, doyen du corps professoral et de la recherche, dans une interview à AEF info. Attractivité vis-à-vis de "pointures" internationales, évaluation des professeurs, lien recherche-enseignement, diversification des financements : le doyen parcourt ces différents aspects de l’activité de recherche telle que la conçoit HEC, qui se définit comme une "research school".

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Jacques Olivier, doyen du corps professoral et de la recherche d'HEC. © HEC

AEF info : HEC est une école qui déploie une intense activité de recherche scientifique. En quoi la recherche s’inscrit-elle dans la stratégie de l’institution ?

Jacques Olivier : Peter Todd, directeur général d’HEC, a été recruté avec l’objectif de faire de l’école, qui a aujourd’hui le rang de leader régional (c’est-à-dire national et européen), un leader global en la faisant entrer dans le top 10 mondial. Ce n’est pas tant le classement lui-même qui est important dans cette stratégie de progression : il s’agit plutôt d’accéder au rang d’institution reconnue pour sa production de connaissances ayant un impact non seulement académique, mais aussi sur les pratiques managériales et sur les politiques publiques. Notre ambition est d’entrer dans la cour des universités américaines telles que Harvard ou Chicago, dont les travaux des chercheurs en gestion changent véritablement le monde. Par voie de conséquence, cette stratégie détermine le profil des professeurs que nous souhaitons recruter et retenir.

AEF info : Un haut niveau en recherche facilite-t-il l’obtention et le renouvellement des accréditations ?

Jacques Olivier : Les accréditations sont importantes et comportent effectivement un volet recherche, mais ce n’est pas ce qui guide notre stratégie. Celle-ci est guidée par le souci d’avoir un véritable impact économique et sociétal et, pour cela, de renforcer les liens entre l’enseignement et la recherche. Car une autre caractéristique des grandes business schools figurant au top 10 mondial est que la recherche qu’elles conduisent irrigue en profondeur l’enseignement qu’elles délivrent.

Si la digitalisation croissante de l’enseignement fait qu’il devient de plus en plus facile de trouver les cours donnés par de très bons professeurs, notre analyse est que ce phénomène va probablement accentuer le fossé entre deux catégories d’écoles : celles qui, comme la nôtre, ont une double compétence en recherche et enseignement, produisent un contenu pertinent et innovant et le délivrent à leurs étudiants pour leur donner un coup d’avance ; et celles qui, faute d’avoir une masse critique suffisante en recherche, se contenteront de capter et de reproduire un contenu déjà existant et accessible en ligne. Je pense que pour la première catégorie, qui restera assez restreinte dans le monde, ce lien entre la recherche et l’enseignement va devenir encore plus critique.

 
L’impact est véritablement ce qui fait la différence entre une bonne recherche et une très bonne recherche.
 

AEF info : Avez-vous un exemple concret de ce lien entre recherche et pédagogie ?

Jacques Olivier : Pas plus tard que l’an dernier, nous avons créé un master en ligne sur l’innovation et l’entrepreneuriat, proposé sur la plate-forme Coursera. Ce programme vise à étendre nos formations à l’entrepreneuriat au-delà de notre seule clientèle "locale" pouvant y participer en présentiel. Cela rejoint notamment nos projets de développer l’entrepreneuriat en Afrique, mais nous ciblons aussi, par exemple, des entrepreneurs trop pris par leur projet qui ont du mal à dégager le temps nécessaire pour une formation en présentiel. Ce sont au total 25 cours en ligne qui ont été conçus pour ce programme, dont certains par nos meilleurs chercheurs sur ces sujets, qui ont à cœur que leurs travaux aient aussi un impact pédagogique.

IAE, Business schools : qu’est-ce qu’être chercheur en gestion ?

 

Cette dépêche fait partie d’un dossier consacré à la recherche en sciences de gestion, domaine spécifique de l’enseignement supérieur très exposé à la concurrence internationale, et qui présente la particularité de réunir sur un même terrain des entités publiques, les IAE, et des structures privées ou semi-privées, les écoles de management. Les autres dépêches de ce dossier sont à retrouver en cliquant sur les liens suivants :

AEF info : Les classements suffisent-ils à rendre compte de la qualité de la recherche ?

Jacques Olivier : L’impact est véritablement ce qui fait la différence entre une bonne recherche et une très bonne recherche : la très bonne recherche, c’est celle qui produit un impact. Notre précédent directeur général, Bernard Ramanantsoa, s’est employé durant 20 ans – et a réussi – à faire passer HEC du rang de "teaching school" à celui de "research school". Durant cette transition, il y a eu une phase où les classements ont eu leur importance pour l’école, d’où la mise en place de primes à la publication dans l’optique d’accroître le volume de nos publications. En effet, même si ce n’est pas juste le nombre de publications qui fait l’impact, si personne ne publie, il n’y a alors aucun impact possible.

Maintenant qu’HEC a réussi à devenir une research school, les choses sont différentes. Nous réfléchissons à une évaluation de la recherche qui puisse guider notre politique de recrutement et de rétention du corps professoral. Les publications sont toujours comptées, mais nous nous efforçons de mesurer aussi leur impact, par exemple via les citations. De la même manière, le fait de candidater à l’ANR ou à l’ERC a non seulement une vertu de financement pour l’école, mais a aussi une vertu de jugement extérieur sur la pertinence et l’impact de notre recherche.

Enfin, l’intérêt des étudiants pour les cours dépend aussi pour partie de l’impact des travaux de recherche de leurs professeurs : si vous menez des recherches déconnectées du monde qui nous entoure, il devient plus difficile de susciter l’intérêt des étudiants. À la demande de Peter Todd, nous travaillons d’ailleurs sur la publication d’un rapport d’impact d’HEC.

 
C’est l’accueil des "significant others" qui constitue la plus grande contrainte pour attirer et retenir les "stars".
 

AEF info : Concrètement, comment évaluez-vous l’activité de vos professeurs ?

Jacques Olivier : HEC a une approche très américaine pour évaluer l’activité de ses professeurs et en gérer la carrière. Les promotions s’appuient sur des évaluations externes anonymes pour passer chaque grande étape : de professeur-assistant à professeur associé, puis de professeur associé à "full professor". Le même système prévaut aussi, désormais, pour obtenir une chaire de recherche. De la même manière, tout cours dispensé est évalué par les élèves. Peter Todd a par ailleurs introduit une innovation dans notre institution : l’évaluation à 360°. Elle concerne pour l’instant les seuls membres du comité de direction – ceux qui sont professeurs ont d’ailleurs trouvé la démarche tout à fait normale –, mais elle a vocation à s’étendre.

AEF info : Quel est le principal obstacle que vous pouvez rencontrer dans votre politique de recrutement de "pointures" internationales ? Le salaire ?

Jacques Olivier : Nous ne pouvons pas rivaliser en termes de salaires avec les grandes universités américaines et d’ailleurs, certains de nos professeurs ont accepté de baisser significativement leur salaire pour nous rejoindre en revenant des États-Unis. Mais ce n’est pas l’élément essentiel. Ainsi, c’est l’accueil des "significant others" qui constitue la plus grande contrainte pour attirer et retenir les "stars".

Ces professeurs sont, à juste titre, particulièrement exigeants quant à l’accueil de leurs conjoint(e) et enfants, et je dois dire que cet aspect est un véritable obstacle au recrutement international de la France, qui dépasse d’ailleurs le seul cadre de l’enseignement supérieur et de la recherche. J’ai un exemple d’actualité, avec un jeune professeur canadien qui fait le choix de nous quitter parce que sa femme a le malheur d’être infirmière diplômée non pas du Québec, dont la France reconnaît le diplôme, mais de l’Ontario, dont le diplôme n’est pas reconnu, ce qui l’empêche d’exercer ici. L’accompagnement de la famille est essentiel. Nous offrons ainsi des cours de français, et allons parfois même jusqu’à payer les services d’agences de placement pour aider les conjoints à trouver du travail.

AEF info : Avez-vous les ressources financières suffisantes pour développer encore l’activité de recherche ?

Jacques Olivier : Je ne vous apprendrai pas que notre situation financière est liée à celle des chambres de commerce et d’industrie, qui est très difficile. Globalement, nous touchons moins d’argent public que Harvard, pour ne citer que cet exemple. C’est assez paradoxal quand on y songe : nous mettons en avant une mission de service public, mais nous recevons peu de fonds publics. L’une des conséquences de cette situation est que depuis deux ans, nous avons mis en place une politique visant à encourager nos chercheurs à obtenir davantage de fonds auprès des agences de financement, telles que l’ANR ou l’ERC.

Nous avons pour cela recruté un "grant officer" chargé d’aider les chercheurs pour toute la partie administrative des appels à projets, afin qu’ils puissent se concentrer sur le projet académique lui-même. Cela dit, dans le monde universitaire nord-américain dont est issu Peter Todd, c’est un aspect tout à fait normal de la vie des chercheurs.

Une autre voie que nous mettons en avant est celle des chaires "capitalisées" (endowed), qui sont une pratique commune aux États-Unis. Nous venons d’en créer une grâce à la famille Joly (lire sur AEF info). AXA soutient également des chaires avec ce même engagement au service d’un projet de recherche. Nous nous rapprochons en ce moment d’anciens partenaires de nos chaires pour développer ce type de soutien, grâce auquel nous pouvons être en mesure d’attirer des professeurs "stars", capables d’accélérer le développement de notre force académique, toujours dans cette même optique de produire des connaissances ayant un impact économique, sociétal et pédagogique.

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René-Luc Bénichou, journaliste