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Gérard Collomb : "Je quitte un ministère apaisé et qui a su impulser des réformes" (passation de pouvoirs)

"Je quitte un ministère apaisé et qui a su impulser des réformes", affirme Gérard Collomb, mercredi 3 octobre 2018. Le ministre de l'Intérieur démissionnaire s’exprimait lors de la passation de pouvoirs avec le Premier ministre, Édouard Philippe, chargé d’assurer l’intérim place Beauvau dans l’attente de la nomination d’un successeur. "J’ai profondément aimé les femmes et les hommes qui le composent", ajoute-t-il, précisant quitter sa fonction "avec regret". "C’est un ministère de l’affectif. Les policiers et gendarmes souhaitent être aimés si on veut qu’ils remplissent leur tâche difficile."

Édouard Philippe et Gérard Collomb lors de la passation de pouvoirs au ministère de l'Intérieur, mercredi 3 octobre 2018 © Ministère de l'Intérieur

"Lorsque je suis arrivé [au ministère de l'Intérieur] les choses n’étaient pas forcément faciles, on avait connu quelque temps auparavant une révolte de la police." C’est ce que déclare Gérard Collomb, mercredi 3 octobre 2018, lors de la passation de pouvoirs avec le Premier ministre, Édouard Philippe, chargé par Emmanuel Macron d’assurer l’intérim (lire sur AEF info).

Gérard Collomb estime que les policiers et les gendarmes doivent sentir "combien le ministre de l'Intérieur aime les femmes et les hommes qui sont dans ce ministère". "Il faut qu’il aille les voir sur le terrain, pas là ou c’est facile, de manière à connaître la façon dont les uns et les autres vivent", affirme-t-il. Et de saluer l’arrestation de Redoine Faïd, survenue dans la nuit : "Le ministre avait démissionné et cela n’a pas empêché les policiers d’arrêter Redoine Faïd."

"La CONFIANCE TOTALE" d’Édouard PHILIPPE

 

Le Premier ministre et ministère de l'Intérieur par intérim, Édouard Philippe, salue l’action de Gérard Collomb place Beauvau : "Je veux vous remercier pour les 16 mois de travail passés au service des Français à la tête d’un ministère exigeant, où les missions sont délicates et essentielles à la vie, à la sécurité de nos concitoyens". Et d’ajouter : "J’ai aimé travailler avec vous."

"Ce ministère est le ministère de l’État, de la permanence de l’État, de la puissance qui doit toujours revenir à la loi, le ministère de la présence de l’ensemble des forces qui concourent à la sécurité des Français sur l’ensemble du territoire", poursuit Édouard Philippe. Il estime que les fonctionnaires du ministère de l'Intérieur "ont choisi est une mission terriblement exigeante mais absolument essentielle à faire vivre ce que nous sommes, à défendre notre identité, nos valeurs". "Nous leur faisons une confiance totale, nous sommes exigeants avec eux mais cette exigence s’accompagne d’une confiance totale."

Gérard Collomb salue par ailleurs l’action des préfets "qui connaissent par cœur leur territoire et assurent la présence de l’État dans tout le territoire". "Ils ont un sens du service public absolument extraordinaire, ils ne comptent pas leurs heures." "Grâce à eux, il y a une continuité de l’État."

REFORMES LÉGISLATIVES

Le ministre démissionnaire insiste sur les réformes législatives menées au cours de son mandat entamé le 17 mai 2017 (lire sur AEF info) : "Nous avons pu impulser des lois essentielles pour le pays, comme la loi sur la sécurité intérieure (lire sur AEF info) – la lutte contre le terrorisme est évidemment essentielle face à la menace actuelle –, la loi Warsmann sur les 'dublinés', la loi asile et immigration (lire sur AEF info), la loi sur les rodéos [motorisés] (lire sur AEF info)". "Notre activité législative a été intense et elle continuera ici à l’être dans les prochains temps", affirme-t-il.

Gérard Collomb évoque en outre la "grande réforme de la procédure pénale" (lire sur AEF info), estimant que celle-ci est "attendue par beaucoup de policiers, gendarmes et magistrats". "Nous travaillons sur la signature numérique pour demain dématérialiser totalement les procédures, ce sera une révolution fantastique." (lire sur AEF info)

Budget en hausse

Gérard Collomb salue par ailleurs l’augmentation du budget consentie par le gouvernement à la place Beauvau (lire sur AEF info). "Grâce au Premier ministre et au président de la République, nous avons pu obtenir pour ce ministère de l'Intérieur un budget exceptionnel : +3,4 % lorsque l’ensemble du budget de l’État n’augmente que de 0,8 %." Le ministre démissionnaire y voit "la traduction" d’un engagement de campagne d’Emmanuel Macron : "Protéger nos concitoyens." "Cela va nous permettre d’embaucher 2 500 personnes quand l’an dernier nous en avions déjà embauché 2 000, et nous allons atteindre les 10 0000 sur le quinquennat", précise-t-il. "Cela permet de remailler tout le territoire."

Pour le ministre sortant, "le budget, ce sont des hommes mais aussi des sommes investies dans l’immobilier". "Car lorsque je regardais l’état de nos commissariats, de nos casernes de gendarmerie, je me disais que c’était indigne des conditions de travail de ces femmes et de ces hommes." Il évoque en outre l’investissement sur le plan du numérique avec le déploiement de tablettes et de caméras piétons, des outils qui "changent le travail sur le terrain". Il évoque par ailleurs le lancement de deux réformes internes au ministère de l'Intérieur, l’une sur la mutualisation des achats, "parce que c’est comme ça que nous pouvons réduire les coûts" (lire sur AEF info), l’autre, "plus sensible", selon lui, sur le numérique (lire sur AEF info). "Nous avons trois à cinq directions qui travaillent sur ces sujets et qui parfois parallèlement. Au bout du compte, on s’aperçoit que nos systèmes ne sont pas interopérables, ce qui évidemment est extrêmement ennuyeux."

PSQ : LES QUARTIERS DE RECONQUÊTES SONT "ESSENTIELS"

Gérard Collomb revient en outre sur la réforme de la police de sécurité du quotidien, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, mise en œuvre progressivement depuis le 18 septembre 2018 (lire sur AEF info). "C’est d’abord un changement de méthode, une police du sur-mesure, une police coopérative avec l’ensemble des élus et ceux qui peuvent agir sur le terrain", détaille-t-il.

"Nous sommes en train d’installer quinze quartiers de reconquête républicaine (lire sur AEF info), nous en installerons quinze autres à la fin de l’année et c’est quelque chose d’essentiel", affirme le ministre. "Je suis allé dans tous ces quartiers […], la situation est très dégradée et le terme de reconquête républicaine y prend tout son sens." Il estime que c’est aujourd’hui "la loi du plus fort qui s’impose", évoquant "des narcotrafiquants" et des "islamistes radicaux" qui ont "pris la place de la République". "Il faut à nouveau assurer la sécurité dans ces quartiers, mais je crois qu’il faut aussi les changer fondamentalement : quand des quartiers se paupérisent, se ghettoïsent, il ne peut y avoir que des difficultés."

Le ministre de l'Intérieur revient ainsi sur la loi relative à l’asile et à l’immigration, adoptée en août 2018. "Il faut accueillir, mais il faut accueillir bien", affirme-t-il. "Si c’est pour mettre ceux qu’on accueille dans ces cités, on accroîtra encore les problèmes et la situation deviendra ingérable demain !"

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Marc-Antoine Bindler, journaliste