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Paris 2024, collectivités territoriales : quelles attentes envers la filière industrielle de sécurité ?

Le coordonnateur pour la sécurité des Jeux olympiques de 2024, Pierre Lieutaud, a fixé à ses équipes "quatre axes de travail" pour la recherche de technologies nouvelles destinés à sécuriser l’événement. "Toute innovation performante qui permettra de renforcer la sécurité et de dégager des effectifs aura une importance capitale", assure-t-il lors des "Assises de la filière des industries de sécurité", lundi 24 septembre 2018. Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe (LR) au maire de Marseille, et Laurent Denizot, président du pôle "safe city" du CICS, évoquent plusieurs projets en cours.

"La gestion des flux et le contrôle périmétrique des sites, la détection automatisée des situations anormales, les centres de commandement stratégiques, la cybersécurité." Tels sont les quatre thématiques sur lesquelles le préfet Pierre Lieutaud, coordonnateur national pour la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, est à la recherche de technologies innovantes (lire sur AEF info). "Il n’est pas question que les Jeux olympiques soient un laboratoire technologique", rappelle toutefois le préfet lors des deuxièmes "Assises de la filière des industries de sécurité", organisées lundi 24 septembre 2018 à Paris (lire sur AEF info). "Tout matériel qui sera mis en œuvre devra avoir été éprouvé sur le plan opérationnel." Le responsable évoque également les contraintes budgétaires et juridiques, certaines technologies nécessitant de "faire évoluer les textes législatifs".

"Pour une même famille de sites, sur l’ensemble du territoire national, à partir du moment où une technologie aura été choisie, elle s’appliquera de manière uniforme", poursuit Pierre Lieutaud. Les Jeux olympiques, événement "hors norme" qui se déroulera durant deux mois et demi, nécessiteront la mobilisation a minima de quelque 70 000 personnels de sécurité, énumère le préfet : "35 000 policiers, gendarmes et policiers municipaux, 10 000 militaires, 20 000 agents de sécurité privée et 5 000 sapeurs-pompiers et secouristes".

L’expérimentation des projets de "safe city"

"Nous avons besoin d’élus courageux, qui osent expérimenter, transgresser parfois certaines pratiques", déclare pour sa part Laurent Denizot, président du pôle "safe city" du CICS (Conseil des industries de la confiance et de la sécurité). "Je suis confiant sur l’ambition de la France d’être, à l’horizon 2025, leader mondial dans le domaine des 'safe cities'", souligne le responsable, selon lequel "la 'safe city', ce n’est pas 1 984 ou Minority Report !"

"Nous avons engagé récemment la première pierre de la future 'safe city'", poursuit Laurent Denizot. Ce projet de trois ans, emmené par Thales et baptisé "Safe city", "se mettra en place à Nice et à La Défense" (lire sur AEF info). Le programme "pèse 25 millions d’euros, financés par BPI France à hauteur de 10 millions d’euros". Il vise à recueillir des données publiques afin de les traiter dans le but d’améliorer la sécurité publique. Plusieurs "démonstrateurs" seront mis au point, indique Laurent Denizot. "D’autres projets sont en cours, comme à Dijon."

"Le sujet de l’expérimentation des innovations, c’est la clé pour que demain nous soyons une véritable plateforme de démonstration sur nos territoires et que nous portions nos outils à l’international", poursuit le président du pôle "safe city" du CICS. "Vendre nos innovations et nos projets reste au cœur de notre activité économique et de la création d’emplois." En particulier, "il y a des sujets à traiter du côté de la commande publique. On a encore des axes de progrès dans ce domaine, et la restructuration des achats au ministère de l'Intérieur va dans le bon sens (lire sur AEF info)", conclut Laurent Denizot.

"Les villes sont des laboratoires"

"Les villes sont des laboratoires", abonde Caroline Pozmentier-Sportich, adjointe (LR) au maire de Marseille et vice-présidente de la région PACA chargée de la sécurité. Cela nécessite toutefois "une volonté politique", comme c’est le cas à Marseille depuis "huit à dix ans", estime l’élue. Il faut également investir en matière de sécurité, travailler à la "captation des marchés innovants sur le territoire" et "changer de culture", pointe l’élue.

"La donnée publique, il est de notre responsabilité de nous emparer pour rendre nos villes plus innovantes, plus dynamiques, plus proactives", poursuit Caroline Pozmentier-Sportich, qui relate l’acquisition récente d’une plateforme de "big data" (lire sur AEF info). Pour le développement de cet outil, pour un coût de 1,5 million d’euros, "nous sommes allés chercher des budgets européens", relate la maire adjointe.

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Clément Giuliano, journaliste