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"Il est trop tôt pour parler de virage social" de la politique gouvernementale (Patrick Doutreligne, Uniopss)

La politique sociale menée par Emmanuel Macron depuis un an est source de "déception" et de "désillusion", explique Patrick Doutreligne, président de l’Uniopss, à l’occasion d’une conférence de presse, mardi 25 septembre 2018. Les plans pauvreté et santé constituent "une vraie inflexion dans un sens plus positif", "mais on est loin du grand saut qualitatif ou de la révolution promise par le président de la République".

Patrick Doutreligne, président de l'Uniopss DR

Y a-t-il "un virage social" dans la politique gouvernementale ? "C’est trop tôt pour le dire, même si l’on observe une vraie inflexion dans un sens plus positif", estime Patrick Doutreligne, président de l’Uniopss, mardi 25 septembre 2018, lors d’une conférence de presse. Avec la présentation du plan pauvreté et du plan santé, "il y a manifestement une volonté de rééquilibrage, mais on est loin du grand saut qualitatif ou de la révolution promise par le président de la République", continue-t-il. Quoi qu’il en soit, "de manière pragmatique, il faudra s’assurer en premier lieu que les engagements budgétaires seront tenus et que les moyens dégagés ne se feront pas au détriment d’autres dispositifs sociaux".

"déception" au bout d'un an

L'"inflexion" sociale récente ne compense ni "la déception", ni "la désillusion" du mouvement associatif à l’issue de la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron qui manque d'"empathie vis-à-vis du secteur associatif mais aussi des populations en difficulté". Par exemple, "la loi de finances 2017 qui a maintenu des économies drastiques dans notre secteur et a tapé dans les dépenses sociales". "On nous parle de privilégier l’emploi avec un soutien aux entreprises dans un premier temps, un soutien des salariés dans un deuxième temps, et le troisième temps viendra plus tard avec de la redistribution. Cela fait 120 ans que la redistribution est différée", regrette Patrick Doutreligne.

Outre les lois Asile-immigration et Elan, le président de l’Uniopss se montre particulièrement remonté contre la réforme des contrats aidés. "Quand on nous dit qu’il y a 6 milliards d’euros redistribués aux ménages, il y en a une bonne partie prise aux plus modestes. En fait, on prend aux plus pauvres pour redistribuer aux classes moyennes et aux entreprises", explique-t-il.

Pour l’Uniopss, les griefs sont nombreux : "une forte orientation sur le maintien à domicile mais on abandonne les associations de soutien et d’aide au maintien" ; "une ambition de lutte contre les déserts médicaux, mais sans aucune contrainte pour la médecine libérale" ; "une volonté d’égalité des territoires, mais un plan Borloo jeté par terre".

"rester vigilant"

"Les plans pauvreté et santé modifient un peu la donne", reconnaît Patrick Doutreligne. "Le discours a changé [mais] il faut rester vigilant", ajoute-t-il. En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, "il y a quelques avancées concrètes" comme la priorité donnée à l’enfance, les dispositions sur la formation ou le soutien à l’IAE. "Mais, il y a des impasses notamment en direction des jeunes, des personnes âgées ou encore des migrants", explique-t-il.

De même, "la stratégie santé témoigne d’une vision plus sociale de la santé", mais des "questions se posent", considère Jérôme Voiturier, directeur général de l’Uniopss. La prévention est mise en avant, mais "le budget reste stable, donc on ne peut pas dire que c’est un axe majeur". Pour ce qui est de la fin du numerus clausus dans les études de médecine, "le président de la République reconnaît que les premiers effets seront dans 10 ou 15 ans, or les besoins sont actuels" avec "une pyramide des âges vieillissante" des professionnels de santé, poursuit-il.

associer les corps intermédiaires

Enfin, en termes de méthode, Patrick Doutreligne note "le progrès" dans l’association des corps intermédiaires aux politiques publiques. "Il faut écouter les corps intermédiaires et non pas les renvoyer à l’ancien monde." "La concertation promise avec les associations de solidarité sur la création d’un service d’insertion et sur le revenu d’activité universel devrait nous permettre de savoir si tout cela constitue une orientation nouvelle, ou une forme de communication cherchant à modifier une image trop libérale de la présidence", conclut le président de l’Uniopss.

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Jérôme Lepeytre, journaliste