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Gérard Collomb confirme la création d'un service unique des achats au ministère de l'Intérieur

"Nous allons engager une importante réforme de structure : la mutualisation des achats dans un seul et même service, transversal à toutes les directions", annonce Gérard Collomb, lundi 24 septembre 2018. Le ministre de l'Intérieur s’exprimait lors de la deuxième édition "Assises de la filière des industries de sécurité", organisée par le Cofis (Comité de la filière industrielle de sécurité) à Paris. Cette évolution permettra aux "industries de sécurité de dialoguer avec un interlocuteur unique et de disposer enfin de davantage de lisibilité sur les programmes engagés par le ministère".

Gérard Collomb lors des deuxièmes "Assises de la filière des industries de sécurité", lundi 24 septembre 2018 à Paris © Ministère de l'Intérieur

Outre la création d’un service des achats, Gérard Collomb rappelle que le ministère de l'Intérieur souhaite créer une "grande direction du numérique" (lire sur AEF info). "Là où, actuellement, les budgets se perdent en coûts de structure, en programmes dispersés, nous pourrons, avec cet outil, mobiliser des commandes atteignant la masse critique suffisante pour porter, en partenariat avec le secteur privé, de grandes ambitions", poursuit le ministre de l'Intérieur lors des "Assises de la filière des industries de sécurité", lundi 24 septembre 2018. Selon Gérard Collomb, ces deux réformes visent à remédier au fait que "la commande publique est difficilement lisible pour les industriels".

"Elle est éclatée entre différents acteurs, et entre différentes directions au sein du ministère de l'Intérieur", précise-t-il. "Il est souvent difficile d’avoir une vision à long terme qui vous permette d’organiser vos chaînes de production, voire d’assurer en amont un programme de recherche. Alors que la commande publique pourrait constituer un atout fort de structuration de votre filière, elle échappe, pour plus de la moitié aux sociétés françaises." Et de préciser que cette commande publique s’élève actuellement à 1,6 milliard d’euros par an. "Cela peut paraître modeste par rapport à une demande privée de 19 milliards d’euros. Décrocher des marchés avec l’État français est cependant souvent décisif pour conquérir des marchés à l’export."

Un "tournant"

"Nous nous trouvons aujourd’hui à un tournant, à un moment de cristallisation" pour les industries de la sécurité, note également le ministre de l'Intérieur. "Un certain nombre de technologies nouvelles sont sur le point d’arriver à maturité dans des domaines et de bouleverser les chaînes de valeur", explique-t-il, citant notamment le big data, la sécurité des objets connectés ou les blockchain.

Selon Gérard Collomb, "les industries de sécurité sont des acteurs totalement indispensables de la souveraineté d’une Nation, notamment celles qui se situent à la frontière technologique". "Personne ne peut imaginer que pour protéger les données des services de renseignement, pour crypter les informations relevant du secteur industriel, la France puisse dépendre de technologies étrangères et ne dispose pas de ses propres entreprises pour garantir nos intérêts", estime-t-il. "C’est pour cela que j’ai veillé à ce que les entreprises de sécurité soient prises en compte dans la réforme du décret sur les investissements étrangers en France."

"L’une des missions essentielles du ministre de l'Intérieur, c’est d’être un pont entre les industries de sécurité privées et la police et la gendarmerie", analyse par ailleurs Gérard Collomb. "J’ai demandé à mes directeurs généraux de travailler avec vous. C’est ce qu’a fait la gendarmerie nationale quand elle a lancé un conseil scientifique qui développe des produits prometteurs avec des entreprises", poursuit-il (lire sur AEF info). "La police va désormais s’y associer."

Une dimension européenne

Pour le ministre de l'Intérieur, il est également nécessaire d’œuvrer dans un cadre européen. "Plus que jamais, il nous faut donc resserrer les liens avec nos partenaires, porter des politiques communes de sécurité", explique-t-il. "Plus que jamais, il nous faut nous appuyer sur le vaste marché constitué par l’Union européenne pour développer nos propres solutions, expérimenter nos propres standards, et finalement assurer demain la souveraineté de notre continent."

Et de citer "des sujets d’ampleur comme l’interopérabilité numérique, les 'smart and safe cities', la protection des systèmes de transport et d’énergie". Cela suppose de "mobiliser une masse critique de financements que la France seule, l’Allemagne seule, ne peuvent assurer".

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Raphaël Marchal, journaliste