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"Assises de la filière des industries de sécurité" : le "cloud souverain" au centre des débats

"Nous avons besoin d’une véritable politique en faveur de solutions souveraines", affirme Marc Darmon, lundi 24 septembre 2018, à Paris. Le président du CICS s’exprimait lors des deuxièmes "Assises de la filière des industries de sécurité", organisées par le Cofis. Il estime que la question de la souveraineté technologique doit être un des axes d’efforts de l’action à venir du comité de filière : "Souveraineté veut dire confiance", souligne-t-il. Stéphane Volant, président du CDSE, insiste quant à lui sur "l’importance vitale" de mettre en œuvre un "cloud souverain" français ou européen.

"Il faut une fois pour toutes que l’on désigne le cloud souverain comme étant essentiel pour l’économie et l’avenir de notre pays." C’est ce que déclare Stéphane Volant, lundi 24 septembre 2018, lors d’une table ronde organisée dans le cadre des deuxièmes "Assises de la filière des industries de sécurité" (lire sur AEF info). Le président du CDSE et secrétaire général de la SNCF invite à "tourner la page de l’échec" des précédentes tentatives françaises (lire sur AEF info). "Et si on retournait vers ce qui pourrait être le cloud français, le cloud franco-allemand ou le cloud européen ? Un cloud qui soit à nous, dont les contingences de sécurité soient complètement maîtrisées et qui ne fasse pas dépendre les grandes, les moyennes et les petites entreprises d’un cloud détenu par d’autres états souverains que le nôtre ?" lance-t-il.

Stéphane Volant imagine en outre, "puisqu’il faut un modèle économique" à un tel projet, de pouvoir "contraindre les OIV à transférer l’ensemble de leurs données vers ce cloud qui serait sécurisé pour ne pas dépendre d’autres grandes puissances". Sur le même plan, il soumet l’idée d’instaurer une "data d’utilité publique". "Il y a des données dont on se fiche, qui peuvent être dans le domaine public… mais il y en a d’autres que l’on n’a pas envie de se voir piller, que l’on gardera chez nous car l’investissement a été fait par l’État français ou par ses entreprises et ses acteurs économiques." "Ça urge !", insiste-t-il. "Il faut y aller car aujourd’hui tous les acteurs américains sont les partenaires des grandes et moyennes entreprises de ce pays. C’est navrant, et c’est dangereux !"

CÉDRIC VILLANI VEUT "encourager un acteur européen existant"

"Nous avons besoin d’un cloud qui soit européen, souverain, utilisé par tous les secteurs vitaux, voire utilisé préférentiellement par tous les acteurs publics européens", abonde le député Cédric Villani (LREM, Essonne). Le mathématicien, auteur d’un rapport sur l’intelligence artificielle remis en mars 2018 (lire sur AEF info), juge en revanche "très peu probable", après "l’expérience traumatique du cloud souverain en France", que l’État français ou l’Union européenne ne se lancent dans un projet similaire visant à "construire ex nihilo un truc qui soit le meilleur en la matière". "Les leçons que l’on a tirées de cet épisode traumatique, c’est que le cloud n’est pas seulement un problème technologique mais également un problème économique", souligne-t-il. "Il faut installer des relations clients, de la confiance, un modèle économique… un ensemble de choses qui ont besoin d’années et d’années de savoir-faire, de bataille afin de se mettre en place."

Pour Cédric Villani, "la solution la plus naturelle serait d’encourager un acteur européen déjà existant à monter en gamme. Or, le médaillé Fields considère qu’il n’existe qu’un seul opérateur de ce genre en Europe, le groupe français OVH. "Quand on demande en privé à Amazon ou Microsoft ce qu’ils pensent d’OVH, ils répondent que cette entreprise atteindra le même niveau de fiabilité et de sécurité que leurs clouds, à condition que de gros investissements puissent être réalisés." Cédric Villani craint toutefois que l’Union européenne n’écarte une telle solution qui favoriserait une entreprise nationale. "Mais il y a peut-être des négociations à mener !"

"La question du cloud souverain est fondamentale", estime également Jean-Christophe Fondeur, directeur des technologies au sein du groupe Idemia (ex-Morpho). "Le cloud est un accélérateur et un facilitateur d’innovation, c’est un élément d’infrastructure." Le dirigeant souligne que les industries de sécurité ont "besoin de composants logiciels sécurisés, de composants électroniques sécurisés, et d’une infrastructure en laquelle on puisse avoir confiance". Jean-Christophe Fondeur envisage néanmoins une alternative à un cloud souverain. "Nous pouvons travailler sur des méthodes cryptographiques pour pouvoir utiliser des clouds publics de manière totalement sécurisée."

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Marc-Antoine Bindler, journaliste