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Le Cofis présente ses scénarios pour la filière des industries de sécurité en 2025

Quels scénarios pour la filière des industries de sécurité en 2025 ? C’est la question que pose le Cofis (Comité de la filière industrielle de sécurité) dans un document publié à l’occasion des deuxièmes "Assises de la filière des industries de sécurité" organisées à Paris, lundi 24 septembre 2018. La structure identifie, sur des scénarios élaborés par l’Idate (1), quatre évolutions possibles pour les "douze domaines de rupture" des industries de sécurité. "Le résultat est une cartographie cible réaliste du positionnement de la filière de sécurité nationale à l’horizon 2025", pointe le Cofis.

Le Comité de la filière industrielle de sécurité présente quatre scénarios pour la filière des industries de sécurité en 2025, dans un document publié à l’occasion des "Assises de la filière des industries de sécurité", lundi 24 septembre 2018. Le but de la démarche est "de hiérarchiser et de structurer les plans d’actions qui permettront le développement de la filière", explique le comité.

Dans cette analyse, le Cofis s’inspire des "scénarios de l’économie numérique en 2025", développés dans le DigiWorld Yearbook 2017 de l’Idate, un institut de recherche européen spécialisé sur les marchés des télécommunications, d’internet, des médias et des "territoires numériques". "Celui-ci présente quatre scénarios types associés à des écosystèmes, qui préfigurent les nouvelles chaînes de valeur et le business model de l’économie numérique à l’horizon 2025", explique-t-il. Le Cofis y plaque "une lecture croisant souveraineté économique et protection des données".

Dans ses "propositions d’action et de positionnement national" pour la filière, le Cofis privilégie deux scénarios intitulés "tech" et "shield" :

"Tech". Également appelé "lego-like", ce scénario est axé sur "l’économie des start-up : collaborative, dynamique et décentralisée", explique le comité de filière. "De nombreux acteurs orientés sur l’innovation technologique proposent des solutions ouvertes et interopérables, générant ou s’appuyant sur des standards." Ces derniers "se rémunèrent principalement par d’énormes volumes de micropaiements (en transaction ou publicité) et proposent des services ultra-ciblés grâce à un échange massif de données des utilisateurs".

Le Cofis précise qu’en matière de souveraineté économique et de protection des données, ce scénario "positionne la filière de sécurité nationale en 2025 sur les domaines technologiques : plateformes ouvertes, interface entre mondes réels et virtuels, intervenant augmenté, détection de personnes ou de produits, blockchain, objets connectés, analytique pour la sécurité".

"Shield". Ce scénario "mise sur la confiance et la sécurité", selon le comité de filière. "Il s’agit essentiellement de matériels (composants, appareils, infrastructures). C’est le scénario des grands acteurs qui maîtrisent une bulle à la fois physique et numérique, et fermée", précise-t-il. Dans d’autres secteurs d’activité, les acteurs emblématiques de ces scénarios sont Apple et les grands opérateurs de l’énergie et des télécoms. "Ils investissent lourdement dans des infrastructures sécurisées. Les utilisateurs leur font confiance pour les protéger et sont prêts à payer pour cela."

Sur le plan de la souveraineté économique et de la protection des données, le Cofis détaille que "ce scénario positionne la filière de sécurité nationale en 2025 sur les domaines technologiques : plateformes, observation locale, objets connectés (industriels)".

"Exploiter au mieux les forces du tissu industriel français"

"Deux raisons essentielles" justifient cette orientation stratégique, selon le Cofis. La première est que "les domaines technologiques concernés par ces scénarios présentent de forts enjeux en matière de souveraineté économique et de protection des données". "Il n’est pas envisageable de déléguer la gestion des réseaux d’eau ou du trafic des villes à des plateformes qui ne seraient pas localisées sur le territoire national", écrit le Cofis.

En second lieux, le comité estime qu'"il s’agit d’exploiter au mieux les forces du tissu industriel français", "plutôt que de se battre sur tous les fronts". "Notre pays compte de nombreuses PME actives dans les différents domaines de la sécurité. L’excellence de nos ingénieurs et de nos centres de recherche n’est plus à prouver." Il estime ainsi que "différents types d’infrastructures comme les pôles de compétitivité et les instituts de recherche technologique favorisent la collaboration entre les acteurs".

Les modèles premium et "low cost" pas à exclure

Le Cofis aborde également un scénario appelé "club", qui s’appuie sur le modèle du service "premium", "basé sur le modèle de l’abonnement tout inclus" dont les acteurs emblématiques sont Amazon, Google et les Batx (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi, équivalent asiatiques des Gafam). "La France – et même l’Europe – ne compte pas (encore !) de champion numérique capable de rivaliser avec les Gafam ou les Batx", souligne le comité. Et de dresser le constat que "la filière industrielle de sécurité française ne peut d’emblée ambitionner atteindre une position de leader global que dans le domaine de l’identification [et de l']authentification". "Plusieurs entreprises ont d’ores et déjà atteint une dimension internationale reconnue" dans ce domaine, ajoute le Cofis.

Le Comité prévient en outre qu’il ne faut pas écarter le scénario "low cost" pour certains domaines technologiques. "Pour de nombreux usages et applications, les utilisateurs privilégieront l’accès gratuit à des plateformes tout en sachant que leurs données seront exploitées", note-t-il. "De même, les logiciels et matériels en 'open oource' offrent d’importants avantages dans de nombreux domaines sans nuire à la souveraineté économique ou technologique du pays."

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Marc-Antoine Bindler, journaliste