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Depuis San Francisco, les acteurs non-étatiques envoient leur "appel à l’action" aux gouvernements

Le global climate action summit, sommet mondial des acteurs non-étatiques, s'est conclu vendredi 14 septembre 2018 par le lancement d'un "appel à l'action" à destination des gouvernements. Les villes, gouvernements locaux, entreprises et membres de la société civile réunis pendant les trois jours de sommet à San Francisco ont annoncé plus de 500 engagements et demandent aux parties à l'accord de Paris de prendre le relais. En s'engageant notamment à relever l'ambition de leurs contributions nationales d'ici à 2020.

Jerry Brown au sommet climat de San Francisco, le 14 septembre 2018 EL pour AEF info

"Plus de discours, c'est maintenant le temps de l’action !" a conclu le gouverneur démocrate de l’État de Californie Jerry Brown, alors que le global climate action summit, sommet des acteurs non étatiques engagés pour le climat, touchait à sa fin, vendredi 14 septembre.

un satellite californien pour observer les polluants

Ce sommet — organisé à l’invitation de Jerry Brown et de l’ancien maire de New York Michael Bloomberg en réaction à l’annonce de Donald Trump de soustraire son pays de l’accord de Paris — a rassemblé plus de 4 500 participants et donné lieu à près de 500 nouveaux engagements.

Ainsi, dans un pays où l’administration Trump remet en cause la recherche scientifique et coupe dans les budgets de la Nasa (lire sur AEF info), Jerry Brown a annoncé que son État allait mettre au point son propre satellite "pour savoir où se trouve la pollution et comment y mettre fin, avec une grande précision". "Cette initiative va nous permettre de mettre en lumière les émissions de méthane et de polluants, de désigner les pollueurs, puis de trouver les remèdes pour y mettre fin."

4 milliards de dollars

D’autres annonces phares auront émaillé cette journée. En matière de financements, 29 organisations philanthropes se sont engagées à dédier 4 milliards de dollars à la lutte contre le changement climatique sur les cinq prochaines années. Avec l’initiative "Lawyers for sustainable economy", huit cabinets d’avocats américains ont également assuré qu’ils apporteraient des services juridiques gratuits aux entrepreneurs ou ONG et faire avancer "l’économie durable".

Pour assurer l’essor des véhicules électriques, les entreprises spécialisées dans les bornes de recharge ChargePoint et EVBox vont installer 3,5 millions de nouveaux points de recharge d'ici à 2025. Toujours en matière de transports propres, 26 villes membres du C40 ont signé la "green and healthy streets declaration" par laquelle elles s’engagent à faire circuler 100 % de bus électriques dans leurs rues d'ici à 2025.

Trois attentes

Ce foisonnement d’annonces s’est conclu par le lancement d’un "appel à l’action" envoyé aux gouvernements, qui auront la charge d’adopter les règles d’application de l’accord de Paris lors de la COP 24. Et de faire le point, lors du dialogue Talanoa, sur les actions entreprises ou non depuis 2015 pour lutter contre le changement climatique.

Dans ce document d’une page, les acteurs non-étatiques demandent tout d’abord aux États de s’engager à revoir à la hausse l’ambition de leurs contributions nationales d’ici à 2020. Les engagements déposés par les parties lors de la COP 21 en décembre 2015 sont en effet insuffisants pour respecter l’objectif de l’accord de Paris de contenir la hausse des températures "nettement en dessous de 2 °C". Deux étapes seront cruciales dans la relève de cette ambition : le dialogue Talanoa, puis le sommet organisé à New York en 2019 par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres (lire sur AEF info).

Deuxième attente des acteurs non-étatiques : que les États préparent leurs trajectoires de long terme pour se préparer à atteindre la neutralité carbone d’ici à la moitié du siècle. Et ainsi "guider" les transformations économiques et technologiques à venir et garantir des emplois "décents".

un message porté aux Nations unies

Enfin, les acteurs locaux et régionaux souhaitent être davantage soutenus par les gouvernements à travers des lois, règlements et financements "incitant au développement neutre en carbone".

Cet appel à l’action sera remis au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors de la climate week, qui se déroulera à New York du 24 au 30 septembre. Vendredi, il a d’ores et déjà été remis à la secrétaire exécutive de la Ccnucc, Patricia Espinosa. Pour elle, "ce sommet et cet appel à l’action sont une contribution importante à l’atteinte de notre objectif commun : contenir la hausse des températures à +1,5°C pour respecter l’accord de Paris".

vers un nouveau niveau de leadership ?

Reste à savoir si les gouvernements entendront cet appel et feront preuve "d’un niveau différent de leadership", comme l’appelle de ses vœux la directrice exécutive de Greenpeace International, Jennifer Morgan.

Le CAN, Climate action network, souligne également que si "le GCAS a certainement démontré que l'élan en faveur du climat prend de l'ampleur, le monde a besoin de faire davantage". Car "le changement climatique est plus rapide que nous et nous rattrape déjà avec l'arrivée de l'ouragan Florence sur les côtes du sud-est du pays et le typhon Mangkhut menaçant des millions de vies en Asie du sud-est".

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Émilie Legendre, journaliste