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L’activité d’enseignement des chercheurs du CNRS représente plus de 1 000 postes d’enseignants-chercheurs

Plus de la moitié des chercheurs du CNRS ajoutent une activité d’enseignement à leur activité de recherche. Un cumul que le CNRS "voit d’un bon œil car la participation à la formation fait partie des missions des chercheurs", précise Pierre Coural, DRH de l’organisme, lors d’un entretien avec AEF info en juillet 2018. Combien d’heures cela représente-t-il ? Pour quelle rémunération, quelle prime ? AEF info consacre un dossier à ces chercheurs qui enseignent à partir de données exclusives. Retrouvez ici les principaux chiffres-clés.

"L'activité d'enseignement des chercheurs du CNRS représente près de 200 000 heures sur une année, équivalent à l'activité d'un millier d'enseignants-chercheurs effectuant un service complet de 192 heures", indique à AEF info Pierre Coural, DRH du CNRS, en juillet dernier. Ce volume est "stable dans la durée". Cet ordre d'idée se confirme dans les données fines obtenues par AEF info auprès du CNRS, à l'échelle nationale et à l'échelle des sites.

LE DOSSIER

 

Plusieurs dépêches complètent ce dossier :

  • les activités d'enseignement par institut du CNRS (lire sur AEF info)
  • le nombre de chercheurs qui enseignent et le volume de leurs enseignements par site (lire sur AEF info)
  • le profil des chercheurs qui enseignent et la nature de leurs enseignements (lire sur AEF info)

Chaque année, les chercheurs de l'organisme sont tenus de fournir un compte rendu de leur activité. Les données permettant d'apprécier leur activité d’enseignement proviennent ainsi de deux sources, remplies par une grande majorité d’entre eux : le Crac (compte rendu d’activité des chercheurs, ici pour 2016) et le Ribac (recueil d’informations pour un observatoire des activités de recherche en SHS, ici pour 2015). En voici un tableau générique à l’échelle nationale .



QUELLE RÉMUNÉRATION ?

"Le CNRS voit cette activité d’un bon œil car la participation à la formation fait partie des missions des chercheurs, mais il n’encourage pas non plus les chercheurs à enseigner systématiquement, commente Pierre Coural. Nous considérons que le choix relève aussi de leur responsabilité individuelle, vis-à-vis de leurs collègues enseignants-chercheurs avec qui ils travaillent au sein des UMR (unités mixtes de recherche)."

"Le plus souvent, les chercheurs du CNRS exercent leurs activités d’enseignement en cumul d’activités. Ils doivent faire les démarches auprès de leur délégation régionale CNRS, et sont rémunérés pour cela par les établissements où ils enseignent. Cela dit, il arrive fréquemment qu’ils ne demandent pas à être payés pour des interventions occasionnelles, pour ne pas alourdir leur charge administrative. Il existe bien des primes forts anciennes, mais elles n’ont pas été modifiées depuis 1954 pour les chercheurs qui enseignent et n’ont plus aucune pertinence. Il s’agit de l’IFSPE (indemnité forfaitaire spéciale en faveur des personnels enseignants). Son montant est de 3,54 € par mois ! Le projet de refonte du régime indemnitaire des chercheurs devrait permettre de remettre à plat un tel 'dinosaure' dont le traitement coûte au CNRS sans doute plus que le montant versé aux chercheurs", précise le DRH du CNRS.

Une activité sous-évaluée ?

Les informations figurant dans les compte-rendus d'activité sont "des données déclaratives". "Nous pensons que la participation réelle aux activités d’enseignement est en réalité supérieure, poursuit Pierre Coural. Si la quasi-totalité des chercheurs remplissent ces comptes rendus, ils y mettent essentiellement en avant les activités dont ils estiment qu’elles peuvent avoir un intérêt pour la valorisation de leur carrière. Aussi est-il très probable qu’un certain nombre de 'petites' interventions d’enseignement n’y soient pas notées."

Par ailleurs, les données ne rendent compte que de l’activité d’enseignement des chercheurs. Or les personnels IT (ingénieurs et techniciens), et tout particulièrement les IR (ingénieurs de recherche), peuvent aussi exercer une activité d’enseignement. "L’on connaît mal aujourd’hui leur implication dans l’enseignement, admet le DRH du CNRS. À la différence des chercheurs, ils ne remplissent pas de compte rendu annuel d’activité. Mais globalement, entre 25 % et 30 % des IT ont plus d’un employeur. Ce peut être pour des participation à des jurys mais on peut aussi penser qu’ils ont une activité d’enseignement en plus de la recherche. Il est ainsi fréquent que les ingénieurs de recherche enseignent en IUT."

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René-Luc Bénichou, journaliste